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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 13:16

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Au rayon des adaptations de comics durant les années 2000, les trois qui restent les plus appréciées du public restent les Batman de Nolan, les Spiderman de Raimi et les Xmen de Brian Singer. Cependant, il ne faudrait pas en oublier une quatrième, dépeinte en seulement deux films, certes, mais d’une générosité sans égal : Hellboy. Réalisée par l’indispensable Guillermo Del Toro, le démon rouge fait sa première apparition en 2004, dans un film de deux heures qui lui accorde une genèse conséquente, largement à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre pour un univers de cette envergure. Un succès modéré, mais qui fait suffisamment bonne impression pour qu’on autorise Guillermo à remettre le couvert en 2009 avec Hellboy 2, les légions d’or. L’univers s’enrichit d’un bestiaire complet, avec des elfes en voie d’extinction, des trolls vivant dans les sous-sols à la Men in black et une armée aussi meurtrière qu’indestructible. Ampleur visuelle, enjeux ambitieux et implication sentimentale plutôt poussée, le second opus tient toutes ses promesses, et se complait dans une surabondance de couleurs et d’ambiances là où le premier se révélait sombre et stressant. En bref, une saga aux opus radicalement différents, cohérent dans leur histoire et assurant un spectacle d’une qualité rare dans le domaine des block-busters.

 

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Hellboy : revu récemment, et je ne me rappelais pas qu’il était aussi bon. En effet, le surnaturel est omni présent dans Hellboy. Se créant sa propre mythologie avec des démons de différentes forces et de différentes tailles, le film a matière à impressionner, utilisant à fond ses créatures plutôt que de les faire apparaître de ci de là. D’autant qu’on sent une bonne inspiration lovecraftienne pour ces créatures tentaculaires (Samael, mais aussi les sept Dieux du chaos et le monstre final) et la libération de ces derniers. Car la genèse de Hellboy se trouve là. Avant de parler des autres personnages, on ne peut que se rendre compte que la trame suit la logique de Lovecraft, à savoir l’homme dépassé par un fantastique monstrueux, placé entre des forces qu’il ne comprend pas et qu’il doit servir sous peine d’être broyé. D’où le dilemme cornélien de fin de film que peu ont apprécié à sa juste valeur : suivre son destin (et sauver Liz) où aller à son encontre en suivant ses propres convictions. Les nazis présents dans le film ont déjà fait leur choix à ce sujet. Parlons d’ailleurs des méchants. Une nazie éternellement jeune séduite par le pouvoir de Gregory, un féru d’occulte qui se retrouvera investi par un Dieu belliqueux et doté de pouvoirs pratiques. Quant à Kroenen, l’assassin préféré d’Hitler, c’est clairement le personnage le plus bancal de tout le film, mais aussi le plus fascinant et le plus horrorifique (les maquillages qui lui sont octroyés sont gratinés). Un super solda adepte des armes blanches dont le corps est maintenu en vie car de la magie nécromante qui ne sera jamais totalement expliquée. Avec des combats bien balancés et un masque rappelant Dark Vador, les fans ont trouvé ici un méchant à la hauteur de leurs attentes. Du côté des gentils, Del Toro nous donne aussi une sympathique galerie à contempler, avec Hellboy bien sûr, bourrin de base qu’on suivra pendant tous ses combats, mais aussi Abraham Sapiens (l’intello du groupe) et Liz, une pyrokinesiste qui contrôle mal encore son pouvoir (elle pète régulièrement un câble et détruit les hôpitaux où elle est internée). Des personnages ultra atypiques, mal dans leur peau, dont on suivra l’évolution sentimentale tout au long du film (le trio amoureux entre Liz, John (un bleu humain qui lui permettrait de s’intégrer en société) et Hellboy (physiquement différent, mais original et ayant de la personnalité). Del Toro en profitera d’ailleurs pour poser les bases de la perception d’Hellboy en société au cours d’une unique scène dans le métro, où Hellboy cramponné à un métro se voit éjecté par le conducteur qu’il venait secourir. Scène comique sur le coup, mais qui veut bien dire ce qu’elle veut dire. Divertissant, plus profond qu’il n’en a l’air, Hellboy est donc le block buster généreux par excellence, respectueux du mythe (du moins c’est ce que j’imagine) et contenant les obsessions de Guillermo (les multiples séquences dans les égoûts). Avec un budget confortable et un casting à la hauteur, le spectacle vaut le détour, et se révèle d’une ampleur inattendue. Bonne surprise.


