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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 11:27

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Nouveau segment dans la carrière productive de Bruno Mattéi, la cannibalsploitation. Il s’agit d’exploiter à fond les peuples cannibales (qui nécessitent un faible budget pour être mis en scènes) et qui nous offrent le gore et les plans nichons indispensables à tout divertissement qui se respecte. Pillant sans vergogne l’œuvre prolifique Cannibal Holocaust, Bruno décide de nous refaire l’œuvre de Deodatto en y allant franco, et sans prendre la moindre distance avec le matériau dont il traite. Voltigeant sans filet, notre Bruno s’en tire encore une fois avec les honneurs en nous offrant un nouveau bijou dans sa filmographie : Land of Death (aka Horror cannibale 1). Toutefois, le matériau présentant encore de la matière sur ses maigres os (toutes les scènes de Cannibal Holocaust n’ayant pas été exploitées dans le 1), une suite verra le jour, s’attardant désormais sur le parcours de nos journalistes en mal de sensations fortes. Deux perles qu’il serait dommage de rater au vu des ambitions du bonhomme.

 

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Non, ce n'est pas une scène de Predator.

 

Horror Cannibal 1 : Un petit chef d’œuvre du nanar, qui rentre largement dans le top 10 de la compet du meilleur nanar jamais réalisé. En effet, il n’est pas une seule scène de ce film qui n’ait pas été déjà tourné en différent, dans un autre film qui a marché. Quand Horror Cannibal ne refait pas Cannibal Holocaust, c’est qu’il est occupé à refaire Aliens de Cameron ou qu’il refait Predator avec des Cannibales à la place. Horror Cannibale est une sorte de version tarée de Cannibal Holocaust, un objet mongoloïde immonde, prenant totalement à contre-pied les messages de son modèle en grossissant les clichés à l’extrême, en faisant des raccourcis si maladroit qu’ils nous arrachent des éclats de rires, et en se révélant tout simplement si mauvais qu’il en devient immédiatement culte. Quand un personnage déclare « Saleté de sauvage », Bruno a l’air de le penser vraiment, montrant les tribues sauvages comme des primitifs dénués de la moindre notion de civilisation, qui gesticulent en criant des ouhga Bouga parce que le cliché fait folklorique et que les touristes leurs jettent des cacahouètes quand ils font ça. Plus grave encore, Mattéi relance la question de la violence sur les animaux en tuant un marcassin en direct. Seulement, si Cannibal Holocaust faisait de même, mais en tuant rapidement les bêtes et par soucis de réalisme, Bruno nous montre un porc qu’on poignarde à plusieurs reprises, sans beaucoup d’intérêt autre que de faire souffrir la bête. Et pourtant, tout le monde a l’air de s’en foutre (à moins qu’il ne s’agisse d’un trucage, auquel cas cet effet réaliste est très réussi). Ici, nos héros sont des militaires attardés échappés d’Aliens et de Predator, qui nous balancent leur texte en criant fort pour avoir l’air impressionnant. On ne saurait remercier assez les doubleurs qui nous gratifient comme d’habitude de dialogues made in Mattéi, donc avec un sens démesuré de la connerie verbale. Entre un caporal noir qui zézaie comme un diable et un guide qui nous gratifie d’un « je sais pas pourquoi, mais ta gueule me donne envie de vomir ! », le spectacle offre largement son quotas d’imbécilité. Puis nos soldats abattent des sauvages sans le moindre soucis moral, l’histoire se construit au fur et à mesure du film (si vous n’avez pas vu Cannibal Holocaust, vous ne comprendrez probablement pas grand-chose, Horror cannibal jouant beaucoup sur l’implicite à ce niveau là (quand il nous donne le nom des tribus (qui changent à chaque nouveau dialogue), il ne précise pas si elles sont cannibales ou non, il faut se rappeler de l’histoire de cannibal holocaust pour trancher…). Enfin, le message sur les sauvages est clair : ce sont des primitifs prompt à vous liquider si vous venez leur chercher des poux, et les soldats ils sont méchants. A ce titre, on notera l’interprétation tout en finesse de Vasquez II, la femme d’action du film qui passe son temps à dire qu’elle veut buter les sauvages, avant de se suicider en tapant deux grenades ensemble, et du blanc chauve qui pète un câble, nous gratifiant d’un des monologues dramatiques les plus lamentables que j’ai pu voir de ma vie. Très sincèrement, cet Horror Cannibal 1 est un vrai plaisir, un bras d’honneur intégral au bon goût et une œuvre de destruction massive pour le cinéma, capable de saper tous les block buster violés par l’objet en question. Ne pas le voir à moins d’être prêt à remettre en question les valeurs du cinéma pré-citées. Sinon, un vrai bonheur.

