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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 20:44

ecorche_vif.jpg

 

Encore une sélection Mad Movies au compteur ! Ecorché vif, de Gabe Barthalos. Et vu l'affiche, ça ne doivent pa être des tendres. Qu'est-ce qui peut bien distinguer cette bisserie d'un Massacre à la tronçonneuse lambda ? Tout simplement l'ambiance, du récit, son rythme, ses intentions, ses thèmes... Bref, à peu près tout ce qui apparaît à l'écran. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le film s'aventure sur des terrains totalement inconnus, le film ne s'enfermant jamais dans une sous-catégorie de l'horreur. C'est pas ce que l'on pourrait appeler un chef d'oeuvre ?

L'histoire : Tina et sa famille roulent sur une route déserte d'un coin peaumé des USA. Ils crèvent un pneu, mais trouvent à proximité une station service, où la vendeuse leur conseille d'aller attendre le réparateur à son garage personnel, tout au bout du petit chemin perdu sur la gauche...

 

http://www.horreur.net/img/skinneddeeppic2.jpg


Le film ne cherche jamais à créer la surprise. Pas à ses débuts en tout cas. Si Massacre à la Tronçonneuse mettait en scène des ploucs en apparence normaux qu'on retrouvait après dans la famille de tordus, les membres ne font ici jamais illusion. On sait immédiatement qui est taré et qui ne l'est pas. Les gros plans sur des visages souriants parlant avec des sous entendus gros comme des ovnis prouvent bien une chose, le réalisateur ne cherche pas à nous surprendre. Il commence sous l'angle putassier du Survival, en dévoilant une famille totalement tarée avec des personnages ultra-personnalisé (le tueur de l'affiche bien sûr, mais aussi la mère faussement gentille, le nain lanceur d'assiettes aiguisées (Warwick Davis, qu'on retrouve avec plaisir dans un rôle aux antipodes de ses prestations pour Willow), le fils au cortex surdimensionné...). La famille gentille est massacrée en quelques minutes, à l'exception de Tina, adoptée par le jeune fils de la famille. Et c'est là que le film commence à nous perdre. Car à partir de cet instant, il expérimente. Par vraiment visuellement (les ambiances restent assez proche du kitch morbide d'un Tobe Hooper), mais avec ses personnages. Impossible de ne pas penser à David Lynch (mélange malade d'Eraser head et d'Elephant man) avec cet ado dont le cerveau fait à peu près sa largeur, et qui sort en grande partie de sa boîte cranienne. Et quand cette dernière éclatera (on attends que ça dès qu'on découvre sa difformité), elle laissera échappé des cubes à lettres qui iront formé un message pour Tina. De tels détails, totalement surréalistes, contribuent à créer une ambiance très étrange. Ce qui ne fait pas oublier les énormes maladresses du film, pas plus que ses fautes de goûts. Le tueur de la jaquette voit ses proies avec une distance (enfin, un chiffre qui change) mais cette dernière varie trop vite, et l'image est filmée de trop près pour faire illusion. Beaucoup d'acteurs jouent enfin comme des tartelettes, récitant leur texte sur un ton vide d'émotion, qui ma foi sied très mal au registre du survival. Un gros manque de budget se fait aussi sentir dans pas mal de scènes (certains trucages font de la peine tant ils sont ratés. Mais dans l'essentiel, les intentions de l'auteur sont remplies : faire un film de tarés. Le thème de la famille y tient une place prépondérante, Tina étant privée de la sienne rapidement, et cette nouvelle famille de psychopathe essayant de faire de Tina une des leurs. Prétexte à des scènes trashs, mais qui font appel à un registre d'émotions plus subtils que les survivals classiques (où tout est une question de survie). Difficile d'ailleurs de ne pas être interloqué par quelques séquences, notamment dans une cave où Tina se retrouve face à un corps privé de tête réclamant qu'on lui voue un culte. Le film part alors dans un trip morbido-divin dérivant peu à peu vers la secte hippie type Charles Manson (quelques paroles seront éloquentes à ce sujet). Impossible à décrire, c'est un film qu'il faut tout simplement avoir vu pour comprendre de quoi on parle. Et comme il expérimente des trucs complètement fous (le combat entre un septuagénaire et l'un des psychopathe est un moment de folie totale). La fin ne surprendra personne (pour tout dire, on s'y attend dès les 5 premières minutes du film), mais ce n'est clairement pas la fin qui fait le sel de ce cru. Avec des ambiances et des obsessions sortant clairement des canons habituels du genre horrorifique, Ecorché vif est une petite surprise, un film torturé et malsain qui va jusqu'au bout des fantasmes de son auteur, quitte à nous perdre dans les gigantesques méandres de son trip cheapos. Pour une série B dont on n'attendait pas grand chose, le constat appelle à une certaine clémence tant les intentions sont modestes. Rajoutons à ça l'anecdote de l'arrestation d'un acteur, celui avec la grosse tête, qui a courru nu dans les rues à une heure de grande fréquentation pour les besoins du film.

 

3.5/6

 

2004
de Gabriel Bartalos
avec Forrest J. Ackerman, Eric Bennett

 

http://www.zombiesandco.com/wp-content/uploads/2011/03/vlcsnap-2011-03-07-21h44m27s100.jpg

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commentaires

Alice In Oliver 20/10/2011 08:23


ouais, comme quoi, faut se méfier des sélections mad movies: reste un nanar sympathique et le plaisir de voir W. Davis, sinon je ne vois pas.


voracinephile 21/10/2011 08:26



C'est aussi l'occasion de découvrir des personnages complètement tordus, avec une histoire qui part vraiment dans tous les sens. Assez ironiquement, ce sont les gentils civils qui jouent le plus
mal, et pas les méchants freaks. Du coup, le nanar sympathique prend un poil plus de saveur...



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