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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:06

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Ecrire la chronique d’un film sous le coup de l’émotion est délicat, surtout lorsqu’il s’agit d’un remake aussi attendu qu’Evil Dead. Promis comme « l’expérience cinématographique la plus terrifiante qu’on ait jamais vu » (rires), ce remake fait néanmoins le buzz, et sous nos lattitudes, Mad Movies en fait carrément « une date du cinéma d’horreur ». Evidemment qu’il sera impossible de renouveler l’exploit de Raimi, mais une bonne surprise comme le fût celle de Maniac pourrait être ce film. Après visionnage, le bilan est modéré, le film alternant le mauvais et le bon.

L’histoire : 5 jeunes décident de passer un week end en forêt, notamment pour désintoxiquer de façon radicale la sœur de David, une artiste qui roule à la poudre. Mais assez vite, ils découvrent qu’une sorte de rituel de sorcellerie a eu lieu dans la cave, et qu’un étrange objet a été laissé sur place.

 

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Attention, cet article fait souvent référence au dossier Mad Movies numéro 262 sur Evil Dead, l’aperçu le plus complet du film dévoilé avant sa sortie. Comme il l’est effectivement rapporté dans ce dernier, les 20 premières minutes sont nulles. L’introduction, d’une putasserie assez énervante (genre il faut montrer un horrible rituel satanique dans la cave de la cabane), est absolument inutile, et complètement incohérente quand on considère la suite du film (apparemment, cette cabane est celle de David et de sa sœur, ils y viennent depuis qu’ils sont gosses… Alors que foutaient une sorcière, une famille et des rednecks dans la cave, et surtout pourquoi ont-ils laissés le Nécronomicon sur place ?). La présentation des personnages est laborieuse (oh, la sœur qui chante la contine de quand ils étaient enfant, on ne s’attend pas à ce qu’elle la ressorte une fois possédée…), et la séquence de libération des démons est juste artificielle au possible (un type voit les mots traduits et les lit à voix haute comme ça, direct). On peut d’ailleurs préférer l’ancien look du Nécronomicon, qui se tape ici des airs d’artbook démoniaque un peu méchant, mais qui ressemble beaucoup à un article promo de Diablo III. Malgré cela, le fait de faire de la sœur de David une junkie explique un peu mieux la persistance à rester sur place et ralentit le départ des personnages. C’est la petite bonne idée de l’intro. A lieu enfin la scène de viol végétale, autre scène culte qui passe à la moulinette, se donnant ici des airs un peu japonais dans l’emprise tentaculaire et phallique des plantes (nous entrons dans la catégorie Hentaï, et entre personnes de bons goûts, vous savez sûrement à quoi je fais référence). Néanmoins, cette scène illustre parfaitement le gros handicap du climat ambiant du film. Il alterne sans arrêt entre le calme et le gros bruitage sonore limite assourdissant pendant la séquence horrifique. Et c’est ça pendant tout le film. Calme BLAAAAAAA ! Calme… CalmBLAAAAAAA ! et ainsi de suite. Un tel contraste peut soit peser sur les nerfs (l’original avait des séquences énervées, mais savait aussi se montrer flippant sans grosse musique), soit faire office de rythme. A voir selon le public. Et c’est là que le film peut commencer à diviser. Si la gestion des démons est finalement à la hauteur de l’original et que les effusions de sang sont toujours marquantes (toutes les séquences gores du film font mal), il y a fréquemment des périodes de calme abruptes qui viennent ralentir le débit. Parfois, les évènements s’enchaînent à une vitesse folle ( première manifestation du démon, un deuxième possédé arrive dans les 5 minutes qui suivent), parfois, le débit est pesant (et David (le remplaçant de Ash) n’a aucun charisme). Régulièrement, le film trouve une efficacité qu’il laisse un peu filer. La véritable innovation du film se fait surtout dans le gore qui tâche (et attendez vous à du lourd) et dans une sorte de gradation des manifestations démoniaques, qui vont croissant jusqu’à un final en climax qui effectivement se révèle d’une jubilation inattendue (vous n’avez jamais vu ça sur grand écran, même TCM the beginning nage loin en dessous). Toutefois, le film est recommandé en VO. Parce que cette VF est insupportable, les démons passant leur temps à insulter le casting en les traitant d’enculés, de salopes, de pédales… Les démons qui insultent, ça nous casse les couilles depuis l’Exorciste, alors que ceux de Raimi étaient aussi effrayants en parlant peu. Là, c’est juste lourd. Sauvant les meubles avec le gore, une ambiance inégale et quelques innovations (une partie Re-animator audacieuse pour sa nouveauté), Evil Dead 2013 n’est pas une date dans l’horreur, loin de là. Il offre simplement l’occasion à tout ceux qui n’ont pas pu le découvrir à l’époque d’aller faire pénitence devant un film de commande qui tente de se révéler plus sérieux que d’habitude avec des scènes extrêmes couillues. Bien au dessus de la Cabane dans les bois, et des productions horrifiques actuelles en général (en revanche, Maniac est toujours le meilleur remake de l’année, on attend Carrie…)

