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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 19:25

http://wattsatthemovies.files.wordpress.com/2012/06/hunger-poster.jpg

 

Premier film du réalisateur Steve McQueen, Hunger illustre la captivité des prisonniers politiques irlandais de l’IRA, détenus pour leurs implications politiques dans une prison britannique. L’occasion d’illustrer une lutte passive dans un système judiciaire oppressif qui leur refuse un statut particulier. L’occasion pour Steve de faire éclater son savoir-faire technique et aux différents acteurs du casting de faire éclater leur talent (Fassbender, tu es làààà !).

L’histoire : En plein règne de la dame de fer Tatcher, les prisonniers politiques de l’IRA entament une grève de l’hygiène afin d’accéder à un statut différent de celui des criminels.

 

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Comme tout bon drame sur la détention, Hunger joue sur le sentiment d’injustice vis-à-vis des prisonniers irlandais, mettant essentiellement en relief le fait qu’ils sont incarcérés pour leur sympathie envers l’IRA. Une sorte d’Au nom du père en quelque sorte, sans le drame de voir sa famille plonger avec soit. En revanche, les conditions de détention sont infiniment plus rude ici, essentiellement au niveau physique. La grève d’hygiène étant particulièrement zélée (les prisonniers badigeonnent les murs avec leurs excréments), les gardiens sont particulièrement brutaux. A chaque explosion de violence, Steve McQueen expérimente de nouveaux procédés, soigne sa mise en scène, il fait tout pour provoquer l’indignation du spectateur assistant impuissant au tabassage des prisonniers, toujours isolés et sans moyen de se défendre. Bronson rendait les coups dans le film de Refn, ici, tout le monde subit. L’occasion aussi de filmer le quotidien des gardiens (et d’un plus particulièrement), qui vivent dans la peur de représailles de l’IRA, soudaines et violentes. On remarquera que le film fait volontiers recours au plan séquence, notamment pour l’impressionnant tabassage de masse distribué par une cohorte complète de brigade anti-émeute, ou pour la confrontation de caractères entre le prisonnier joué par Michael Fassbender ( <3 ) et un prêtre catholique plutôt bon-vivant (qu’il est agréable de voir des caractères bien trempés dans ce genre, plutôt que des maigrelets se faisant conseillers sur tous les sujets !). 15 minutes de dialogues ininterrompus en un plan fixe, joué avec un naturel confondant qui impose immédiatement le respect. Les prisonniers de l’IRA en ont une bonne paire et compte continuer leur lutte jusqu’à l’acceptation de leurs revendications, alors que le prêtre tente de les convaincre de négocier. Un gigantesque monologue plus loin, le sujet est clos, tout a été dit, le moral est regonflé à bloc, et la finale grève de la fin commence. Monstrueuse représentation de cette dernière et de toutes les dégradations physiques qu’elle engendre (vous pouvez oublier les plaies de lit de Million dollars baby), cette dernière lutte est incontestablement la plus dure, parfait dénouement pour un drame pareil. Si la portée historique et les enjeux à l’extérieur de la prison sont ignorés (ou presque, les séquences de parloirs viennent rappeler le monde de l’extérieur), la lutte est là, entière, sans fard, clairement exposée au spectateur qui est lui aussi amené à prendre parti. Un début couillu pour ce réalisateur qui persévérera par la suite dans la qualité avec le déjà chroniqué Shame.

 

4.7/6


2008
de Steve McQueen
avec Michael Fassbender, Stuart Graham

 

http://files.list.co.uk/images/2008/10/30/hunger736.jpg

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commentaires

princécranoir 21/11/2012 16:31

Accès direct par ce raccourci :
http://princecranoir.mabulle.com/index.php/2009/01/06/171342-ma-revue-de-cinema-n96

voracinephile 21/11/2012 22:31



Merci ! J'irai lire ça sous peu !


J'ai lu, et c'est d'un autre niveau en effet ! Je trouverai le temps de commenter ton article bientôt !



princécranoir 21/11/2012 08:41

Retour brutal au "bon vieux temps" du thatcherisme pur et surtout dur. Le corps comme champ de bataille politique : c'est la tâche singulière entreprise par McQueen dans ce film mémorable. J'en
retiens toutes les qualités que tu as énoncées et bien d'autres encore. Grand film.

voracinephile 21/11/2012 13:18



Bien d'autres encore ? Je vais chercher un peu sur ton blog si tu l'as déjà chroniqué. Je n'ai peut être pas assez insisté sur l'excellente facture technique, irréprochable !



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