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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 14:01

http://www.imagesetmots.fr/images/haute_tension.jpg

 

Deux films ont relancé la production du genre horrorifique en France : Maléfique et Haute Tension. Ce dernier, tourné en 2003 pour une poignée de figues, se révèle être tout simplement le thriller français le plus efficace de l’histoire du pays. Pourtant, les ingrédients qu’il propose sont bien modestes : deux amies, une famille, une maison isolée, un tueur. Rien de plus banal, et pourtant, le récit parvient à tenir en haleine, sans qu’on desserre la mâchoire pendant près d’une heure vingt. A quel phénomène est dû ce petit miracle, qu’on n’attendait plus sous nos latitudes, et surtout pas venant d’un réalisateur « novice » comme Alexandre Aja (son premier film était Furya, pas vraiment de quoi fouetter un chat enragé malgré un ressenti des pays nord africains assez touchant).

L’histoire : Marie et Alex partent le temps d’un weekend réviser leur droit à la campagne. Mais un tueur sanglant qui sévit dans la région s’attaque bientôt à elles.

 

http://tormentedfilms.com/wp-content/uploads/high-tension-movie1.jpg


Concis, clair et précis. On sait à quoi s’attendre en regardant le film d’Aja, mais on ne s’attendait pas à avoir un rythme de malade dans l’enchaînement des faits. Présentation des personnages : 7 minutes. Il en faut une pour définir le tueur, qui acquiert une solide réputation en à peine quelques secondes. Pour la suite, les évènements s’enchainent dans une mécanique implacable, et un sens du suspense qui cloue littéralement au fauteuil. Une efficacité pareille ne s’est tout simplement JAMAIS vue dans un film de cette catégorie. La musique d’ambiance de François Eudes (qui offre ses services à nombre de petits films sympathiques) y est pour beaucoup (l’ambiance tendue est parfaitement retranscrite par des sons électroniques bien espacés et parfait pour retranscrire les situations. L’efficacité vient aussi de l’usage de la violence, aussi sèche que brutale. Pas question de se laisser surprendre par le tueur, ce dernier ne faisant jamais dans la dentelle. Chaque mise à mort sera ponctuée d’un effet gore bien sale, qui dramatisé par un contexte ultra énervé, impressionne et fait grimper le stress d’un cran. Aja s’arrange pour ne jamais laisser de temps morts dans son récit, en faisant constamment bouger ses différents personnages. Et quand il n’y a plus personne à équarrir, on délocalise l’intrigue à un simple véhicule (le camion du tueur) puis à une station service et une route de campagne (en rajoutant les dommages collatéraux que ces situations peuvent impliquer). Ne mollissant pas mais faisant tout pour retarder le face à face final, Aja prend un plaisir non dissimulé à métamorphoser Cécile de France en une tueuse bourrine, dont le cri de rage éclipsera bon nombre de ses concurrents en termes d’intensité. Jusqu’à cette étape le film fonctionnait du tonnerre du diable. Mais quelques défauts pointent dans cette mécanique semblant bien huilée, mais laissant transparaître quelques raccourcis gênants. En effet, l’ultime rebondissement du film, qui fait aussi toute sa spécificité, pose quelques problèmes de cohérences. Sans spoiler quoi que ce soit, on se demande après coup d’où peut venir le camion du tueur, ce dernier arrivant avec son conducteur pendant la nuit alors que nos héroïnes sont arrivées manifestement ensembles dans la même voiture. Un rebondissement osé, bancal, mais qui sur le coup fonctionne, nous cueille et relance l’action là où on ne l’attendait plus. Avec sa fin légèrement roublarde, mais aussi une efficacité sans pareille, Haute tension était tout simplement le plus bel espoir du cinéma français en matière d’horreur. Aja a depuis confirmé sa réputation en passant à l’internationale et en nous livrant le meilleur remake de la décennie 2000 (La colline a des yeux). Quant aux autres réalisateurs, ils tentent de rivaliser (captifs), souvent en pure perte (Frontière(s)), mais néanmoins conscients que la réussite est à portée. En attendant, meilleur thriller jamais fait en France, point barre.

 

5/6

 

2003
de Alexandre Aja
avec Cécile de France, Maïwenn

 

HAUTE-TENSION.jpg

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commentaires

Alice In Oliver 29/09/2011 16:59


et je rajouterai qu'il a aussi une petite réflexion.


voracinephile 30/09/2011 09:10



Petite alors !



Alice In Oliver 28/09/2011 17:18


certes, mais je continue à préférer la version de Joe Dante.


voracinephile 29/09/2011 16:50



Indispensable pour les amateurs de bisserie jouissive, en effet, même si les piranhas restent peu présents à l'écran (au moins, le film a un script et une fin digne de ce nom).



Alice In Oliver 27/09/2011 16:46


l'un des meilleurs films d'horreur français de ces 10 dernières années. Dommage qu'AJa n'ait pas vraiment confirmé depuis...


voracinephile 28/09/2011 16:02



Pour moi, il a confirmé avec La Colline... Maintenant, je veux voir ce qu'il vaut sur Cobra, qui le fera sortir un peu de la case "horreur". N'empêche que son Piranha était une bonne partie de
rigolade régressive. Sinon, Haute tension est un jalon dans le domaine du thriller hexagonal.



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