 

0/6 mais un mérité 18/20 nanar

 

2003
de Bruno Mattei
avec Randall Lou, Morales Claudio

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Silence, je réfléchis...

 

Horror Cannibal 2 : titré aussi Cannibal World. Bruno s’est rendu compte qu’il n’avait pas du tout attaqué les journalistes dans son premier Horror Cannibal (en fait, il s’agissait d’hommes blancs qui venaient taper sur des phillipins qui après redevenaient méchants), et qu’il n’avait pas refait certaines scènes, comme l’éventrage de femme enceinte, l’empalement de la femme violée ou le carnage final devant les caméras. Du coup, il met sur pied cette suite. Les dix premières minutes sont un régal. On assiste à l’éventrage de femme enceinte bien gore devant des blancs véritablement sexuellement excités par la violence qu’ils voient. Sourires grimaçants, regards fixés sur les intestins purulents, haussements de sourcils lourdement appuyés, la dénonciation des médias est telle qu’on est tout simplement mort de rire, tant la naïveté proprement caricaturale de la dénonciation tendrait à nous faire prendre la défense de ces derniers. Puis on a le portrait d’une reporter, à se pisser dessus quand on voit son caractère opportuniste et uniquement désireux de faire du fric en satisfaisant le public. Après, on se fait chier sévère pendant une heure, le temps que nos reporters trouvent enfin la trace des cannibales. Mais là, c’est du beau boulot. Nos reporters arrivent en traitant tous les phillipins de primitifs tarés, puis ils se mettent à leur taper dessus devant les caméras, et à foutre le feu à leur case en palmier pendant que ces derniers crient sans bouger au milieu des flammes. Ils grillent et se font tuer sans tenter quoi que ce soit, et les investisseurs du reportage se frottent les mains devant ces images, se voyant déjà faire des montagnes de fric avec. Les dialogues au sujet de la moralité des programmes sont proprement hallucinants de manichéisme, faisant des journalistes des criminels en puissance prêts à massacrer n’importe quoi pour faire de l’audimat. On en revient au débat sur les animaux avec l’égorgement en direct d’un iguane et son dépeçage devant la caméra (où la journaliste nous souhaite bon appétit), scène surréaliste tant la souffrance de la bête semble être ignorée. Enfin, on a droit à un carnage dans les règles, avec une caméra qui filme en grand angle du gore poisseux et gratuit. Puis là, Mattéi a une sorte d’idée visionnaire, et il nous parle alors d’images retouchés numériquement, puis de cannibales dans l’aire numérique. Et là, le film s’arrête, sans qu’on ait vraiment été relancé. Si ce film est beaucoup moins drôle que son prédécesseur, il garde quand même de belles séquences de connerie nawak qui valent toutes les parodies du monde. Une suite à la hauteur de son prédécesseur, mais qui peine quand même à nous passionner sur une heure trente.

 

0/6 mais un mérité 16/20 nanar.

 


2003
de Bruno Mattei
avec Claudio Morales, Cindy Matic

 

http://www.nanarland.com/Chroniques/cannibalworld/tt-38.jpg

Au secours, sortez nous de ce film !

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Published by voracinephile - dans Nanar (modeste)
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commentaires

Zogarok 27/03/2012 14:54

Oula... décidément il va falloir que je me mette à Mattéi...

voracinephile 27/03/2012 21:09



Ah clairement, il tient une place de choix dans l'opinion des cinéphiles aux goûts variables. Une vraie référence pour moi dans le domaine du nanar, il te permettra de découvrir tes limites dans
le genre.



alice in oliver 26/03/2012 00:39

en vérité, la suite pourrait s'apparenter à une séquelle du premier, Bruno Mattei nous refourguant peu ou prou les mêmes séquences, comme celle de l'amputation.

voracinephile 27/03/2012 21:07



Une séquelle qui recycle pratiquement tous les acteurs du premier opus, y compris cux qui étaient décédés. Il devient très drôle de rechercher les mêmes acteurs, on a vite fait de les repérer,
les zombies. Mattéi, tu réussis à nous foutre des zombis d'un film à l'autre !



alice in oliver 25/03/2012 18:13

du très lourd avec un Bruno Mattei en très grande forme. Je trouve la note nanarde du 2ème un peu sévère. Ca reste vraiment du très lourd !

voracinephile 25/03/2012 23:33



Je me suis un poil ennuyé sur le second, mais il est clair qu'il tient un certain niveau. Quand même, oser tenter de faire de la subversion d'une manière aussi primaire... On en rit encore, et on
se demande comment la chaîne va pouvoir faire du fric avec les rushs envoyés par l'équipe de tournage.



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