Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 19:29

gravity-movie-poster.jpg

 

Vu le buzz remué autour de gravity (la première de couv de 20 minutes le matin de sa sortie avec interview de 20 lignes du réal et de Sandra Bullock), il y avait de sérieuses attentes à nourrir. Alors qu’en fait, tout était assez prévisible, et pour les personnes attentives, tous les ingrédients du film étaient connus. Les bandes annonces avaient dévoilé une direction technique à toute épreuve, le script linéaire était complètement résumé… En fait, la seule validation de Cameron comme « Le meilleur film de l’année » suffisait pour définitivement étiqueter Gravity.

L’histoire : Au cours d’une mission de réparation du satellite Hubble, la navette spatiale et l’équipe de réparation sont heurtés par un champ de débris provoqué par l’explosion d’un satellite. Deux techniciens survivent à l’accident et tentent donc de faire face à la situation, coupé de tout contact avec la Terre…

 

Sandra-Bullock-in-Gravity-2013

 

Vraiment, on ne se demande pas si c’est Cameron qui a réalisé ce film tant il est l’incarnation absolue de son cinéma. En fait, du style d’Alfonso Cuaron, seule l’utilisation de plans séquences techniquement ébouriffants lui ressemble particulièrement. Pour le reste, nous avons une simplification extrême des enjeux (survivre, rejoindre les installations humaines possédant des modules d’évacuation), et une envie sincère d’immersion, comme en témoignent les nombreux plans séquences hyper réalistes et certains moments du film où nous voyons par le casque de Sandra Bullock (baptisée Ryan ici, un hommage à Ripley ?). Techniquement, le film est irréprochable. Nous avons là les visions de l’espace les plus réalistes jamais conçues, et le voyage est totalement réalistes (évidemment, si on accepte les raccourcis comme se diriger vers une station spatiale en 3 coups d’extincteurs ou trouver la commande d’atterrissage en pianotant sur des touches au hasard). Techniquement et technologiquement, cette sortie dans l’espace est la plus réaliste jamais livrée au spectateur, avec le luxe de la situation d’urgence promettant un certain rythme durant le film. Chaque explosion provoque des pluies de débris qui inondent l’écran, on a pour la première fois (avec l’expérimentation bizarre de Event Horizon) la vision d’un feu en apesanteur, la multitude de détails qui s’offre à nos yeux comblera les obsédés de technologie et de détails pratiques sur la vie dans l’espace. En cela le film tient totalement ses promesses. Les causes de l’évènement étant purement accidentelles, on peut donc totalement parler de film catastrophe technologique, où les connaissances et l’équipement de nos personnages sont déterminants pour leur survie. Encore un détail qui fait très Cameron. Et enfin on en arrive à l’interprétation. Vu que la technique fait plus de la moitié du travail sur le film, les performances de nos acteurs seront donc jugées accessoires. En l’état, Clooney et Bullock s’acquitteront de leur tâche sans forcer. Le problème (et je vais encore passer pour un ingrat en le soulevant), c’est l’humanité des personnages. Comme dans le cinéma de Cameron, le film ne peut pas s’empêcher de se faire un devoir d’illustrer leur humanité. Et par là, ça ne veut pas dire qu’elle va apparaître avec les réactions des personnages pendant leur périple, non, ça veut dire qu’il y a des séquences pour ça. Pour tout le reste, mode survie et débrouille avec les difficultés techniques rencontrées, et régulièrement, la « séquence émotion » où les personnages donnent des petits détails sur leur vie, leurs habitudes, leur crainte dans la précarité de leur situation… Et malheureusement, ce n’est pas avec ce genre de détails qu’on se prend d’affection d’un personnage. Mais il faut faire ces séquences où on a l’impression d’avoir une performance d’acteur, et où leurs émotions ont l’air de susciter quelque chose alors qu’on ne sent pas concerné, voire qu’on s’en fout. Mais il faut faire pleurer dans la salle, révéler l’humanité, l’exposer au grand jour, la souligner et l’entourer en rouge… C’est finalement le talon d’achille du film, car ces séquences brisent le rythme, et veulent tellement canaliser les émotions larmoyantes des spectateurs qu’elles provoquent de complètes sorties hors du film (avec des soupirs dans mon cas, tant on s’estime pris pour un débutant en matière de perception sentimentale). Et comme on ne s’attache pas particulièrement aux personnages si proches de nous (ils écoutent de la country, ils écoutent la radio, ils pensent à nous en bas, ils ont vécu des choses banales ou profondes…), la survie immersive se révèle moins immersive que prévue, parfois bavarde. En l’état, la technologie sauve clairement le film et peut effectivement se présenter comme une sacré balade spatiale (qui passe devant l’impressionnante séquence de Mission to Mars (parce que ras le bol de lire partout 2001)), mais question implication sentimentale, Cuaron a raté sa cible. Décevant de la part du créateur des Fils de l’Homme… En même temps, on ne pouvait espérer davantage d’un film catastrophe technologique, et dans son cas, il délivre bien la marchandise.

