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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 11:47

http://static1.purepeople.com/articles/0/93/90/0/@/769655-une-des-affiches-du-film-hunger-games-637x0-2.jpg

 

Le survival en milieu étudiant, ce n’est pas quelque chose de nouveau. Battle Royale doit être le plus connu, le plus bourrin aussi, s’aventurant souvent dans le gore et développant la personnalité des différents élèves avec un réel talent. Aussi, il peut paraître un peu opportuniste de voir le genre revenir aujourd’hui à la charge avec Hunger Games, un survival adolescent sur fond d’Etats Units post-apocalyptique, mais en reconstruit et il y a longtemps. Un cocktail étrange, qui semble déjà avoir porté ses fruits dans la littérature (la critique entourant les livres étant assez bonne), mais qui se révèle déstabilisant une fois mis en images.

L’histoire : Après une guerre nucléaire, les Etats Units se sont reconstruits, et vivent répartis dans 12 comtés, qui se sont rebellés à un moment contre la nation de Panem, dominante. Une fois cette rébellion matée, la capitale de Panem impose aux autres de verser un tribut d’un garçon et d’une fille adolescents, pour participer à un combat à mort télé-diffusé. Notre héroïne Katniss, au cours de la sélection, décide de prendre la place de sa sœur.

 

http://thepinkandblack.files.wordpress.com/2012/03/the-hunger-games-movie.jpg

Cette femme est laide. Non, ne discutez pas, elle est laide et c'est comme ça ! L'héroïne est belle, mais pas elle.

 

