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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 18:21

http://www.lekinorama.com/photos_dvd/big-146_3_Event-Horizon-(Blu-Ray).jpg

 

Notons cette chronique, car elle sera unique en son genre. Elle sera la seule à défendre Paul W. S. Anderson le temps d'un film, son premier et remarquable essai dans le monde du fantastique horreur, puisqu'il est tout simplement un des meilleurs films de genre des années 90. Si la concurrence donnait surtout dans le nanar (Virus, Chucky 4...), ce film développe des inspiration barkerienne qui font froid dans le dos, et qui concurrencent directement Alien en termes de terreur spatiale.

L'histoire : l'Event Horizon, vaisseau expérimental, disparaît au cours d'un test de réacteur à proximité de Neptune. Sept ans plus tard, il réapparaît sans explication. Une équipe de secours est alors envoyée.

 

http://1.bp.blogspot.com/-BfawQMIpqBc/T_ndv9SBuJI/AAAAAAAADGE/u2UPvlAyooo/s1600/Event+Horizon.png

 

Son postulat, naturellement alléchant, est constamment entretenu par un savant sens de la suggestion. Si l'introduction s'impose un rythme artificiel (le départ est trop précipité, mais ce n'est pas grave, on sera mis dans le bain peu après), la situation initiale commence vraiment après 10 minutes de films. Après une excellente représentation d'une théorie scientifique (j'insiste, c'est rare de voir des sciences bien expliquées, et l'exemple symbolique du trou noir est très bien choisi), le film entretient le mystère par un simple message radio passant en boucle (on reconnaît le côté Alien, sauf qu'ici, l'effet est autrement plus terrifiant). Puis il joue à fond sur la carte de l'inconnu, laissant entrevoir de multiples petites anomalies ça et là dans le vaisseau (des formes de vies impossibles à localiser, le chauffage éteint, la disparition de l'équipage...) jusqu'à ce que le fameux trou noir du film soit localisé et n'happe l'un de nos personnages. A partir de là, tout se dérègle, et nos héros, contraints de rester sur l'Event Horizon suite à la dégradation de leur vaisseau, commencent à noter beaucoup d'évènements bizarres. Ces derniers apparaissent essentiellement par des hallucinations vénères, intrusives, qui s'aventurent bien loin de l'horreur organique de Ridley Scott. La terreur d'Event Horizon n'est pas incarnée, du moins pas de façon visible. Elle est essentiellement psychologique pour commencer (les nerfs cèdent devant des visions d'horreur avides en soubressaut), et se précise au fur et à mesure qu'une présence semble investir le vaisseau et tente de posséder plusieurs personnes. La menace en question, on se gardera bien de la dévoiler, celle-ci faisant tout le sel du film et lui donnant un goût d'inédit. Car quand tout commence à partir de travers, qui pourra se douter du final ? En termes de casting, le film est efficace, misant sur un Lawrance Fishburn pré-Morpheus et Kathleen Quilan en astronautes terrifiés. Mais l'atout charme du film est indéniablement Sam Neil. Jouant à merveille le scientifique au lourd passé, il est pour beaucoup dans l'ambiance barkerienne du film. Jouant un personnage torturé fasciné par sa propre création, Sam Neil livre une composition assez nerveuse, qui n'hésite pas à se lancer dans de brèves incursions gores qui contribueront grandement à densifier l'intrigue d'un dernier acte désespéré (qui nous balancera, un peu trop vite, des visions dignes d'Hellraiser). De quoi oublier l'ignoble side kick noir qui nous fait du LL Cool J in the space. Véritable pépite de l'horreur spatiale, Event Horizon est une série B de bonne tenue, qui crée son univers sans empiéter sur celui des autres et qui montre définitivement que Paul W. S. Anderson avait un grand potentiel, à ses débuts... En guise de maestro de l'horreur, il reste un producteur parfois avisé (le sympathique Pandorum) et un tâcheron promoteur de Milla Jovovich...

 

4.6/6

 

1997
de Paul W.S. Anderson
avec Laurence Fishburne, Kathleen Quinlan

 

protectedimage.php.jpg

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

Xelloss 09/11/2012 16:03

Event Horizon, ou l'exemple du coffret DvD qui a fini sur mes étagères car le package déboitait du poney
La boite énigmatique n'avait rien, mais du verbe rien, pas une étiquette, pas un résumé, juste ce truc : http://img850.imageshack.us/img850/8117/eventhorizon1sur6.jpg
avec juste un code barre sur le cellophane...
(j'ai peut être eu une version foireuse où l'étiquette sur le dos a été oubliée..)

