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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 17:47

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Ginger Snaps est une petite saga horrorifique qui a essentiellement marché dans le DTV, une petite injustice au vue des qualités formelles d’une telle œuvre, qui impose d’office ses ambitions de refondre les codes du genre lycanthrope pour en faire une métaphore de la puberté. Avec un premier opus intéressant pour son originalité et ses personnages féminins attachants et marginaux, la séquelle Ginger Snaps 2 marque un bon point en se démarquant radicalement de son prédécesseur, n’hésitant pas à foncer dans l’horreur, à la fois psychologique et matérielle. Un film de ce calibre, c’est trop rare pour qu’on s’en prive (surtout qu’il croupit dans les bacs à 4 euros).

L’histoire : Brigitte, la petite sœur de Ginger dans le premier opus, est en situation délicate. Tentant d’enrayer la transformation lycanthrope à l’œuvre dans ses veines par injection d’aconite, elle est aussi poursuivie par un loup garou déjà transformé. En tentant de lui échapper, elle se retrouve enfermée dans un centre de désintoxication.

 

http://i2.listal.com/image/1254468/600full-ginger-snaps-2%3A-unleashed-screenshot.jpg

 

Si le générique de début ne présageait rien de bon (zoom cheap, éclairage à chier, police d’écriture racoleuse…), le film montre très vite d’indéniables qualités, autant dans la narration que dans les jeux d’acteurs. Tout le monde a parfaitement compris le sérieux de l’entreprise, et surtout, aucun des acteurs n’est simplifié à l’extrême. Là où d’habitude, un aide soignant abusant des dépendantes des patientes se révélait être un connard bon pour l’abattoir, Ginger Snaps 2 le traite avec une objectivité rare, osant même en faire un allier pendant un bon quart d’heure du film (les injections d’aconite retardant la transformation, il est la seule opportunité de Christine pour en obtenir). Brigitte, la protagoniste, est elle aussi touchante dans le monstrueux dilemme qui s’abat sur elle, la transformation étant inévitable (le temps qu’elle gagne sert juste à chercher une hypothétique solution, et constamment, celle du suicide revient à la charge, au cours d’errances morales parfaitement retranscrites par les ambiances sonores). Enfin Ghost, sensée être la side kick enfantine du film, se révèle être une psychopathe en puissance dont la volonté d’attachement à Christine se révèle sans limite (c’est face à des jusqu’auboutismes de la trempe du final de Ginger Snaps 2 qu’on a conscience de voir un film qui veut faire de l’inédit). Passons enfin à la principale attraction à effets spéciaux du film : le loup garou. Ben il est réussi, le bestiau ! Si pendant la première moitié du film, on a un peu peur de sa discrétion (on n’est pas loin des effets spéciaux minimalistes du Loup Garou de Londres), la suite les évènements le mettra nettement plus en lumières, dévoilant une bête qui n’a pas à rougir devant ses prédécesseurs. Le film évite astucieusement le pièce des effets spéciaux numériques habituellement de rigueur avec ce genre de bisserie en s’appuyant sur les codes de son prédécesseur, à savoir que la transformation est unique et définitive. Exit les effets spéciaux démonstratifs, bonjour le maquillage en latex à l’ancienne. On peut juste regretter un découpage dynamique qui ne laisse jamais le temps de détailler la bête alors que l’impressionnante bestiole aurait largement supporté cela. Aucun humour dans les dialogues, Ginger Snaps 2 est d’un sérieux papal, s’éloignant des inspirations teens de son aîné pour se focaliser sur les parcours de ses personnages. Les choix de se fixer sur leurs directions et émotions sont au final payants, l’empathie fonctionnant à fond pour tout le monde. Jamais simple et toujours désireux de délivrer un film fantastique intègre, la réalisation de Brett Sullivan tient largement la route, surtout si l’on tient compte de la maigreur de son budget. Etonnant et puissant, Ginger Snaps 2 est une excellente surprise, le genre de DVD immédiatement attachant dont l’impopularité se révèle scandaleusement injustifiée.

 

4.5/6


2004
de Brett Sullivan
avec Emily Perkins, Tatiana Maslany

 

http://25.media.tumblr.com/tumblr_macawc10Oc1rrnga3o1_500.jpg

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

medical billing and coding salary 13/08/2014 13:19

The ginger snaps 2 is very much haunting me. Even the pictures in the article talks more on this. Each and every sequence is demonstrated in a special way that this gives you all the effects that the author tried to portrait.

princécranoir 06/01/2013 14:42

Bien bel article en faveur de la série lycanthropique Ginger Snaps que j'ai moi aussi trouvé très intéressante. Je n'ai pas vu cette séquel mais j'ai vu par contre le prequel (sorti après, comme
d'hab) qui se trouve être pas mal non plus.

voracinephile 06/01/2013 17:16



Ah, content que tu ais touché à cette saga lycanthrope qui est en effet assez bonne en termes de qualités. Toutefois, j'ai entendu des critiques sur le troisième opus, qui présenterait la
lycanthropie comme une maladie héréditaire... Si c'est le cas, ça contredit le premier, qui présente la lycanthropie comme une métaphore de la puberté... Le second est en tout cas un régal,
meilleur que le premier avec des personnages possédant tous des tendances un peu psychopathes sur les bords. Surprenant et conscient d'avoir assez d'idées pour tenir le spectateur en haleine.



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