Sans y être allé en traînant les pieds, j’admets que j’étais dubitatif, surtout après avoir revu la veille l’énorme Battle Royale, toujours aussi puissant dans son optique de confrontation des générations. Ici, il n’est pas du tout question des mêmes objectifs. Le tribut de chair adolescente est ici un symbole de soumission des différents districts, qui célèbrent leur perte par un geste sacrificiel, ici totalement inutile puisque nos adolescents sont sensés être sacrifiés dans la semaine qui suit leur sélection. Mais le jeu télévisuel, bien que très artificiel (les populations pauvres (ils peinent à trouver à manger) regardent le jeu sur des écrans géants...) semble être au cœur du film, qui articule alors beaucoup de thématiques autour de ce concept jouissif (les combats à mort, c’est la compétition ultime). Et c’est là que le film peut réussir à surprendre. En effet, l’esthétique toc et clinquante du film est héritée directement des navets clippesques que j’adore détester, type Sharpay’s fabulous adventure ou 17 ans encore. Bref, on est en mode « on se la pète », mais là où les films précédemment cités se heurtaient à l’écueil de notre mépris, Hunger games parvient à trouver des connections qui rendent l’univers cohérent. Dans sa recherche monstrueuse de style (l’univers de mode est cohérent, rappelant presque Orange mécanique pour le décalage), le film rend sa société utopique toc, qui sonne faux, ce qui s’accorde à la fois sur le thème de l’esthétique (tout n’est qu’apparence) et sur ses fondements du jeu Hunger Games, comparable à une sorte d’écurie télévisuelle pour jeunes stars. On a l’impression d’être spectateur une émission de télé-réalité teen, un enjeu plutôt inattendu (quoique pas forcément attirant pour tous les publics) et pas mal géré, notamment dans le recours constant à l’avis des sponsors. Le choix de l’univers visuel est bancal, mais il finit par payer, à défaut d’être développé (il n’existe que visuellement), notamment parce qu’il enlaidit les protagonistes (qui se la pète grave pendant leurs shows, à l’exception de l’héroïne, au moins au début) et que son ambiance est en énorme décalage avec le jeu en question. Sinon, ce style a également ses fautes de goûts bien baveuses, notamment en la personne de la mentor de l’équipe du district 12. Une femme toujours fardée qui s’habille à la mode de sa ville, et qui chose rare, arrive parfois à trouver un certain équilibre dans son style vestimentaire. Cette femme doit être montré comme une sorte de Dolores Ombrage dans le film, et par conséquent, le film la tourne toujours en dérision, avec parfois un total manque d’objectivité. Notre héroïne se pavane dans une robe qui fait des flammes quand elle tourne, du coup sa robe est belle, mais celle de la recruteuse, non (alors qu’elle est exactement du même accabit, voire peut-être plus sobre). La complaisance finit par agacer, à moins que le public ne se focalise que sur ce qu’il voit et considère définitivement la recruteuse comme une sorte de bourreau alors qu’elle n’est qu’un produit à peine plus bavard qu’un autre habitant de la capitale riche. Le film est également énervant pour son recours régulier au Deus Ex Machina. Dès qu’un de ses deux héros (un gars et une fille) se retrouve coincé, il se passe un évènement qui le sort de ce mauvais pas sans trop de dégâts. Notre héroïne se retrouve bloquée dans un arbre par une bande de jeunes vicieux ? Il y a un nid de guêpes dedans, et du coup elle va pouvoir leur lancer dessus (mais elle se fait piquer un petit peu…), notre héroïne a le couteau sous la gorge ? Un gentil ado vient la sauver parce que l’autre tueuse a tué précédemment sa copine, et du coup il vient se venger. Enfin, la fin n’est qu’un énorme Deus Ex Machina, une belle fumisterie qui annihile toute la profondeur dramatique par sa timidité décidément très teen, qui veut un happy end (et j’imagine que le bouquin était de ce bord là lui aussi). Nos têtes d’affiches souffrent un peu, mais en ce qui concerne les autres participants, on aura droit à un petit massacre très mal filmé pour en diminuer l’impact graphique. Peu auront la chance d’avoir un développement de personnalité, ce qui est apparemment le défaut du film selon les lecteurs (à part le district 12, aucun ne bénéficie d’une parenthèse culturelle conséquente). Enfin, niveau sentiment, c’est le lot quotidien des productions adolescentes, un gars, une fille, ils finissent par tomber amoureux, ce sont des amants tragiques. Enfin, mon dernier regret est l’arène de combat. En effet, il s’agit d’une zone de combat assez étendue, que les organisateurs manipulent à volonté en y insérant des éléments par ordinateur. Le concept est jouissif, mais le tout est très mal exploité. D’ailleurs, on ne saura jamais si ce que nous voyons sont des trucages numériques ultra réalistes ou si nos organisateurs créent vraiment des formes de vie sous nos yeux (auquel cas, ils sont complètement abrutis pour utiliser pareille technologie d’une façon si inutile). Et cet aspect est finalement assez mal exploité, pimentant à peine le jeu de quelques séquences à peine spectaculaires. Au final, Hunger games se regarde (pour un film d’adolescent), mais il est loin de transcender son script, les scènes de combat n’ayant rien de jouissif (quand elles ne sont pas mal filmées, elles sont cadrées trop près) et nos personnalités adolescentes restant passe-partout. Cependant, quelques idées sur les techniques pour plaire aux sponsors et de gentils sentiments sauvent le film de la médiocrité, faisant dès lors un film convenable pour le public adolescent, même si il reste un peu plus aseptisé que d’autres (sur le domaine de la télé réalité, on pourra notamment citer Live ! qui demeure encore pour moi la référence cynique de l’univers télévisuel). En bref, le film ne déçoit pas trop (malgré ses fautes de goût agaçantes), mais inutile d’aller le voir en salle, ça coûte un peut trop cher.

 

2.5/6

 

2012
de Gary Ross
avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson

 

http://img.filmsactu.net/datas/films/h/u/hunger-games/xl/hunger-games-photo-4f63540f2e9b0.jpg

Paillettes et froufrous... L'esthétique toc et choc du film réussit à tirer son épingle du jeu, malgré ses fautes de goûts...

