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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 08:57

http://img684.imageshack.us/img684/6610/745a.jpg

 

Les films trashs sont des films qui ont rarement coûté très cher. En témoignent A serbian film ou The Human centipede 2, deux exemples de produits type malsain (car lancés dans la compétition du film le plus crade jamais réalisé). Des budgets peu élevés au service d’un script souvent tordu, qui choisit souvent de jouer sur l’accumulation de procédés déviants pour pallier à la maigreur du capital. Et de maigreur, il en est question dans Feed (aka Morbide), qui traite de l’obésité sous un angle bien crade.

L’histoire : Suite à un scandale en Allemagne au cours duquel un agent américain arrête deux allemands s’adonnant au cannibalisme (l’un mangeant la chair de l’autre, consentant), notre agent, remis derrière un écran, découvre un site où un nourrisseur engraisse une femme pour battre des records de poids.

 

http://outnow.ch/Media/Movies/Bilder/2005/Feed/movie.p/01.jpg

 

Feed aime le mauvais goût, et il veut nous le faire partager. Mais sa facture technique, c’est la série Z. Autant dire que c’est assez mal filmé, à grand renforts de gros plans bizarroïdes, de cadrages débullés et de tics de montages agaçants, ajoutant à la texture jaune vomitive de l’image de nouvelles raisons de trouver l’objet repoussant. Cependant, il y a dans Feed des idées amusantes, volontairement crades et assez poussées dans le mauvais goût qui confèrent à Feed une indéniable originalité et une certaine inventivité dans le sujet qu’elle traite. Partant du fait divers allemand connu de tous, dont il ne semble retenir que la première partie (l’homme qui se faisait bouffer étant consentant, le cannibale est relâché), Feed se met à partir sur les déviances de la malebouffe, en la personne d’un jeune adulte perturbé psychologiquement qui cherche des femmes grosses, et qui passe sont temps à les engraisser davantage pour atteindre des records de poids, mais aussi pour d’autres raisons que nous découvrirons au fur et à mesure de la progression du film. La scène d’exposition annonce clairement la couleur : on voit une femme d’environ 300 kilos bouffer un burger en mode sauvage, tendu par un blondinet qui se masturbe devant le spectacle dégoulinant. Voilà pour les hostilités. Le sujet étant ce qu’il est, la démarche du film devient vite assez claire : entretenir une trame parfois en perte de vitesse par des scènes trash mêlant la nourriture et les pulsions sexuelles avec un certain sens de la déviance et du malsain. L’obésité étant ici filmée avec une laideur absolue, on vient donc y rajouter des scènes gratuites, complaisantes, mais finalement suffisamment dégueulasses pour justifier de continuer à regarder le film (la scène de coït où notre blondinet et sa femme obèse se recouvrent de ketchup en s’empiffrant pendant l’acte est assez gerbante). En constante surenchère, le film s’enfonce de plus en plus dans le trash, essayant de remplir le cota à la fois sur le plan psychologique (l’enfance trash du blondinet, une partie complètement ratée qui prête plus à sourire de la maladresse du script : notre enfant blond est forcé chaque jour de terminer son assiette de légumes par des parents adoptifs tyranniques qui passent leur temps à s’envoyer en l’air dans la chambre pendant que Blondinet regarde par la serrure) et sur le plans des séquences trash (mission accomplie, c’est du jamais vu). Mais si cette série Z tient plutôt bien la route niveau dégueulasserie, le constat au niveau des acteurs est accablant. Pas un ne semble capable de jouer bien, et on se coltine ainsi leur tronche pendant tout le film alors que pas un n’est capable d’introduire un peu de finesse dans son rôle. Et puis, les conclusions du film sont assez putassières pour le décrédibiliser complètement, lui donnant des airs de trash absolument gratuit (les victimes qui gueulent parce qu’on leur enlève leur dépendance, on les abat sans sommations. Ah…). Mais si les qualités du film sont somme toute très limitées, il y a un je-ne-sais-quoi d’excès là dedans qui m’a interpellé pendant tout le film, et qui continue de me faire prendre en sympathie ce petit étron cinématographique, pas dénué d’ambitions. Une petite bouserie qui interpelle sans aller plus loin, mais aux obsessions définitivement bancales qui peuvent le rendre sympathique au public adéquat (son anonymat le condamnant de toute façon). Gentiment trash, en somme.

 

1.5/6

 

2005
de Brett Leonard
avec Alex O'Loughlin, Patrick Thompson

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commentaires

Zogarok 10/03/2012 13:45

Charmant ! Ca me fait penser au dernier segment (un peu aussi aux autres) de Taxidermie, avec la romance en plus manifestement... Evidemment, je suis curieux...
Mais cette femme, est-ce que le blondinet la baise ; ou est-ce qu'il y a le blondinet de l'affiche et un autre plus jeune qui serait leur fils adoptif ?

voracinephile 10/03/2012 14:40



N'est ce pas ? Ce genre de trucculence fait partie des joies de ceux qui harpentent les forêts des dvds méconnus ou oubliés. J'aime la comparaison avec Taxidermie, même si globalement, les visées
des deux films sont assez différentes (l'absurde est assez présent dans Taxidermie, contrairement à Feed, qui n'a qu'une visée "trash" de l'obésité). Ravi de te voir aussi curieux, le postulat du
film ayant quand même une bonne part d'originalité. Alors, pour rentrer dans le lard du sujet, Blondinet baise la grosse (mais pas souvent, je me rappelle uniquement de la séance avec le
ketchup), mais pas de blondinet plus jeune (en fait, c'est l'enfance du même personnage sous forme de flashs backs, mais la psychologie qu'ils tentent d'illustrer est ultra primitive (un petit
exemple : notre gosse passe son enfance à jouer à Pac man (donc un personnage qui bouffe sans arrêt des trucs)). En tout cas, même si c'est ultra putassier, c'est aussi assez original, donc si tu
arrives à le trouver, je pense qu'il t'interpellera un peu (mais après, quand tu vois des scènes comme le méchant blondinet qui endort l'inspecteur pour lui faire une piqure de graisse dans la
bedaine, et qu'à son réveil, il s'éventre presque pour la retirer, c'est dur de voir autre chose que du putassier).



alice in oliver 07/03/2012 16:36

une curiosité que j'ai hâte de découvrir

voracinephile 07/03/2012 18:40



Ravi d'avoir éveillé ton attention à son sujet ^^



alice in oliver 07/03/2012 11:33

alors là, connais pas mais très curieux de voir ce que ce film peut donner. J'en prends bonne note en tout cas.

voracinephile 07/03/2012 14:58



^^ Un petit film assez tordu qu'on m'avait fait découvrir un peu par hasard, et que j'avais été le seul à apprécier parmi les potes présent à ce moment là. Définitivement pas un bon film trash,
mais il est indéniablement original dans son sujet. Une curiosité, en somme.



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