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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 15:47

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David Morley est un petit réalisateur français qui s’est fait gentiment connaître avec le bancal mais sous estimé Mutants. Commençant sa carrière dans le délicat secteur du film de genre (tout le monde sait qu’il faut commencer par une comédie, si possible sociale), le bonhomme a eu du mal à rebondir, et enchaîne donc avec un thriller nommé Home Sweet Home. Enfin, un thriller, un slasher pourrait-on dire, comme ce qui était prévu par sombrero films lorsque David avait voulu se lancer. Comme disait David dans une interview du documentaire « Viande d’origine française », « j’écris mes scénarios parce que je ne trouve personne d’autre pour le faire ». C’est effectivement l’absence de bons scénarios qui fait en partie la pauvreté de la production de genre française. Et bien le scénario d’Home Sweet Home est effectivement bien plus pauvre que ne l’était déjà Mutants.

L’histoire : un psychopathe s’introduit dans une maison, qu’il prépare pour la séquestration de ses propriétaires. C’est parti pour un récit sans concessions.

 

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Home sweet Home, c’est un peu Funny Games sans la volonté pédagogue de Haneke (c’est d’ailleurs ce qui faisait la valeur de ce film, en mettant les spectateurs face à la sécheresse  des ingrédients qu’ils apprécient). Ici, c’est donc un exercice de style sans d'autres enjeux que la survie, sans toutefois davantage que les nombreux autres concurrents, sans conclusion ni propos, bref un thriller violent. Mais hélas, il n’a pas grand-chose à proposer de plus que les clichés du genre, assénés sans grande virtuosité (Halloween pour le tueur, entre autres). Plutôt que de peaufiner un script en cherchant à dépasser le simple postulat de home invasion, Home Sweet Home s’y enferme complètement, se réduisant à un huis clos violent sans réelle particularité, mais qui soigne son style. L’objet apparaît comme un peu fauché (peu d’acteurs, peu d’effets impressionnants), et tente donc de créer une ambiance qui pourrait le faire émerger du lot des productions de genre. Et c’est un peu le cas pendant les dix premières minutes, où nous sommes en compagnie du tueur qui prépare son terrain de jeu, sa tenue et ses outils, puis ce postulat s’évanouit dès l’arrivée des victimes. Le masque du boogeyman de service a beau taper dans le dérangeant (The hills run red, Motel…), la tension ne reste que très modérée dans cette trame où les dialogues sont réduits au minimum (il semble que les ambitions du tueur se réduisent à vouloir s’amuser un max) et où l’intrigue ne semble rythmée que par les sévices qu’inflige notre psychopathe à la paisible famille qu’il a piégé. Home Sweet Home illustre parfaitement l’idée que de bonnes intentions (on tape clairement dans la catégorie de Haute tension, Motel et The Strangers) n’impliquent pas toujours un résultat à la hauteur. Et ici, il est difficile de dire où cela coince, car le film contient un peu de gore, une ambiance froide, une technique plutôt au point et un montage efficace (de grands efforts depuis Mutants où on ne voyait parfois pas grand chose)… Peut être que c’est le script finalement qui se révèle peu être le plus faible élément du projet, ne parvenant jamais à transcender les éléments qu’il manipule. Enfermé dans une formule sans surprise où la prolongation des hostilités semble être la priorité numéro 1, le spectateur peine à se sentir immergé, et comme les enjeux ne sorte pas du lot quotidien et qu’on ne s’intéresse ni aux victimes, ni au psychopathe (le silence n’aide pas), le film s’enchaîne sans qu’on y prenne un réel plaisir, sadique ou simplement cinéphile. S’achevant dans un climax de violence un peu plus démonstratif que précédemment (on voit un peu de gore), on sort du récit avec une formule toute faite sans de réelle virtuosité, malgré la belle facture technique de l’ensemble. Autant Mother’s day était violent, mais se révélait stimulant de par l’ensemble des raisons qui animaient les victimes à suivre des chemins différents, autant ici, on ne sort jamais des chemins balisés, et les prétextes sont encore plus minces qu’à l’accoutumé. Une déception malgré les qualités formelles de l’ensemble du film. David, trouve toi un scénariste vite fait.

 

2/6

 

2013

de David Morley

avec Meghan Heffern, Adam MacDonald, Shaun Benson

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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