4.5/6

2004
de Guillermo del Toro
avec Ron Perlman, John Hurt

 

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Hellboy 2 : Avec le second opus, les ambitions de Guillermo ont été revues à la hausse : faire de la fantasy honnête, qui en mette plein les yeux. Gros boulot que de créer un univers magique cohérent derrière la société humaine que nous connaissons. Mais Guillermo a déjà fourni de bonnes bases à son mythe, et peut donc à ce stade tout se permettre (ce qu’il fera lors de la scène du « Géant vert »). Mais ce sont les nouveaux personnages qui attirent notre attention, principalement le peuple des elfes, dont le design plutôt chiadé les rend vraiment unique (leur mort étant aussi de beaux moments de poésie). Avec le prince Nuada, Del Toro se permet une gentille leçon d’écologie en nous rappelant combien l’homme à influencé l’écosystème terrestre. Motivation clichée, mais qui reste tout à fait cohérente avec l’univers magique qui est en train de s’éteindre devant nous (les couleurs chaudes font souvent écho à l’automne). Arsenal meurtrier et lien magique avec sa sœur complètent le personnage, qui nous gratifiera de très belles chorégraphies de combat. La princesse elfe vient créer la parenthèse sentimentale avec Abe, et son rôle conservera toujours une atmosphère tragique que son interprète parviendra toujours à nous faire ressentir. Un nouveau seulement dans le clan des gentils, le professeur Klauss, sorte d’entité gazeuse qui possède quelques talents qui seront bien mis à profit. Pour la toile de fond : la quête d’une couronne permettant le contrôle de la légion d’or, une armée invincible. Voilà un spectacle qui a le mérite d’être stimulant. Au niveau des enjeux sentimentaux, hormis la touchante histoire entre la princesse et notre homme poisson, on fera les nouvelles frustrations du couple Liz-Hellboy, ce dernier se comportant régulièrement avec une immaturité qui agace autant qu’elle fait plaisir. On suivra aussi le regard du public en face des actions de Hellboy, qui restera désespérément fondé sur les apparences. Un parti pris qui énerve un peu, nos héros étant visiblement animé de bonnes intentions, mais qui passe, la frustration de nos héros étant perceptible (notamment au cours de la scène phénoménale où Liz envisage de tuer la population qu’ils viennent juste de sauver). Plutôt tendu niveau sentimental (Hellboy meurt quand même pendant le film), ce nouvel opus se révèle donc très satisfaisant pour son public, le spectacle étant largement au rendez vous (magnifique visite du marché des trolls, combats jouissifs à souhait, rencontre avec la Mort…), et tenant pleinement ses promesses. Avec un humour plus présent que dans le premier opus, ainsi qu’une violence modeste qui ne gâche rien (et surtout pas l’esthétique du film, globalement assez cohérente car se basant sur des lieux abandonnés par les hommes), le spectacle est indéniablement au rendez-vous, proposant un univers vivant en parallèle avec les humains, Hellboy 2 part sur de nouvelles pistes et assure largement en termes d'actions. Le block buster original parfait pour continuer la saga. A quand le prochain ?

 

5/6

2008
de Guillermo del Toro
avec Ron Perlman, Selma Blair

 

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commentaires

Miss Terry Traine 14/12/2011 01:11

J'ai bien accroché à "HellBoy" et j'avais aussi beaucoup aimé "le labyrinthe de Pan"

voracinephile 15/12/2011 14:56



Deux très bonnes références de Del Toro en effet. Vivement son prochain gros budget, ce réalisateur parvient vraiment à faire des merveilles (j'en viens même à apprécier son Blade 2 qui est, en
l'état, assez pourri).



2flicsamiami 19/11/2011 20:06

Deux bons films dans l'ensemble. Peut-être pas le meilleur film du genre, mais l'humour et le look lui donne un certains cachet.

Le premier est sympa mais j'en garde pas un souvenir impérissable : le rythme est un peu poussif par moment et le méchant, dont tu loues les qualités (perso, je ne le trouve pas si exceptionnel et
terrifiant que cela).

Le second est plus grand public dans son traitement du personnage et du récit, beaucoup plus spectaculaire. Neanmoins, je te rejoins sur la relation avec Liz : les répliques sont drôles mais
finalement, ça ne progresse pas beaucoup. Malgré tout, comme toi, je le préfère au premier opus.

voracinephile 19/11/2011 23:01



Humour sympathique et des designs assez recherchés, je suis d'accord, ça marche pour toute la franchise. Après, pour le premier, le rythme ne fait pas vraiment dans le suspense, mais jamais le
temps mort ne prend le pas, et certaines scènes ont un potentiel dantesque assez impressionnant. Quant aux méchants, sans parler de terreur, son côté fétichiste poussé à l'extrême et sa
compétence en armes blanches en font un tueur pour le moins icônique (et assez glauque, une fois le masque tombé, mais le film ne se permettra jamais d'être vraiment méchant quand il agit).


Quant au second, plus grand public, mais aussi plus vaste, des personnages un peu plus développés et parfois vraiment drôles (entre Hellboy et Klauss, ça balance !). La relation entre Abe et la
princesse tient elle aussi une belle part du quotas sentimental du film. On ajoute à des effets spéciaux ambitieux et un score de Danny Elfman, et on obtient un spectacle enthousiasmant (dans la
salle de ciné, c'était vraiment quelque chose !).



alice in oliver 19/11/2011 17:55

le premier épisode reste sympa mais je préfère encore le 2ème, Del Toro se concentrant davantage sur ses personnages

voracinephile 19/11/2011 22:38



Assez amusant de voir qu'un démon de 60 ans se prépare à la paternité ^^. En effet, les personnages sont carrément plus attachants dans cette suite, et les nouveaux venus sont tous aussi
sympathiques. En tout cas, on est très loin des adaptations habituelles des comics, et c'est quelque chose de vraiment rare !



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