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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 21:22

http://static1.purepeople.com/articles/3/22/53/3/@/154937-l-affiche-du-film-gran-torino-637x0-2.jpg

 

Avec Gran Torino, Clint Eastwood marque un bon point, à la fois dans sa filmographie mais aussi dans l’opinion du public, qui peut voir là un de ses bons films, où le personnage campe un septuagénaire dur à cuire confronté à des voisins chinois, dont on va faire le portrait moral en profondeur. Un film assez intelligent qui évite de tomber dans certains pièges de ses thèmes en développant une intrigue aussi simple que sincère dans les sentiments qu’elle aborde. Un rien pompeux, cette introduction. On passe tout de suite au putain de paragraphe argumenté.

La p*tain d’histoire : Walter Kovalski vit seul depuis la mort de sa femme. Ses fils ne le comprennent absolument pas et ne cessent de critiquer son caractère grincheux. Sa famille, dans la grande majorité, se révèle insupportable. Mais pire encore, les bridés ont envahis le quartier, lui rappelant ses douloureux souvenirs de la guerre de Corée.

 

http://graphics8.nytimes.com/images/2008/12/12/movies/12torino.large1.jpg

 

Le cas de Gran Torino est assez intéressant, puisqu’on retrouve Eastwood dans un rôle assez charismatique derrière son caractère de cochon, qui utilise la vulgarité à tort et à travers, ce qui déclenche souvent des éclats de rires bienvenus. Ainsi, Gran Torino commence légèrement, en posant d’abord ses personnages et en développant bien leur manière de penser. Walter, au cours de la cérémonie d’enterrement de sa femme, se retrouve confronté à sa proche famille, proche de l’insupportable. Totalement manichéen, mais assez finement exposé pour nous convaincre et nous ranger totalement du côté de Walter. Mais assez vite, Walter tourne sa haine vers ses voisins de palier, des chinois qui s’entassent dans une maison sans prendre soin du jardin qui l’entoure. Cette approche du monde chinois nous vaut pas mal de remarques racistes, qui font presque toutes rigoler en montrant combien Walt est aigri par sa vie quotidienne (et les chinois lui rendant la pareille, on a parfois des sortes de duels « à qui pissera le plus loin » plutôt bienvenus). Mais peu à peu, les personnages évoluent, l’intégration de Walter dans la famille chinoise se faisant peu à peu, suite à la bêtise du fils de famille, qui tenta tantôt de voler la Gran Torino du film. De là partent différentes thématiques, comme la virilisation hilarante du jeune chinois (pas mal de gags d’insultes viennent de là, nous offrant dès lors de beaux dialogues) qui nous donne une approche assez explicite de l’expression « roulage de mécanique ». Mais il se révèle aussi beaucoup plus fin dans la gestion des conflits humains, évitant l’étiquette du ségrégationnisme en faisant du gang chinois du coin les bourreaux du quartier (alors qu’ils étaient amorcés comme des sortes de défenseurs de la population chinoise), et menant peu à peu Walt sur le chemin de la rédemption. C’est d’ailleurs ce thème qui se révèle être l’un des plus intéressants du film, représenté par ce jeune prêtre désireux de voir Walter revenir dans ses quartiers. Leurs dialogues sont dès lors très intéressants, chacun exposant ses arguments à l’autre (Walter ayant souvent le dessus). En revanche, le personnage du prêtre contient quelques petites contradictions, qu’il serait intéressant de noter. En effet, par sa jeunesse, il pèche par son manque d’expérience, aussi son premier contact est complètement raté. Sa seconde tentative est néanmoins plus réussie, plus réfléchie, mais toujours en décalage avec la rédemption de la confession, puisque son discours vise à « déresponsabiliser » quelque peu Walter. Mais, alors que la demande de confession devient claire, et que les péchés dévoilés ne semblent que des peccadilles au vu des atrocités de la guerre (qu’on attendait), le prêtre semble moins enclin à donner son pardon, prenant la rédemption comme un geste désespéré avant « une grosse bêtise », alors qu’elle précède un acte murement réfléchi et sacrificiel. Aussi, le prêtre ne pourra vraiment qu’à la toute fin exposer enfin une vision qui soit digne de Walter, et de rendre justice à son acte et sa personne. Gran Torino est excellent, il n’y a pas grand-chose à redire là-dessus. Excellente empathie pour les acteurs, musique peu intrusive, rythme posé et fluide… Le seul petit reproche qu’on pourrait lui faire est cette alternance quotidienne de thème, qui apparaissent et disparaissent dans le récit au fur et à mesure de ses avancées (la rédemption arrive après l’enterrement, puis disparaît d’une bonne partie du film, avant de revenir à la fin…) sans jamais s’entrecouper. Mais c’est là bien peu au vu de l’étoffe de ce drame tout simplement excellent, parvenant à nous faire aimer un septuagénaire grincheux et raciste.

