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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 13:43

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Joe Dante n’est plus à présenter. Digne artisan de l’écurie Spielberg (en témoigne un Gremlins maintenant entré dans la légende), le bonhomme a toujours œuvré pour un cinéma distrayant, plutôt abouti question effets spéciaux (il a bossé à plusieurs reprises avec le génie Rob Bottin), et toujours assez original. Aussi, alors que Super 8 a fait parler de lui, j’ai découvert un petit film oublié du réalisateur, dans lequel souffle un tel vent de nostalgie qu’il m’est devenu impossible de ne pas en parler dans une chronique. Découvrez Explorers, petit film méconnu, mais follement enthousiasmant.

L’histoire : une bande de trois garçons parvient à mettre au point une machine générant un champ de force, permettant de se déplacer dans l’espace sans subir les contraintes physiques connues.

 

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Bienvenue dans le monde d’Explorers, celui des années 80. Ca sent bon les goonies et Stand by me, toute la magie de l’enfance américaine et de ses clichés est là. Tous les méchants portent des blousons de cuir, nos gentils portent tous des rôles attitrés : le rêveur, le casse cou (qui veut allumer à peu près tout le monde) et le scientifique (le plus « too much » de la bande, parlant dans un jargon scientifique difficilement compréhensible et dont la famille est composée à 80% de personnalités décalées). Notre bande rêve d’aller plus loin que leur vie de banlieue dans leur petite ville. Et paf, ils font un rêve commun où ils fabriquent une machine fabricant une bulle d’énergie étanche, qu’ils peuvent déplacer à l’aide d’un ordinateur. En gros, ils peuvent voler comme bon leur semble. Et c’est parti ! En nous refaisant Tron au cours des rêves de gosses, Dante met la barre assez haut (le film est gourmand en effets spéciaux, pas tous réussis), et réussit à provoquer notre enthousiasme, le film fonctionnant étonnament bien sur un plan nostalgique. Ca faisait longtemps qu’on n’avait plus rêvé de voler sans aucune limite. Et quand on voit les excès que Dante se permet, on est aux anges. Installant d’abord un contexte « vieille SF » (les grands titres des années 50 y passent), Joe se livre à une parodie du genre au cours d’une séquence dans un drive in, où nos bambins détruiront par maladresse la moitié d’un bâtiment avec leur vaisseau. Autant d’irresponsabilité, ça fait plaisir dans un tel registre. Mais peu à peu, l’intrigue évolue, les enfants étant peu à peu gagnés par la certitude que leurs rêves sont envoyés par des extra terrestres (des bugs d’ordinateurs les font régulièrement dévier de leur vol, tentant de les entraîner vers l’espace). Ils décident donc d’en avoir le cœur net et de partir dans le cosmos découvrir ceux qui émettent ces rêves. Et c’est là que le film trébuche. Pourtant, les idées sont là : la théorie que développe le film, où les extra terrestres apprennent de nous en récupérant nos ondes TV, est loin d’être idiote, et informe assez efficacement les extra terrestres sur notre race (encore heureux qu’ils se contentent de ne montrer qu’un épisode de Godzilla, un simple JT serait accablant). Mais plutôt que de chercher à devenir intelligent, les extra terrestres se contentent simplement de réciter à toute allure des bouts de shows télévisés pour parler à nos gosses, ce qui fait exploser de rire à la première minute (le « Quoi de neuf, docteur ? » est magnifique), et saoule pendant les 15 qui suivent. Malgré un trip intelligent (l’identité des extra-terrestres révélée est une jolie mise en abîme), la partie dans l’espace est une sévère déception, notamment parce que le vaisseau est une sorte de parc à thème où les gosses se perdent avant de se retrouver, ce qui n’a servi à rien à part gagner du temps. Avec une fin onirique qui a mal vieillie (les incrustations ont pris un coup de vieux), le film se termine sur une note plutôt sympathique, la nostalgie reprenant le dessus et laissant au final un avis positif, bien que les angles auraient dû être arrondis pour la séquence spatiale. Maquillages de Rob Bottin tout à fait à la hauteur et musique de Goldsmith de circonstance, Explorers est un petit film méconnu, pourtant assez enthousiasmant et suffisamment fou pour séduire le public des grands enfants que nous sommes. Du bonheur.

 

4/6


1985
de Joe Dante
avec River Phoenix, Ethan Hawke

 

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commentaires

Alice In Oliver 11/10/2011 08:00


merci également à R. Corman de l'avoir lancé celui là


voracinephile 11/10/2011 12:07



^^ Ah oui, merci Roger ! C'est en plus lui qui a lancé aussi Scorcese, Coppola, Demme... Un grand monsieur qui a fait beaucoup pour le cinéma !



Alice In Oliver 10/10/2011 16:48


un cru vraiment très sympathique de l'ami Joe Dante, mais hélas méconnu (comme tu le soulignes).


voracinephile 10/10/2011 19:15



Oui, la surprise n'en a été que plus agréable. Joe Dante est vraiment un artisan sous estimé, prolongation de Spielberg dans une branche un peu plus turbulente. Vraiment, une curiosité qui fait
plaisir malgré quelques fautes.



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