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

Yuffie (Avel) 11/04/2012 20:46

Hmmm.... Je ne sais pas trop si je vais le voir ou pas. Je pense que oui car je suis bien curieuse de voir ce que ça peut donner. Mais je suis une fan du film Battle Royale donc j'ai peur de ne pas
apprécier ce film à sa "juste valeur".

voracinephile 15/04/2012 17:13



Battle Royale supplante les doigts dans le nez ce film anesthésié pour adolescents. C'est d'ailleurs dommage, car le contexte politique de la première partie avait suffisamment de matière pour
faire réfléchir. Mais la partie survival est complètement foirée, à oublier si c'est ce que tu attends de ce film.



2flicsamiami 30/03/2012 14:05

Effectivement, parait que c'est mieux que les teens habituels sans pour autant être une révélation. Mais ce film ne m'intérèsse pas trop, à cause de sa durée qui me parait exagéré (enfin, dans ta
critique, je ne t'ai pas vu la fustiger) et du coté teen, un genre qui m’indiffèrent totalement.

voracinephile 31/03/2012 21:34



Oh, c'est loin d'être transcendant quand même. Mais comme je m'attendais à un film teen, le fait de le voir tenter de faire du sérieux et de critiquer le monde de la télé-réalité dans un remier
film, la subversion (certes bien-pensante) est suffisamment rare pour qu'on la souligne. Après, le style coloré très Hype du film doit être pour beaucoup dans sa réussite, car je l'ai trouvé
assez aguicheur. %Mais pour ce qui est du survival, le film a bien du mal à se mettre au niveau. Si ça t'indiffères, je le comprends tout à fait (j'ai toujours un certain remords d'avoir payé le
prix fort pour le voir), mais comme on a là le commencement d'une saga pouvant remplacer Harry Potter, il faudra bien se faire son idée tôt ou tard ^^...



Zogarok 28/03/2012 13:09

Bon... Je vais quand même lâchement essayer de le voir sans payer, parce que ça m'a l'air d'être un film qui va être important cette année... Sinon, même moi je la trouve immonde, la choucroutée de
l'affiche, c'est dire...
La comparaison disqualifie d'entrée le film aussi (pour le côté bourrin -tu ne l'emploie pas de façon négative-, je suis mitigé - c'est vrai en un sens ; on aura l'occasion d'y revenir)... Pour les
survivals en milieu étudiant, peut-être y a-t-il d'autres connexions possibles avec les slashers ou giallo italiens (dans la mouvance de "Suspiria", comme l'excellent "Bloody Bird"). Mais là
encore, je doute que ce soit le même ton, quoique le kitsch et l'overdose chromatique que j'aperçois ici me rappelle mécaniquement ces références.

voracinephile 29/03/2012 12:11



Oui, essaye de le voir, mais pas pour un tarif étudiant normal. On tient là un film important, vu que ses trois suites sont déjà annoncées sur Allociné (pas encore tournées qu'elles sont déjà
prévues... Quant à Effie, elle est finalement à l'image de la société de la capitale, qui mise tout sur la sophistication de la superficialité (c'est ce qui permet aux designs j'me la pète d'être
payants). Mais après, le film est vendu comme un survival, alors qu'il s'agit d'une émission de télé-réalité pour adolescents. Donc il est normal que BR reste la référence ultime.Quant aux
slashers et aux giallos, je n'ai jamais pensé à faire le rapprochement. Je vois où tu veux en venir, mais l'esthétique toc et choc que j'aime à décrire est développée surtout pendant la première
moitié du film, où nos gamins sont sélectionnés et entraînés pour les hunger games. Une fois en forêt, tout ça disparaît, il n'y a plus que des ados en tenues de campeurs qui se poursuivent avec
des armes plus ou moins impressionnantes (mais pas de gore, tout public oblige). A aucun moment, la violence et l'esthétique clinquante ne s'entrechoquent. Hâte d'avoir tes impressions sur ce
produit intéressant (mais très surestimé au niveau des critiques).



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