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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 19:25

http://img.over-blog.com/452x630/1/44/53/56/filmo/edenlog.jpg

 

De la Science fiction française, à part Immortel et le très réaliste 8th Wonderland, , j’ai eu très peu d’occasion de goûter à de grands crus (j’allais oublier Farenheigh 451). Mais un petit film ne parvenait pas à me sortir de la tête : Eden log. Un vrai petit OFNI, très étrange dans ses ambiances et son parcours pas facile à suivre, mais s’étant intelligemment débrouillé avec son maigre budget.

L’histoire : un homme se réveille dans une flaque de boue, au cœur d’un gigantesque complexe semblant abriter une plante gigantesque dont les racines doivent être régulièrement soignées. Cependant, il s’aperçoit bien vite qu’il cohabite avec des humanoïdes difformes très agressifs et qu’il est au quatrième niveau de sous sol.

 

 

Le parti pris d’Eden log est immédiatement d’imposer un ressenti très sensoriel de l’univers qu’il met en place. On se réveille avec Clovis Cornillac dans une flaque de boue, gelé par le froid, qui cherche d’abord une source de lumière avant de poursuivre son exploration. Cette première partie, lente et particulièrement sombre (les ¾ de l’image sont du noir, quand on n’est pas carrément plongé dans les ténèbres), impose immédiatement un visuel en mode OFNI, dans une lignée Tetsuo (le métal étant ici remplacé par une plante prolifique). Le film commence d’abord par proposer un accès à la citoyenneté en prenant soin de la plante en question. Un point de départ pour le moins intriguant, que Clovis ne va évidemment pas suivre (un cours de jardinage pendant une heure trente, ça ne passerait pas), puisqu’il va chercher à remonter à la surface (l’air est glacial et peu renouvelé ici bas) et surtout comprendre ce qui a pu se passer (il est complètement amnésique). Ses pérégrinations vont donc l’amener à fuir souvent les humanoïdes difformes, et à rencontrer une biologiste qui va révéler certaines des capacités de notre héros. C’est ce rapport constant entre homme et végétal (ici vu comme source d’énergie), cette ambiance boueuse et sale et cette musique particulière qui font d’Eden log une œuvre unique, une expérience sensorielle assez étrange, qui on s’en doute, n’a pas eu un gros succès. L’approche est trop alambiquée pour convaincre le grand public (d’autant plus, on l’avoue, que la redondance des gros plans, l’usage de la caméra à l’épaule, l’absence de couleurs et l’omniprésence du noir pèsent parfois sur le spectateur, parfois lassé par la redondance des ambitions graphiques du film). Mais il y a dans ce film un réel potentiel expérimental, une certaine esthétique (étrange, mais visible) et un propos sympathique qui font d’Eden log une authentique expérience de SF. Depuis ma découverte du manga Blame, peu d’univers avaient réussi à me dépayser, et Eden log fait partie de ces heureux élus, qui malgré leurs défauts évidents, ont réussi à proposer quelque chose de nouveau, et surtout, quelque chose de clair. Pas vraiment de masturbation artistique ou de théorie pompeuse, la trame du film est simple (au final, c’est facile à résumer) et fonctionnelle (le végétal ne fait que drainer dans sa sève ce qu’il pompe depuis ses racines) qui assurent quand même de l’honnêteté de la démarche. Malgré des décors parfois un peu cheap, Eden log parvient à remporter mon adhésion pour l’expérience sensorielle qu’il propose.

 

4/6

 

2007
de Franck Vestiel
avec Clovis Cornillac, Vimala Pons

 

http://insecte-nuisible.com/images/eden-log-2.jpg

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commentaires

2flicsamiami 22/02/2012 14:11

Une expérience aussi jolie et appliquée qu'inaccessible. Un peu lent mais l'univers est, comme tu le dis, suffisamment intriguant pour que l'on poursuive l'aventure.

voracinephile 22/02/2012 21:12



Un peu lent en effet, et parfois dur à suivre. Mais cette approche "sensitive" (j'ai eu froid pendant tout le film), ces décors boueux... Une bizarrerie qui se tente, mais qui est loin d'avoir
convaincu le public. Content de voir qu'il t'a procuré le même effet qu'à moi...



alice in oliver 21/02/2012 13:09

encore une fois, à revoir de mon côté mais sincèrement, au-delà de l'aspect esthétique, je n'avais pas retenu grand chose du film

voracinephile 22/02/2012 20:51



Et je ne te jetterai pas la pierre, sa trame étant parfois un peu trop convenue et tentant de se réfugier derrière cette esthétique "auteurisante", mais atypique et étrangement sympathique (et
pourtant, avec toute cette noirceur, c'était pas gagné).



alice in oliver 21/02/2012 00:02

vu une fois mais à revoir: je m'étais plutôt fait suer la première fois.

voracinephile 21/02/2012 07:53



Il ne jouit pas du tout d'une bonne réputation. Derrière ces inspirations graphiques, le propos ne surprend pas vraiment, et cette fin n'est pas non plus surprenante. C'est surtout son esthétique
étrange qui m'a poussé à l'aimer, car sinon, c'est assez linéaire comme film de SF (notre héros passe la plupart de son temps à avancer en recueillat des indices).



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