 

3/6


2013
de Alfonso Cuarón
avec Sandra Bullock, George Clooney

 

gravity-trailer-460x261.jpg

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Xelloss 29/01/2014 08:40

Un détail aussi m'a fait sourire, le petit martien Toon.
Avec ma compagne nous avons bien déliré sur le chemin du retour en imaginant une séquence un peu plus tendue...

Attention c'est du lourd, Michel XD

Sandra rentre dans l'ISS et ouvre le sas d'un compartiment plongé dans le noir.
(Pas de musique, sinon les sons ambiants)
Seul quelques néons clignotent paresseusement... c'est sombre et inhospitalier.
(La cam passe en vue première personne)
Elle fouille à la recherche de matériel de survie.
Dans le reflet d'un miroir brisé, elle aperçois une tête derrière qui s'approche.
Contente de trouver de la vie, elle se retourne...
... et tombe nez à nez avec un Xenomorph !
(pas de musique-a-jump-scare, on n'est pas dans un truc pour ados XD)
Elle lâche un cri bref et repousse... un buste grandeur nature de la créature des films en se disant qu'ils sont "trop con avec leurs trucs, là..." en souriant puis reprend son exploration.

Ce passage j'en rêve tant il serait dantesque XD

Xelloss 27/01/2014 16:33

C'est décidé !
Le jour où je gagne le Loto, je me fais construire une salle Imax dans mon jardin !

Bon, l'histoire ne casse pas trois pattes à un connard, mais en ayant lu le synopsis, je n'en demandait pas plus.

Et en attendant la version bluray, je vais vous livrer mes impressions sur le film en salle

question 3D, rien à redire si ce n'est que la distance spectateur-terre... mwouaif, bof.
C'est pas très profond profond...
Par contre, des débris, on en prend deux-trois pleine balle face caméra et ça, c'est jouissif.
Le plus jouissif c'est qu'on sait qu'ils viennent, on les voit même arriver de loin.
Mais non, le débris nous arrivant sur le nez m'a fait sursauter plus d'une fois.
Preuve qu'un effet bien géré peut engendrer un mouvement réflexe (donc incontrôlé) chez le spectateur.
Et là où c'est fort de caféine, c'est qu'au second visionnage, je me suis fait avoir une nouvelle fois !
Un autre truc dingue est de savoir que les visages sont faux...
Vive la performance capture ;)

Mais surtout, ce truc aurait du être dispo en 4K !!!
On aurait pris des débris HD dans la tronche ;)


Parlons "son"
Le son... le SON nom de Zeus !
Là, personne ne viendra me dire "Mais Xelloss, dans StarWars, on entend le son car il y à de l'air dans les bouclier..."
Alors, ici pas de bouclier... on fait moins les malins, hein ?
J'étais sceptique quand au traitement du son dans l'espace et je dois dire que le son transmis par vibration est juste énorme.
C'est clostrophobant (oui, j'invente des mots ;) ) à souhait et l'on sent bien que le danger est juste derrière la fine cloison ou le tissus de la combar'

Pour ce qui est de la psychologie des persos', m'en tape ! (avec la babouche !)
Nous venions juste de nous farcir le grandiose "Hubble Imax 3D" à la maison, alors les déconnades de Mr Nespresso ou les jappements de Sandra... pioufff... nous étions dans les étoiles bien loin de
tout ça XD

J'ai tout particulièrement bien aimé la cause de la catastrophe.
Un missile Russe qui pète et envoi des débris.
Ca prouve que nos scientifiques sont toujours sur le fil du rasoir, une épée de Damoclès au dessus de la tête mais surtout que cette épée est tenue par des gens qui s'en tapent royalement des
conséquences de leurs actes.

- Chef, on a fait partir un missile... l'OTAN va nous gronder
- Bah, détruisez le en vol
- On ne le fait pas tomber dans l'océan ? 70% de flotte, on a la place !
- Non non, de toute façon, dans l'espace personne ne vous entend crier...

Tiens, en parlant de crier dans l'espace, tout le monde me sort 2001 quand miss se recroqueville...
Pour ma part, j'ai eu cette image en tête de suite !
http://www.filmsfantastiques.com/pages/saga_ALIEN-1566021.html
(Il faut que j'arrête les Alien, moi...)



"j'ai évité de mater les trailers et interviews histoire de ne pas me spoiler, ce qui fait que je m'en suis pris plein la tronche lors du visionnage"
C'est du bonheur en boite, Kapalsky, hein ?


