Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 19:20

http://3.bp.blogspot.com/_OAcW2F9GBa4/TDyLPjxeOoI/AAAAAAAADL8/CPv3XWhN8M8/s1600/from-paris-with-love.jpg

 

Taken et son nazi de Liam Neeson vous avait plu ? Attendez de voir le nouveau bestiau de Pierre Morel, le redoutable From Paris With Love. Ce film a quelque chose de fabuleux : il réussit à cumuler avec une générosité hallucinante les pires clichés du genre, distillant la méthode besson à chaque plan et avec un aplomb si sérieux qu’il en devient désarmant. Plus les minutes passent, plus l’envie de se cogner la tête sur un parpaing se fait claire, tant l’abrutissement d’un tel spectacle en vient à heurter continuellement les barrières de la morale, en faisant l’éloge de la xénophobie avec un usage immodéré du cliché.

L‘histoire : les étrangers ont pourris la France. Heureusement que les américains sont là pour venir ingérer notre police…

 

from-paris-with-love-2010-16481-1884192491.jpg

Quand le sang d'un homme éclabousse son visage... il part se l'essuyer et il passe au suivant !


Pierre Morel semble avoir trouvé son style en faisant du cinéma Besson, puisqu’il excelle à faire de l’action non stop en diffusant des clichés plus monumentaux les uns que les autres, usant de prétextes nanars pour diriger nos avis avec un tel manque de finesse que l’on ne peut s’empêcher de rire devant de telles ficelles. On suit d’abord un héros à la française, une sorte de James Bond fidèle à sa femme, bon aux échecs, et dont les scènes d’actions consistent à agrafer un micro sous une table ou à changer une plaque d’immatriculation. Un petit bureaucrate, en somme, qui vit avec sa petite amie toute gentille qui se veut la française  coquine et sexy qui brise les clichés (alors que pas du tout, elle fait quand même la cuisine, ou alors elle commande la bouffe par téléphone, et attendez le twist). Bref, rien de trop louche jusqu’à ce qu’un américain arrive, en la personne de John Travolta, et là, c’est parti. On a le cliché type de l’américain fort en gueule impérialiste qui se croit le maître du monde, qui traite les français d’enfoirés et de suceurs d’escargots, et qui nous traite après d’américanophobe parce que la douane refuse de faire passer ses canettes de merde (qui contiennent par la suite des armes démontées, mais c’est cool, il est américain). Et dès son arrivée, on peut dire que le rythme repart. Si on se faisait chier avec les français, l’amerloc vient remettre de l’ordre dans tout ça en se pointant dans un resto chinois et en ouvrant le feu, massacrant 15 chinois armés d’uzis (qu’ils sortent d’un tiroir dès que l’amerloc se pointe) avant de tirer dans le plafond, d’où tombe de la schnouf. C’est bien connu, les chinois trafiquent de l’opium depuis Tintin et le lotus bleu… Ensuite, on poursuit l’enquête avec un lien plus ou moins flou avec une triade chinoise installée en France (enfoirés de chinois !), puis on continue avec des proxénètes des pays de l’est (Taken en version courte, tout aussi efficace, surtout que l’américain est visiblement très intéressé par le corps de la pute qu’il se paye), et on continue avec un réseau terroriste d’origine pakistanaise organisé dans des HLM de cités. Certes, pendant