 

4.9/6

 

2008
de Clint Eastwood
avec Clint Eastwood, Bee Vang

 

http://img.over-blog.com/500x480/0/40/72/34/divers/Critique-Sanrankune/Gran-torino.jpg

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commentaires

Joanna 11/10/2012 01:04

Il est sur dpstream si tu veux le voir :) Je n'ai pas entendu parler de parle avec elle. Aujourd'hui j'ai vu le célèbre into the wild que je n'avais pas encore vu. C'est un coup de coeur, l'acteur
principal joue parfaitement bien, ce film est touchant, surtout que quand tu te dis que c'est arrivé... Quelle mort con, c'est vraiment triste :( Ce film m'a boulversé

voracinephile 11/10/2012 13:26



Je crois que ma fac vient d'acheter le dvd du Piel que Habito, alors je vais pouvoir le voir en bonne qualité ^^. Tu as aimé Into the Wild alors. Il faudrait que je le revois pour le chroniquer.
Je l'ai trouvé bien sans adhérer plus avant. Il y a un message sur l'amour, sur vivre des expériences et surtout les partager... C'est positif, mais comme je réfléchis à ça et que j'ai une
optique assez similaire au film (ou tout du moins je le pense), le film ne m'a pas vraiment "emporté". Je n'ai pas eu de coup de foudre, alors que dans un style pas si éloigné, The tree of life
m'a bouleversé. Ca doit dépendre des ambiances des films, je ne me rappelle plus très bien de celles de Into the wild. Mais comme ma soeur en est fan, je le reverrai très prochainement.



Joanna 09/10/2012 02:15

Je n'avais jamais entendu parler de ce film "les yeux sans visage" si j'ai l'occasion je le regarderais car il a l'air pas mal :) J'ai donc vu la piel que habito et je te le conseil, j'ai adoré !
Il est un peu dur psychologiquement ! On ne s'attend pas du tout à ça ...

voracinephile 09/10/2012 08:42



Ces yeux sans visage sont pour le coup un monument du fantastique français, cité à de multiples reprises et principale source d'inspiration de ce Piel que habito. Merci pour ton conseil, je
verrai si je peux le trouver (je ne suis pas particulièrement Almodovar (j'avoue que je préfère comme réalisateurs espagnols Amenabar et Balaguero), mais il a fait des films qui m'ont marqué
comme le très beau Parle avec elle).



Joanna 08/10/2012 01:45

Si j'ai l'occasion je regarderais, dans la semaine, dès que j'ai un moment, je compte voir la piel que habito de Pedro Almodovar, ma mère l'a vu et elle m'a dit regarde le, même on le regardera
ensemble^^ Et Silent Hill par contre je n'ai pas du tout accroché avec ce film... :/ Oui espérons pour elle, qu'elle ne devienne pas juste célèbre pour ses photos ou vidéos comme certaines ...

voracinephile 08/10/2012 17:16



Dommage pour Silent Hill, c'est une des rares adaptations de jeu vidéo que j'ai bien aimé. Pas vu El piel que habito, mais j'en ai entendu parler. A voir, au moins pour comparer au chef d'oeuvre
français dont il s'inspire : Les yeux sans visage.



Joanna 07/10/2012 15:00

Brüno est vraiment vulgaire oui et politiquement incorrect j'ai surtout aimé ce côté là d'ailleurs ! Je n'ai ni vu Joshua ni Esther, mon meilleur ami a vu Esther il a l'air bien mais je connais la
fin donc bon... Et le cas 39 ils m'avaient dit qu'elle était possédée en fait j'étais deg' du coup mais bon j'ai vraiment aimé ce film. Jodelle Micah Ferland m'a fait peur rien qu'avec ses
expressions du visage ^^ Cette actrice me fait penser à Christina Ricci car elles font toutes deux des films sombres.

voracinephile 07/10/2012 21:35



Même si tu connais le rebondissement final d'esther (une vacherie, mais bon...), il vaut largement le coup, l'inscrivant comme l'un des films de gosses les plus efficaces avec Les révoltés de
l'an 2000 et The Children.


J'aime beaucoup Jodelle Ferland moi aussi (je la préfère toutefois nettement dans Silent Hill), et sa filmographie atypique (elle a fait du drame, de l'horreur, de la comédie... elle a bossé avec
Gans, Laugier, Gilliam...) la rend très intéressante. Espérons qu'elle va conserver cette intelligente gestion de carrière.



Joanna 05/10/2012 23:55

Salut :) J'espère que tu as passé une bonne semaine ? car moi oui ^^ Je raconte un peu ma life car je suis allée sur Nice pour voir le concert de Lady Gaga avec mon meilleur ami et un ami à nous et
je m'en remet pas tellement je me suis régalée, mes amis m'ont fait un beau cadeau pour mes 21 ans (en juin donc pas besoin de me le souhaiter hihi^^) Et ce soir c'est le calme plat mais demain
fiesta pour l'anniversaire de ma meilleure amie qui descend de Lyon, désolée je raconte ma life² car je suis trop contente :D Je l'avais vu sur les affiches de cinéma à l'époque ce film mais je
n'avais pas lu le résumé ^^ Je l'achèterais à l'occasion et je te dirais ce que j'en pense :) Pendant mon séjour à Nice j'ai vu un film de gays (pas pornos hein mdrrr) vu que mes amis avec qui
j'étais le sont ça s'appelle Brüno, c'est "cucul" mais à des moments ça fait rire. Et surtout j'ai vu le cas 39 que j'ai beaucoup aimé car il est surprenant :) Passe un bon weekend :)

voracinephile 07/10/2012 10:47



Salut Joanna. Effectivement, je sens une certaine joie dans ton commentaire ^^


Tu as vu Brüno, donc. Une comédie bien lourde (très vulgaire) que j'ai beaucoup aimé pour son politiquement incorrect (la chronique est dans les mauvais goût). La satyre est énorme. Le cas 39 est
fait par un réal que j'aime bien (Christian Alvart, qui a fait le bon Antibodies et le sous estimé Pandorum), le début avec les parents est bien et Jodelle Ferland déchire, mais le coup de
l'enfant manipulateur, ça ne m'a pas vraiment impressionné (Joshua était par exemple plus pervers, et Esther plus tendu). Ca reste toutefois un travail honnête.



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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