Bref, j'attends avec impatience le Bluray et le HD-MA qui va avec ;)

=> Mémo personnel : Commencer à jouer au Loto pour financer la salle Imax du jardin :P

voracinephile 28/01/2014 17:49



Techniquement, on est d'accord que beaucoup a été fait question technique pour favoriser l'immersion. Le coup du son par vibration était un choix logique, et le film s'y tient bien. Dans la
forme, pas grand chose à reprocher.


J'envie la distance que vous avez réussi à prendre pendant le visionnage. Les humains m'ont tout gâché. Une sacré déception après autant d'attente (et sur des détails, le film délivrant la
marchandise dans le fond).


Et sans doute un peu d'amertume devant l'euphorie populaire sans retenue pour un film strictement technique, et sans subtilité (et ce dernier point sera sans doute contesté par les amateurs de
symbolisme maternel). C'est aussi quelque chose de dur à avouer, mais de vrai. Le statut de chef d'oeuvre ne sied en rien à Gravity, c'est un bond technique notable. What else ?



Vince12 09/11/2013 09:10

Enfin vu, bien aimé perso, je m'y suis laissé prendre et j'ai trouvé cette aventure spatiale assez flippante. Bon y'a des trucs qui font tiquer le coup de l'extincteur..... les poumons de Sandra
Bullock... C'est vrai qu'on ressort trop 2001 pour ce genre de film mais désolé d'apporter mon petit grain mais la séquence de Bullock pénétrant dans la station et flottant recroquevillée devant le
hublot, tout est bien parallèle, moi j'ai pas pu m'empêcher d'y penser.
Pour le final j'aurai rêvé que Renny Harlin s'en charge. Qu'après toutes ces aventures extraordinaires une fois dans la mer Ryan nage et que soudain RRRROOOOOOAAAAARG un requin gigantesque surgit
de nulle part la gobe littéralement ! (comme Samuel après son discours dans Peur Bleue) Et là dessus générique avec une grosse musique mettaleuse !!! Je crois que tu ferme le clapet de tout le
monde avec un tel final !

voracinephile 09/11/2013 12:06



Aha, le voyage spatial t'a plu donc ? Même le wouf wouf ?


Evidemment, que tu y as pensé, c'est fait pour ! Le film essaye de se donner un côté intellectuel qu'il n'a pas un seul instant (l'anecdote du mec poilu de George Clooney a très bien annoncé le
niveau, déjà). Et il insiste continuellement là dessus.


Sinon, génial pour la fin ! Je n'avais pas osé en parler dans ma chronique, mais j'aurai adoré qu'un requin se pointe à ce moment là et que Ryan doive lui exploser la gueule pour pouvoir
retourner sur la terre ferme... Ca aurait été génial, pour le coup, on aurait eu une fin nihiliste ! Ca aurait été énorme, une vrai conclusion en mode "je vous emmerde tous !" parfaite ! Et là,
j'aurais mis 5 au film !



Kapalsky 06/11/2013 19:59

Aha! Enfin quelqu'un qui se souvient de Mission To Mars!

Le problème du film, c'est qu'on te l'a survendu en bloc... j'ai évité de mater les trailers et interviews histoire de ne pas me spoiler, ce qui fait que je m'en suis pris plein la tronche lors du
visionnage, mais hélas le fond n'est pas aussi travaillé que la forme...

Je comprends donc la déception des cinéphiles devant ce film quand même bien beau. Trop de hype tue le film :s

voracinephile 07/11/2013 21:50



Franchement, il faut sacréément manquer de mémoire pour oublier Mission to Mars, qui à défaut d'avoir un scénario convaincant (et donc d'être bon) affichait des moyens techniques tout à fait
satisfaisants. La scène de danse en apesanteur, discrète séquence de virtuosité, et la sortie extra véhiculaire est excellente.


Trop de hype tue le film... C'est certain, en tout cas, le film perd sa légèreté et sa sincérité en voulant à tout prix susciter l'émotion chez le spectateur. Si il est réceptif et que l'actrice
est bonne, il la ressentira. Mais non, les pauses dans le récit sont là et il faut les remplir de symboles bien appuyés. Difficile de nier que les yeux sont pleins d'étoiles en fin de film, mais
les lourdeurs empêchent le capital sympathie de prendre chez les cinéphiles pointilleux...



borat8 30/10/2013 19:14

Même avec ça nous sommes des humains, l'entraînement ne t'empêchera pas de mourir. Le problème étant qu'à la place de Bullock on avait quand même Jolie, Johansson ou Portman. Pour le coup je
préfère encore voir Bullock parce que les deux premières cruches (ce que n'est pas miss Portman) auraient donné quelque chose de très pourri voire encore pire. Pareil pour le rôle de Clooney,
initialement prévu pour Downey JR. Tu trouve Clooney cabottin, imagine Iron Man à la place, je n'imagine pas le désastre. Même Cuaron a dit que ce n'était pas plus mal.

Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche