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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 10:14

1-Flight-Poster.jpg

 

Robert Zemeckis est un cinéaste quelque peu délaissé depuis son passage à l’ère numérique avec le moyen Scrooge et le mésestimé La légende de Béowulf. Il revient donc à la bonne vieille image et au jeu d’acteur avec Flight, drame inattendu qui joue sur un fond de catastrophe aérienne pour aborder diverses questions morales, toujours avec en arrière plan la religion, car Robert est titillé par ces choses là. Un retour aux sources, pour ainsi dire…

L’histoire : Complètement saoul et sous influence de stupéfiants, un pilote de grande ligne parvient à sauver in extremis la quasi-totalité de son équipage au cours d’un crash. Néanmoins, si la panne mécanique est à l’origine de l’accident, le pilote tente de camoufler son état durant le vol.

 

Flight_2-crash.jpg

 

Flight est un drame à l’ancienne, avec ces dialogues profonds qui font le charme d’une production Zemeckis. A la fois réunion d’acteurs de poids (Denzel Washington en tête, et beaucoup de seconds couteaux réjouissants), d’effets spéciaux convaincants (la scène de crash est impressionnante) et de prises de positions inattendues (l’acte de Dieu reconnu juridiquement), le film part avec de solides intentions. Pour un film qui s’appuie finalement sur son personnage principal, pilote de grande ligne alcoolique qui se retrouve du jour au lendemain sous le feu des projecteurs. Alors que l’enquête sur le crash commence à soulever quelques questions sur son état, nous suivons notre pilote, qui à la fois va tenter d’orienter les témoignages en sa faveur, et de l’autre se rapprocher d’une djunkie qui tente de décrocher. Un contexte finalement plutôt riche, qui fait régulièrement référence à la religion catholique quand il parle de rédemption… Peut être y fait-il allusion un peu trop souvent, car ce point ressort régulièrement dans les critiques qui sont faites au film. M’est avis que Zemeckis est plutôt partisan (son film valide l’acte de Dieu), mais qu’il a conscience que le public ne l’est peut être pas, du coup, il ne sait pas trop quoi développer. Disons que le contexte de rédemption aurait sans doute suffit, mais bon, une petite couche en plus par ci par là, ça plaira aux catholiques sans vraiment avoir l’air de trop insister… Toujours est-il que le film contient de vrais moments de cinéma, à l’image de la tentation finale de notre pilote et la préparation en catastrophe pour l’audience du procès, aussi comique que cynique. Mais le sérieux du film et sa nature honnête l’emportent finalement, et à l’image de son héros, on finit par l’aimer, malgré peut être quelques longueurs. Sans doutes aurait-il gagné à prendre un peu de distance avec ce côté religieux (en insistant sur des émotions plus universelles, le contexte de l’alcoolisme s’y prêtait plutôt bien), mais le résultat mérite d’apparaître dans les films notables cette année.

 

4/6


2012
de Robert Zemeckis
avec Denzel Washington, Don Cheadle

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commentaires

borat8 14/12/2013 21:06

Le 31 décembre pour être exact! Je devrais voir logiquement le Scorsese avant la fin de l'année voire le film de Gordon Levitt. Adèle tu peux laisser tomber, lis plutôt le bouquin, tu perdras moins
de temps. Je le voyais gros comme une montagne le foirage de Carrie jusque dans sa campagne marketing. Incroyable de spoiler autant la fin du film (jusque dans les affiches, c'est dire le niveau)
sous prétexte que c'est un remake. Mais justement il n'y a pas plus con que cela. Au final je ne dénombre que Die Hard 5, L'aube rouge (que je n'ai heureusement pas vu au cinéma) et Turbo dans les
grosses purges, le reste est plus nuancé à l'image de Very Bad trip 3 ou Happiness therapy.
Je l'ai vu en salles donc logiquement la censurée, mais ça ne change pas grand chose à mon humble avis. Du sang on en voit le problème c'est qu'on s'en fout, les seins d'Angelina comme son cul on
les voit mais on s'en fout. Bah justement Final Fantasy est beaucoup plus naturel alors qu'il est plus vieux de plusieurs années alors qu'on est aussi dans le photoréalisme. Les visages qui
proviennent pourtant d'acteurs ne montrent aucune émotion et sont affreusement fades.

voracinephile 16/12/2013 08:17



Je chercherai la bande dessinée, d'accord. Pour Carrie, je pense qu'ils ont voulu jouer sur le côté "budget" de l'entreprise. Ce qui est suicidaire en revanche, c'est d'avoir fait un remake
photocopieuse, sans rien ajouter de conséquent et sans faire varier quoi que ce soit de conséquent...


Happiness therapy est sur ma liste des rattrapages de dernières minutes (j'avais eu de bons échos lors de sa sortie).



borat8 12/12/2013 21:55

Moi j'en ai vu 57 qui sont sortis au cinéma comme en DVD (je compte donc le documentaire sur Ray Harryhausen ou Citadel) et en sachant que je n'ai pas d'abonnement, donc c'est vraiment du grand
art! Et en sachant que je n'ai pas raté grand chose en dehors de The World's end et j'ai évité de voir le plus possible de mauvais films. Genre le remake de Carrie ou RIPD.
Pour Flight, la bande-annonce m'avait franchement convaincu mais j'avais peur de me tromper compte tenu des tonnes de déceptions que m'a procuré le cinéma de Zemeckis depuis plusieurs années.
Beowulf j'ai complètement détesté, visuellement hideux, aucune expression chez les personnages, pas épique du tout, il ne se passe rien et franchement tout est traité en surface. Grendel tue des
gens mais on ne le montre pas trop, pareil pour le final avec le dragon franchement inintéressant. Le dernier bon film qui venait de Zemeckis c'était Forrest Gump.

voracinephile 13/12/2013 09:21



Joli palmarès. Nous attendrons Janviers pour lire ton classement 2013 ^^. Pour ma part, si il me reste encore Hunger games 2 à rattraper (c'est rapé pour Adèle et La vénus et je n'ai pas la
motivation pour Guillaume), il n'y a plus que les petits films de 2013 que j'essaye de découvrir. Malheureusement, je ne peux pas dire que j'ai eu les mêmes exigences de qualité que toi, j'ai vu
aussi pas mal de navets cette année (dont le remake de Carrie, purge assez infâme qui prouve que l'original des années 70 n'a pas vieilli).


 


Nous n'avons décidément pas vu le même Béowulf... J'ai vu la version non censurée pour ma part (je ne sais pas si elle change beaucoup avec la censurée), avec du sang, du nichon et de l'épique,
oui ! Visuellement hideux, en revanche, pour un film d'animation, si on n'est certes pas très "naturel", les graphismes m'ont semblé assez chiadés... Je retournerai lire ta chronique...



MaxLaMenace_89 11/12/2013 17:33

Bonne chronique pour ce drame pour le moins posé et efficace !... J'aime voir le personnage de Washington comme le reflet de Zemeckis. Ici le cinéaste semble se remettre en question d'un point de
vue formel, lui qui est abonné aux exercices techniques ahurissants, ici il est posé, d'un classicisme parfois inquiétant (dans le bon sens du terme). Une remise en question identique à celle de
son personnage, ce en quoi je vois une œuvre profondément personnelle, les questions qu'il se pose pouvant être les mêmes que se pose Zemeckis - la question de Dieu que tu évoques notamment.

voracinephile 11/12/2013 23:51



Oh, voilà une approche très intéressante, Max, merci de l'avoir rapportée ici ^^. Effectivement, le classicisme de la mise en scène fait ici très plaisir, on a un bon drame ambitieux sur certains
points, et dont la proximité avec le personnage principal pourrait effectivement sous entendre un rapprochement entre l'oeuvre et le réalisateur. D'où la question de Dieu (personnellement, j'aime
bien ce thème, mais son traitement n'est pas toujours subtil, à l'image de la séquence à l'hôpital avec le co-pilote et la femme, insupportable dévote puritaine antipathique).



borat8 10/12/2013 21:07

Cela fait des années que j'attends ça : le retour fracassant de Robert Zemeckis. Après des années à faire de la merde (au hasard Beowulf, Le pole express, Contact, Apparences), Zemeckis revient
avec un film qui tâche, puisqu'il aborde un anti-héros. Le parfait addict qui n'arrive pas à s'arrêter et que l'on suit à la dérive. Dans la scène du mini-bar, le réalisateur réussi à donner lieu à
un suspense incroyable, jouant sur l'addiction gargantuesque du personnage qui n'arrive pas à s'arrêter. Un vrai tremplin pour un Denzel Washington qui accepte un peu tout et n'importe depuis
quelques années (je pense à des films comme Sécurité rapprochée). Par ailleurs, la séquence en avion est impressionnante et violente, dotée encore une fois d'un suspense insoutenable. Il ne sera
probablement pas dans mon top 10, mais dans mes coups de coeur de l'année, il y sera sûr et certain.

voracinephile 11/12/2013 23:41



Il est 15ème de mon top de l'année (sur 91 films). Content qu'il t'ait plu aussi. Pour ma part, je m'attendais simplement à un film sympa, j'ai été largement satisfait. Un film qui sait bien
gérer ses protagonistes, qui sait aussi faire de l'humour parfois politiquement incorrect, mais qui a conservé son intégrité. Un film immédiatement sympathique en somme. J'ai perdu de vue
Zemeckis (malgré Beowulf qui reste un excellent divertissement pour ma part, bourrin, un peu cliché mais sincère et épique). Rare sont les drames qui mixent autant les essais (luttes
personnelles, portraits, enquête juridique, grosse séquence à effets spéciaux, questionnement moral...) en parvenant à rester cohérent. Ravi que tu ais apprécié comme moi cet essai concluant.



Sébastien 10/12/2013 20:45

Bonjour,

Je vous ai envoyé un message mais ne suis pas sûr d'avoir bien su m'y prendre. Je suis le réalisateur du docu sur la Fistinière sur lequel vous aviez fait un article. Si jamais vous n'avez pas eu
mon message, vous serait il possible de me contacter sur mon mail. Merci bcp !

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