les scènes d’action, Pierre Morel essaye de faire preuve d’un second degré par l’usage de bruitages rigolos (mode flipper dans une fusillade) ou de gags (le running gag du vase de cocaïne, les chinois balancés dans l’escalier), mais cela rachète-t-il le discours xénophobe auquel on assiste ? On a droit ainsi à la scène de jeunes noirs et rebeus qui dépouillent nos héros, avant que ces derniers leurs fassent peur avec des mots, et que le seul qui reste se fait tabasser par le héros français du film sous les acclamations hystériques de l’américain. Vraiment, l’américanisation du français est la meilleure chose qui pouvait arriver. On poursuit avec l’exécution sommaire de quelques musulmans (qui ont le type moyen-oriental, donc ils sont musulmans) dans un appart, puis de l’usage d’une bombe artisanale pour faire pêter leur voiture (une scène irrésistible, nos héros aimant visiblement leur travail bien fait). Quelques minutes avant, notre héros abattait un immigré désarmé à bout portant (enfin, il ne l’a pas abattu, l’immigré a foutu le canon du flingue dans sa bouche et a appuyé sur le doigt du héros, on ne sait pas trop pourquoi, mais c’est un fanatique, y a pas à chercher de raisons). Et puis on a droit à la scène du dîner entre amis, où on voit que nos héros, qui ont tué une vingtaine de personnes pendant la journée, savent parler météo et sujets de conversations normaux, rejoignant en droite ligne la mise en scène de Martyrs vis-à-vis des bourreaux. Puis, par un retournement de situation de moins d’une minute, la petite amie française type devient un terroriste hyper entraîné (juste parce qu’elle sort d’un coup un flingue et qu’elle tire sur son petit copain). Les terroristes font maintenant frapper. Mais la hiérarchie française, trop pète-sec, ne veut rien biter aux avertissements de nos héros. Mais pas d’inquiétudes, l’américain est là. La scène de course poursuite avec une Audi arrive à ce moment là, avec un Travolta qui roule à 200 à l’heure sur une autoroute française bondée en tirant au lance roquette sur ces enfoirés de musulmans terroristes. Mais c’est le final au cœur de l’ambassade que je retiens tout particulièrement, car il ressemble étonnamment à celui de Poultrygeist, sauf qu’il est totalement sérieux. Ainsi, notre héros fait face, flingue au poing, à sa copine portant une bombe artisanale, et alors que cette dernière bouge le petit doigt, notre héros abat cette conasse de terroriste. Et là, Pierre Morel nous fait un ralenti, sans doute pour chercher une quelconque trace d’humanité dans cette exécution sommaire. Et là, Travolta arrive, nous balance une vanne à la Besson, et paf, générique et le travail est fini. J’ai encore du mal à croire que le film que je viens de voir était sérieux (visiblement, ce n'était pas vraiment le cas, mais le second degré n'est jamais parvenu à faire passer la pilule, la rendant au contraire plus indigeste). Décidément, que le lecteur ne s’offense pas de toutes les vulgarités que j’ai employé pendant ma chronique, mais là, ma rage naveuteuse s’est manifestée pendant une heure vingt. Suivant comment on le prend, ça peut être très drôle, mais je trouve ça finalement plutôt navrant quand des spectateurs me disent qu’il est bon.