De quoi piquer ma curiosité, vous pensez bien !
Hop, dans le caddie !

Arrivé chez moi, je suis tombé face un petit coffret des plus glauques qu'il m'avait été donné de voir jusque là
( http://imageshack.us/a/img197/9496/eventhorizon2sur6.jpg )
Oui, ce sont bien des visages XD

Le coffret en lui-même représente tout ce que je trouve de bon et ce pourquoi j'y mets mes n'€urônes avec le sourire

( http://imageshack.us/a/img195/6849/eventhorizon3sur6.jpg )
( http://imageshack.us/a/img826/9672/eventhorizon4sur6.jpg )
Oui, il y a un transparent laissant voir "Event Horizon", la classe, non ?

Coté film, nous avons la version Director's Cut et un petit livret qui explique le film, que demander de plus...
( http://imageshack.us/a/img13/7801/eventhorizon5sur6.jpg )
( http://imageshack.us/a/img593/145/eventhorizon6sur6.jpg )


Pour ce qui est du film, l'ambiance bien oppressante et le côté psy' du truc (pas de bébêtes) est un petit régal.

voracinephile 11/11/2012 12:03



Oui, je connais ce coffret collector, mais je ne l'ai pas vu en magasin. Un écrin de luxe pour un film sympathique et qui s'amuse avec le spectateur avant de lui lancer les révélations de son
concept. Pas toujours très cohérent, mais une belle ambiance, j'avais apprécié. Les acteurs y sont pour beaucoup aussi, j'adore Sam Neil.



princécranoir 21/10/2012 18:06

Ah oui, j'avais oublié cette caricature de black rigolo. Mel Brooks n'est pas loin tout de même, non ?

voracinephile 21/10/2012 18:35



Oh la la ! C'était épique en effet, le black qui tchatche en plein empire romain dans La folle histoire du monde (vol 1)... Un anachronisme tellement hideux qu'il devenait immédiatement
attachant. Je me souviens plutôt de la chanson sur l'Inquisition (mythique).


Clairement, ce personnage inutile est un poncif qui est là simplement pour mettre un black cool qui survit (alors que Lawrence faisait déjà bien l'affaire, mais comme il se suicide à la fin, Paul
a dû se dire que ça allait faire trop cliché, et qu'il fallait nuancer l'image des acteurs noirs au cinéma... Mort de rire !)



borat8 21/10/2012 13:16

Celui qui bouge très étrangement avec un relatif bug au niveau des mouvements. On le trouve vers le chapitre 9.

voracinephile 21/10/2012 14:18



Oui, ce sont les soldats mutants  qui avancent avec des mouvements accélérés. Ils disparaissent, mais ils étaient flippant à courrir partout...



princécranoir 21/10/2012 09:52

En constatant le nombre d'articles que j'ai laissés filer, je me dis que j'ai dû moi-aussi changer de zone spatio-temporelle.
Je profite de ce retour (temporaire ?) aux affaires cinématographiques pour donner mon modeste avis sur cet "Event Horizon", boucherie, charcuterie, traiteur qui livre aux qutre coins de la
galaxie. Je dois avouer que tout ce prêchi-prêcha de diablerie m'avait, à la première vision comme à la seconde, plongé dans une sorte d'apesanteur perplexe
(http://princecranoir.mabulle.com/index.php/2008/11/18/165786-ma-revue-de-cinema-n89) qui vire au comique quand les personnages commencent à s'envoyer de beignes. De la SF perfusée au Fulci mais
sans une once de génie.

voracinephile 21/10/2012 12:38



^^ Modeste avis quand même engagé et malmenant la bestiole avec un sourire en coin... Trop de blabla pendant tout le film, tu trouves ? Si quelques détails auraient pu être lissés (la première
évocation de l'enfer avec la phrase en latin aurait dû se contenter du "sauvez vous"), je trouve l'ambiance sympathiquement stressante avec ce gigantesque vaisseau fantôme, et l'utilisation des
hallucinations est plutôt efficace. Quant aux beignes, à part un endroit où un bruitage mal réglé fait sourire, je ne vois pas tellement de séquences ridicules... Sans être génial, Event Horizon
cultive toutefois suffisamment bien le mystère pour faire passer un bon moment. Dommage que l'astronaute noir soit traité comme un personnage cool qui revient en mode superman sur le vaisseau.



borat8 20/10/2012 22:13

C'est ceux qui bougent de manière buguante quoi.

voracinephile 21/10/2012 12:30



Heu... XD J'y suis toujours pas, et pourtant j'ai terminé plusieurs fois le jeu...



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