 

3,7/6


2013
de Fede Alvarez
avec Jane Levy, Shiloh Fernandez

 

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

borat8 08/05/2013 23:24

Ou alors les rivières pourpres 2 avec Léon qui se bat contre des yamakasis! Ou encore la différence entre certains de ses films. D'un côté tu as un chauve qui protège une pute en Audi (le
transporteur), de l'autre un tueur chauve qui protège une pute en Audi (Hitman). Une vraie pertinence!

borat8 08/05/2013 18:18

Et puis surtout il y a une vraie pertinence dans le propos. Le truc de la machine à scénario c'est vraiment génial!

voracinephile 08/05/2013 23:11



Je m'en délecte toujours. "Un taxi protège une pute en banlieue ! C'est pas mal comme idée..."



borat8 07/05/2013 21:30

D'ailleurs ce sketch je le mettrais un jour dans la Cave de Borat. C'est d'un réalisme tellement extrême que même en étant de mauvaise foi, on ne peut qu'en rire. Le coup des putes et des audis
c'est dans la plupart de ses films ou productions. C'est Iron man niveau placement d'audi mais puissance 1000!

voracinephile 08/05/2013 14:27



Il faut ! C'est la meilleure vidéo de Mozinor, je trouve. Derrière l'humour, il y a une parodie magistrale.



Opyros 07/05/2013 18:21

Je n'ai jamais parlé de virtuosité, mais j'ai utilisé le terme "soigné". C'est très classique (certains diront académiques), mais extrêmement bien exécuté (et jamais surprenant). Quant au terme
"posé" je l'entendais plus par comparaison avec le style global de Raimi. Le réal' aurait pu singer les tics de cadrages ou de mise en scène de Raimi, mais il ne l'a heureusement pas fait (bien
qu'il y ait des clins d’œils à l'occasion). Concernant le montage j'admets volontiers qu'il est parfois nerveux (je me souviens d'une scène pas très lisible). Je n'attendais pas grand chose du film
à la base, mais au final je l'ai trouvé, certes classiques, mais efficace.

voracinephile 07/05/2013 23:17



Par soigné, je comprends "étude de style". Dans ce cas oui, Fede réutilise des ambiances similaires avec l'aisance d'un budget confortable. Il lisse les imperfections et les expérimentations de
Raimi, ainsi que le style cartoonesque. Le problème, c'est que je trouve qu'un bon remake doit être surprenant. Parce que sinon, autant dire que le remake de The Thing est un chef d'oeuvre et que
le remake de Psycho en est un aussi... Alors une efficacité dans la reprise d'une formule qui marche, OK, mais à ce moment là, innovez, changez de cadre... Parce que changer les 10 dernières
minutes, c'est gentil, mais ça n'efface pas une absence de nouvelle vision.



Opyros 07/05/2013 15:29

A mon sens la plus grande réussite du film se trouve être sa fabrication et sa mise en scène. Là où l'original de Raimi brillait par son inventivité (liée au budget en un sens) et la folie qu'on
lui connait ; ce remake y substitue une mise en scène plus posée, à la photo renversante, et des cadrages vraiment soignés (et qui savent se faire à l'occasion iconique). J'avoue que c'est avant
tout cet aspect technique qui m'a bluffé, plus que le scénar' ou les persos(celui de l'original n'est guère plus brillant d'ailleurs). Pour un premier film je trouve ça quand même extrêmement
abouti comme réal'.

voracinephile 07/05/2013 17:37



Une mise en scène plus posée ? Il y a effectivement les sous qui ont été mis sur la table, et on sent que le projet n'a plus rien d'amateur. Tout est calculé, la caméra de la "force" ne tremble
plus, oui, c'est propre. Mais le montage est tellement nerveux qu'il me semble impossible d'utiliser le mot posé. La photographie est à la hauteur, je le reconnais, et pour ce qui est des
cadrages, même si il faudra que je le revois pour bien juger de cet aspect, rien ne m'a semblé particulièrement osé ou surprenant. Le cadrage penche un peu avec les possédés, mais je n'ai pas
senti la virtuosité que tu sembles décrire...


Le scénar de l'original a la bonne idée d'être épuré de détails inutile et il est totalement fonctionnel. Les personnages sont totalement clichés, mais ils ne sont pas agaçant, contrairement à
ceux de ce remake. Ce premier film était effectivement un défi, c'est une bonne expérience pour son réal. Par contre, de là à crier au remake de l'année... C'est une commande, ne l'oublions pas,
elle fait son taf et un peu plus.



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