 

0/6 mais un 19/20 nanardo-naveuteux.

 

2010
de Pierre Morel
avec John Travolta, Jonathan Rhys Meyers

 

film-review_from-paris-with-love.jpg

Partager cet article

Repost 0

commentaires

borat8 14/12/2013 21:14

ça ne va pas tarder j'étais tellement énervé que j'ai commencé à l'écrire hier soir. Déjà trois paragraphes complets et je n'ai pas fini.
Oui en gros Travolta te montre qu'il a des grosses couilles et tu viens les lécher! Voilà le message de cette sombre daube. Mais le pire c'est que Besson essaye tout: avant il montre une production
romantique type Mr and Mrs Smith; puis arrive Travolta et ça tombe dans le bourrin débilitant et xénophobe; ensuite twist totalement improbable histoire de renforcer la connerie du film.

voracinephile 16/12/2013 08:19



Ma scène favorite restera sans doute celle où il explose à bout portant la tête de la copine de la femme du héros avant de se justifier après en mode "c'est sa faute !". Salope, va ! T'en as mis
partout !



borat8 12/12/2013 22:45

J'ai osé voir cette daube sur M6 ce soir et j'ai des envies de meurtres. Entre la bande-annonce du nouveau Nolan qui ne vient pas et cette sombre merde, j'ai des envies de parpaig dans la gueule!
Après on dira que je suis méchant avec Besson, mais bordel son scénar est peut être son pire. Car il a écrit de la merde, fait du cliché, mais au moins il y avait un minimum de structure, c'était
carré, débile mais carré. Là on navigue dans une comédie romantique avec un héros (anglais pas français hein, mais francisé), alors on le voit en roue libre pendant dix minutes-un quart d'heure.
Puis arrive Travolta l'indestructible qui peut se faire tirer dix mille fois qu'il ne se prend jamais aucune balle alors que le maigrichon si. Il va dans un chinois, il tire, il va dans une rue de
banlieue, il tire sur des arabes, il va dans un immeuble, il tombe sur des rebeues qui dealent de la drogue qui sont en fait à la solde de terroristes pakistanais dont fait parti la copine de
l'english francisé et son amie. L'english francisé découvre que sa baraque est pleine de micros alors que bon son agence aurait dû les trouver bien avant, Travolta fait joujou en Audi (ah je me
faisais chier en en voyant pas!) avec un bazooka dont le missile est en cgi foireux. La voiture fait une petite explosion alors que bon elle était bourrée d'explosifs (!), la ministre américaine
est évidemment une connasse, la copine de l'english francisé est en sorte de voile orange histoire de dire qu'elle est bien arabe, elle est butée tout le monde est content, on peut bouffer un
cheeseburger! Non mais bordel c'est quoi ces conneries?! Même un film avec Chuck Norris est plus crédible merde!

voracinephile 13/12/2013 09:31



Ah, Borat, tu me fais plaisir ! Dès ta première ligne, j'étais déjà heureux. J'attends impatiemment de lire une chronique made in Borat pour lui régler définitivement son compte ! Une infâmie
totale, une concécration de xénophobie doublée d'une admiration gerbante pour l'américanisme primaire. Le pire, c'est que le film n'assume même pas ses postures en se prétendant être une comédie
à prendre au second degré.  A ce stade de navet, on rit toutes les minutes, mais pas des gags...



2flicsamiami 25/01/2012 09:17

Ce serait pas mal que tu le vois avant le fin du monde effectivement. Tu auras alors la fameuse recette de "comment survivre à 2012" :)

voracinephile 26/01/2012 20:24



^^ Article mis en ligne ce soir. Vu que je suis un civil sans intérêt, je sais dores et déjà que je ne survivrai pas à 2012 ! Donc je vais faire comme d'habitude, histoire de montrer que je suis
courageux et que je vais prouver... un truc.



2flicsamiami 24/01/2012 18:43

Je ne l'ai pas vu mais alors, qu'est ce que ton article est drôle ! Je crois que tu es le meilleur dans ce domaine :)
Sinon, quand je vois comment tu démonte ce film, j'ai vraiment hâte de voir ta critique du film 2012 :)
En tout cas, je me suis bien marré :)

voracinephile 24/01/2012 20:55



Heureux qu'il t'ait fait passer un bon moment, cet article. Il est presque aussi drôle que le film (même si je l'ai considérablement spoilé, sa saveur naveuteuse reste intacte quand on le
revoit). Comme navet, il vaut son pesant de cacahouètes ! Merci du compliment, j'espère continuer dans cette voie lors de mon prochain navet (et je sens que je vais avancer mon visionnage de
2012, vu qu'on approche de l'échéance...).



Duncan 24/01/2012 12:17

Je hait au plus haut point Taken :)
Donc faut mieux m'en disoenser,sous peine d'etre énervé

voracinephile 24/01/2012 20:49



C'est sûr ! A ce stade, c'est de la provoque lancée à toute une nation ! Qui va aller engager Léon pour dézinguer ce balourd de Besson comme dans l'intro de son film ?



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche