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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 18:36

hansel-gretel.jpg

 

Shrek a relancé la mode des adaptations déviantes des contes classiques, entraînant dans son sillage des projets tels que La véritable histoire du petit chaperon rouge ou encore Le chat Potté. Et cette fièvre de la relecture semble avoir gagné le cinéma également, comme en témoigne les adaptations récentes de Blanche Neige et d’Hansel & Gretel. Toutefois, si la version asiatique cherchait à instaurer un authentique malaise sur l’enfance brisée, la version ricaine (sponsorisée par MTV) semble plus encline à verser dans le gore jouissif. Un projet plus ou moins justifiable, en somme.

L’histoire : Après leur enfance tragique, Hansel et Gretel, immunisés contre la magie noire, deviennent chasseurs de sorcière, et traquent sans arrêt les apôtres des ténèbres qui hantent le monde. Mais leur nouvelle mission les amènent à revenir sur les traces de leur passé…

 

Hansel-et-Gretel-Witch-Hunters-Photo-Promo-1.jpg

 

Après une introduction pêchue qui témoigne des ambitions de la production (ne pas aller plus loin que le divertissement violent et complaisant), Hansel & Gretel se lance dans sa relecture à grand renforts de guitare électrique et de détails salaces, désireux de ne pas faire dans le divertissement subtil mais dans le gros actionner bourrin. En cela, on pourrait croire à une tentative proche de ce qu’est Van Helsing, sauf que ce dernier cultivait un certain esprit d’aventure et une indéniable générosité en plus de sa débilité assumée. Ici, on peut noter effectivement certains soins graphiques apportés à l’univers, mais tout y est si outrancièrement « j’me la pète » que le film devient rapidement agaçant. Ce n’est pas tout d’affirmer crânement qu’on concocte un divertissement grand public qui se lâche, encore faut-il traiter avec un minimum de respect du sujet auquel on s’attaque (certes parler de respect de l’œuvre en ayant cité plus haut Van Helsing relève un peu… du foutage de gueule, oui, mais Sommers s’était attaqué à ce projet avec une réelle envie de faire un grand film d’aventure, et cela prenait un peu avec des personnages qui restaient un peu sobres dans ces circonstances (à l’exception de Dracula et de ses épouses, mais avoir un vampire hystrionique de ce calibre, c’est d’un comique quasi volontaire qu’on peut tolérer)). Ici, Hansel et Gretel ont des sales gadgets, et ils comptent bien arriver et imposer leur volonté à tous, vu qu’ils sont du bon côté. Ca commence direct avec du bon cassage de nez du shérif dès l’entrée en matière, parce que non content de rétablir la justice, si on peut un peu en humilier certains au passage… Et c’est cette attitude de beauf victorieux qui prédomine dans le film. Dès qu’une sorcière pointe le bout de son nez en plastique, le montage s’énerve et les gadgets marchent à plein régime, nous gratifiant de combats pour le coup amusants. Et quand la sorcière est enfin maîtrisée, nos héros friment un peu avant d’achever la bête en question. En fait, ils ressemblent beaucoup, dans ces petits instants, aux chasseurs de zombies de Romero, ceux qui s’amusent à faire des cartons sur les corps et à jouer avec les bouts de corps une fois éparpillés… Mais bon, les héros modernes sont comme ça. Enfin bon, un script pas très épais vient diriger tout ça, c’est surtout pour la hargne des sorcières que le film vaut à la limite le détour, le gentil gore de l’ensemble de la production venant épicer un tantinet le plaisir de la relecture bourrine. On passe évidemment sur toute morale, les sorcières, c’est juste pas bien, mais toutes ne sont pas méchantes. En l’état, le film recherche le jubilatoire, aussi l’action ne masque pas vraiment le côté un peu cheap du film (surtout pour le sabbat final, d’une laideur assez grossière), et les quelques tentatives d’épaisseur ennuient poliment car un peu vaines (la petite escapade entre Hansel et une sorcière blanche, qui vaut surtout pour la séquence de bain à poil dans le lagon du coin, pensée pour faire ricaner les mâles ayant une petite faim). Quelques idées plus ou moins exploitées (le mal de sucre d’Hansel), du gore partial (on ne montre pas les sorcières qui tuent un gosse, en revanche, de la décapitation de sorcière, on en bouffe à foison) et une direction approximative d’acteur (Famke Janssen commence vraiment à m’énerver), Hansel & Gretel chasseurs de sorcière est un divertissement finalement vulgaire, mais bon, on peut d’un certain côté y trouver son compte. On a toutefois fait mieux.

 

2/6


2013
de Tommy Wirkola
avec Jeremy Renner, Gemma Arterton

 

hansel-and-gretel-witch-hunters-gemma-arterton-jeremy-renne.jpg

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

borat8 30/08/2013 15:38

Allez savoir! En sachant que Ron Burgundy 2 sortira à noël aux USA... et l'été prochain chez nous! Mon Dieu...

2flicsamiami 30/08/2013 10:53

Un film qui ne me tente pas le moins du monde.

voracinephile 30/08/2013 14:18



Si on y va pour voir un bain de sang frappadingue sans cervelle, ça passe. Mais il faut se mettre en condition, autant dire que j'ai eu un peu de mal...



borat8 28/08/2013 17:05

Je me demande franchement qu'est-ce qu'un génie de l'humour comme Will Ferrell est venu se foutre dans machin pareil.

voracinephile 30/08/2013 05:08



Excellente question... Les temps sont durs, sans doute...



borat8 28/08/2013 16:17

Avec un pote on devait initialement voir Du plomb dans la tête mais comme le film ne passait plus, on s'était rabattu sur ça mais comme il y avait du monde à la caisse, alors on a été voir Die Hard
5. Enfin bon ,j'avais pas envie de voir ce film non plus.

voracinephile 28/08/2013 16:41



Je m'attendais à pire aussi. C'est outrancièrement débile et ça se la pète grave sans la moindre classe, mais une fois la bêtise de l'ensemble ingérée, on peut s'amuser du punch ridicule des
scènes d'action et de quelques idées marrantes. Mais sinon, c'est très mal écrit et assez mal joué. Et les sorcières sont d'une laideur niveau maquillages...



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