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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 07:32

http://img515.imageshack.us/img515/8896/harlequin0.jpg

 

Au pays des films fantastiques, il y a beaucoup de petites raretés, de films oubliés et honteusement ignorés par le public, qu’une redécouverte impose comme des œuvres de premiers choix. Prenons l’un d’eux, exhumé cette année par le festival des hallucinations collectives de Lyon : Harlequin (1980). Un petit film fantastique au pitch minimaliste, mais à l’efficacité déconcertante, car proposant une histoire touchante et indéniablement originale.

L’histoire : Le fils d’un ambassadeur est atteint d’un cancer impossible à guérir. A la fête d’un de ses derniers anniversaires apparaît un clown, qui arrive rapidement à faire disparaître la maladie de l’enfant. Suivant le souhait de leur enfant, les parents acceptent de garder l’inconnu dans leur demeure, en étant de plus en plus intrigué par le personnage.

 

http://2.bp.blogspot.com/-m7VCWdlWoL4/TZNZnNM9zQI/AAAAAAAADpY/fYFBDdxaXq8/s1600/harlequin.bmp


Ce qu’il y a de passionnant, c’est que ce film joue beaucoup sur les sous-entendus, sur l’ambigüité. Pendant la majeure partie du film, on ignore si on a affaire à du fantastique authentique ou à des tours de passe passe. Laisser le spectateur croire en ce dont il a envie, c’est le tour d’acrobatie auquel se livre le film, et il se révèle particulièrement efficace sur ce terrain. Notre personnage principal, Gregory Wolfe, est clairement un original, au comportement bizarre et étrangement désintéressé, le mobile de ses actions nous échappant constamment, et échappant aussi aux personnages de l’histoire. Ainsi, on sent rapidement des tensions dan la famille touchée par cet être fantastique, qui enchaîne les petits tours d’adresse pendant ses discours, et on assiste à une bipolarisation des parents. La mère, suivant au quotidien son fils avec Wolfe constate l’amélioration de son état et la joie de son enfant, et le père, homme politique d’importance, voit de plus en plus en ce dernier un opportuniste vivant au crochet des familles en échange d’un peu de bonheur. Le script du film, parfaitement conçu, fait des merveilles sur l’écran, nous faisant prendre des directions inattendues, jusqu’à un dernier acte malin et tendu, en s’essayant au suspense, l’ambigüité de Wolfe éclatant ici, achevant de façonner l’image christique qu’on avait du personnage, qui par ailleurs ne se rattache à aucune religion. Question acteurs, Robert Powell assume très bien son rôle de Wolfe, en utilisant un jeu tragique, faisant de son personnage un être souvent mélancolique qui devrait émouvoir nombre d’entre nous. David Hemmings et Carmen Duncan sont eux aussi parfaits en parents d’abord unis, mais s’éloignant l’un de l’autre sous l’influence de Wolfe. Tantôt flippant, tantôt magnifique, le personnage sera en tout cas se montrer marquant, et hisse ce petit film fantastique au niveau de productions bénéficiant d’un budget plus conséquent, mais qui ne font pas preuve d’une originalité aussi inspirée et bien canalisée. Un bel essai, et une pièce de taille pour le cinéma Australien.

 

5/6

 

de Simon Wincer
avec Robert Powell, David Hemmings

 

http://www.dvdpascher.net/screen/dvd/13/13998_big.jpg

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commentaires

Alice In Oliver 12/07/2011 17:15


bah perso, je suis l'étalon, sauf que je ne suis pas noir mais je partage une particularité physique avec le cheval, et rien à voir avec la crinière !
Désolé...


voracinephile 13/07/2011 08:34



Totalement débridé, ces temps ci...



Alice In Oliver 12/07/2011 15:50


je crois que tes exemples traduisent assez bien ce réalisateur: trop gentillet, mais ce harlequin reste un cru surprenant


voracinephile 12/07/2011 16:03



A noter un film intéressant : La légende de l'étalon noir, que je n'ai pas vu, mais dont le pitch me rappelle un autre film : L'étalon noir, un gentil film de mon enfance (mais un peu plus
attachant qu'un gros orque qui saute des jetées...)



Alice In Oliver 12/07/2011 11:51


un film très étrange qui repose bcp sur l'interprétation de son acteur principal, car Simon Wincer reste un cinéaste particulièrement inégal.


voracinephile 12/07/2011 14:48



Le film est donc étrange... Dois je en conclure que tu restes mitigé devant son cas ? Pour ma part, de Simon Wincer, j'ai vu DARYL, qui est très moyen car un peu trop appuyé sur le côté cool du
jeune prodige, et évidemment Sauvez Willy, qui reste tendrement gentillet. Sinon, pas vu autre chose de lui...



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