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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 09:55

http://lovingmovies.free.fr/pochettes/h/hugo-cabret-film.jpg

 

Hugo Cabret a fait gentiment parlé de lui lors de sa sortie. Portée aux nues par Mad mais chambré par Télérama, le film a séduit la critique et le public qui s'est déplacé pour le voir (au final 1,1 millions d'entrées). Un petit score pour un film conte grand public, pas vraiment étonnant vu que le sujet du film n’est pas immédiatement identifiable et qu’on n’a pas l’air d’y rire (alors que des écureuils qui sniffent de l’hélium, c’est tellement plus mimi !). Les intentions du film sont honnêtes : partager un amour du cinéma. Un orgueil qui devrait parler aux français (on y parle des frères Lumière, de Méliès…), mais bon, le cinéma, c’est Bay/Emmerich maintenant.

L’histoire : Hugo Cabret, fils d’un horloger, voit son père mourir dans un incendie. Il est recueilli par son grand père, un alcoolique invétéré qui travaille à la gare en remontant les horloges, et possède pour seul bien un automate cassé qu’il s’évertue à réparer.

 

http://media.paperblog.fr/i/514/5148312/cinema-cette-semaine-hugo-cabret-L-zdQ9sI.jpeg

 

Hugo Cabret est un film pour enfants à l’ancienne et ça se sent tout de suite. L’ouverture très esthétique de la gare fait immédiatement place au monde d’Hugo Cabret, composé de rouages et de fumées. Vivant dans le système de chauffage/aération de la gare Montparnasse complètement fantasmé, le petit Hugo nous emmène avec lui dans une structure de rouages, d’échelles, de galeries enfumées… Une vraie usine à la Burton qui ferait immédiatement fantasmer n’importe quel fan d’univers underground (sans le grain d’image contrasté). C’est aussi une manière d’attirer notre attention sur l’envers du décor, car si personne ne remarque Hugo (qui se nourrit en volant les commerces de la gare), c’est qu’il remonte continuellement les horloges sans que personne n’y prête attention. Mais le quotidien d’Hugo va changer, un jour où il tente de voler un jouet dans une boutique. Le marchand lui confisque un carnet de dessin hérité de feu son père, sur lequel apparaît une curieuse série de dessins qui s’animent quand on les bouge. Un premier indice qui va peu à peu nous emmener sur la direction du cinéma, et plus particulièrement sur le cinéma de Georges Méliès, inventeur de la plupart des effets spéciaux. Avec ce film, en plus de rendre hommage aux grands noms du cinéma, Scorcese veut redorer le blason de l’Art qui l’a hissé comme maître du genre en vantant sa capacité à faire rêver le monde. Un beau message qui n’a pas vraiment rencontré l’écho attendu (mais au combien mieux maîtrisé que dans le médiocre cinéman). Moi-même, malgré l’évident tribut qu’il faut rendre aux pères de cet art, j’ai été moyennement emballé par le tout, certes maîtrisé et flatteur pour les yeux, mais sans surprises pour un cinéphile un temps soit peu documenté sur le sujet. Toutefois, la version de Méliès donnée ici par le film est attachante, le film le montrant comme un visionnaire rêveur voulant faire rêver le monde avec lui, mais finalement dépassé par les guerres, abandonnant le rêve pour une réalité plus terre à terre. Le message est là, il est taillé pour donner une petite leçon aux enfants en leur apprenant à apprécier le cinéma (sans trop le caricaturer : les portraits des différents personnages, bien que très clichés, sont suffisamment « habités » par les acteurs pour qu’on s’intéresse à eux (Sacha Baron Cohen amusant en ancien combattant amoureux de la fleuriste, amusant couple de vieux, sympathique fille de « tonton Georges »…), et espérant faire renaître le goût pour le vieux cinéma chez l'adulte. Bref, si le jeu d’Hugo n’est pas toujours à la hauteur (autant il arrive parfois à pleurer de façon convaincante, autant il feint outrancièrement la tristesse par moment (sa rage fait peine à voir)), il traverse assez bien le film, parvenant parfois à émouvoir et nourrissant un amour de l’horlogerie assez atypique pour le rendre attachant. L’automate crée le mystère, il semble être un lien entre l’homme (il a forme humaine) et la machine (son mystérieux mécanisme), mais il n’est qu’un prétexte, il délivrera un grand indice qui déclenchera la quête cinématographique du film. Si le climat merveilleux est là et que l’hommage au cinéma, accessible au grand public, est fait, Hugo Cabret est un film pour enfant honnête, mais pas transcendant. C’est un spectacle à recommander parce qu’il encourage la culture cinéphile et qu’il possède des personnages sincères, mais il n’y a pas de chef d’œuvre qui tienne. C’est une œuvre aboutie, mais gentillette.

 

 

4,3/6


2011
de Martin Scorsese
avec Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen

 

http://s.tf1.fr/mmdia/i/63/5/hugo-cabret-de-martin-scorsese-10580635oatuw.jpg?v=1

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commentaires

Vince12 07/11/2012 18:04

Lol apport culturel que quand je mettais le film en lien. Mais si ça t'interesse ce DVD se trouve assez facilement pour pas trop cher.

voracinephile 07/11/2012 20:13



Je vais me renseigner à son sujet...



borat8 07/11/2012 16:34

Une partie a dû être un peu numérisé mais le crash est réellement fait à base de maquette. Le tournage est montré sur le BR.

Vince12 07/11/2012 10:31

Oui j'ai ce DVD d'ailleurs j'avais chroniqué plusieurs films du réal sur naveton.

voracinephile 07/11/2012 15:55



Oui, j'avais lu ces chroniques ! Je ne sais pas si je t'avais remercié alors pour cet apport culturel.



borat8 06/11/2012 22:38

Et puis la scène du train qui se crashe est redoutablement bien faite. Quand tu penses que c'est uniquement une maquette...

voracinephile 07/11/2012 15:52



Ah, c'est une maquette, le coup du train ? En effet, j'ai un regain d'intérêt pour la séquence, je pensais vraiment à du numérique...



borat8 06/11/2012 19:31

Mais je l'ai dit pour Hugo ou tout du moins son interprète. Je trouve qu'il chouine beaucoup trop. Pour le rêve, je trouve au contraire que cela montre bien son angoisse de solitude.

voracinephile 06/11/2012 21:40



Un détail qui n'apporte pas grand chose, mais qui donne lieu à une jolie séquence de double rêve...



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