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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 19:28

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INTERDIT AUX MOINS DE 18 ANS

 

Parlons aujourd’hui, pour changer, d’un véritable choc cinéphile qui m’avait laissé groggy quelques temps il y a 3 ans, se révélant tout bonnement traumatisant alors qu’il s’agit qualitativement d’un des plus mauvais représentants de son genre cinématographique. Tout le monde ou presque connaît Ichi the Killer, merveilleux OFNI focalisé sur l’ultra violence  hélas trop long sur la fin. On reprochait déjà au film une certaine perversité gratuite. Et bien, ceux qui ne le tolèrent pas s’évanouiront probablement à la vue de l’OAV Ichi the Killer. D’une violence insoutenable, nanti d’une qualité de dessin dégueulasse (digne des plus cheap séries animées pour enfants) illustrant des perversions bien plus dérangeantes que le film de Takashi, Ichi The Killer OAV est un pur film pervers, qui va encore plus loin dans son addiction à l’ultra violence.

L’histoire : Ichi est un adolescent qui est littéralement une victime, à toute heure de sa journée. Entre l’incapacité d’évacuer son stress auprès de sa famille et devant sa frustration de plus en plus envahie par sa libido, il ne cesse de se rapprocher du pétage de câble.

 

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Si l’intro moche et cheap d’Ichi The Killer est un petit ratage (de l’humour un peu malvenu avec du gore, soit des éléments du film), il nous enfonce bien vite dans la crasse la plus complète. La « genèse » d’Ichi est d’ailleurs tellement malsaine que le film la découpe, en faisant un flash back qui entrecoupe le présent, où Ichi, à la sortie de l’asile psychiatrique, tente de se réinsérer (ce qui ne va bien sûr pas être une réussite). Il devient vite assez clair qu’Ichi the Killer épisode 0 VEUT être un film pour pervers. L’introduction continuelle d’une tension sexuelle se mêlant toujours aux saillies de violences et de frustrations dans l’histoire, le film a cette volonté de pervertir tout ce qui entoure Ichi, en en faisant une sorte de victime ultime, un être tellement pathétique qu’il en devient inhumain. N’importe quel personne dans sa situation craquerait en quelques heures, mais Ichi intériorise à un tel point (et toujours en s’excusant) qu’il en devient méprisable (il n’a aucune estime en lui, constat rédhibitoire pour ce qui est de son charisme, tout aussi inexistant). Mais pourquoi ce film, aux ambitions particulièrement sordides et aux animations dégueulasses, parvient-il à conserver l’attention du public ? C’est parce qu’il est d’un jusqu’auboutisme féroce. Quand on vous dit que l’ensemble de l’univers d’Ichi the killer est perverti, c’est que tout est perverti. Constamment humilié par tous les élèves de sa classe, blamé par ses professeurs et ses parents pour son niveau scolaire en baisse, Ichi est réellement le punching ball moral sur lequel tout le monde déverse sa bile. A la maison, il est tellement submergé par sa honte qu’il ne cesse de mentir à ses parents, qui continuent à peser davantage sur sa raison. Et qui continuent aussi à s’adonner à des scènes de sexe torrides, en laissant leurs cris parvenir à Ichi en train de psychotter seul dans sa chambre. La seule personne qui a l’air bienveillante avec lui est un autre élève, qui profite de cette empathie pour le racketter. Bref, la cocotte minute est sur le feu et au fur et à mesure que la pression augmente, le film enchaîne les épisodes malsains, comme la séquence de dissection de la grenouille, où notre Ichi ouvre l’animal encore vivant avec une trique de 10 mètres (hmmm, jouissance sadique). Cultivant une ambiance malsaine de tous les instants, avec des couleurs dégueulasses et une prédilection pour les effets stroboscopiques lors des déchaînements de violence, le film se fout de la vie de ses personnages, qu’il sacrifie à tout va dans une apothéose de crasse nauséeuse. Pour le coup, on dépasse de très loin le malsain punk d’un Livre de Jérémie, c’est anxiogène jusqu’au final. Le présent, avec Ichi tentant de se réinsérer, est nettement plus respirable, même si, on le devine, Ichi est sur le point d’être à nouveau manipulé, ici par son agent de réinsertion, un psychologue sensé l’aider à retrouver une vie normale, qui a bien sûr d’autre projets en tête pour notre psychopathe Ichi. Désirant le dresser à jouir de la violence, il le balance dans les bras d’une nymphomane masochiste, personnage immédiatement marquant et déterminant dans l’assimilation plaisir/souffrance de l’autre. S’achevant dans un combat ultra violent contenant tout le malsain déjà visible dans le film de Miike, cet OAV est un véritable uppercut tant il va loin dans la nausée de l’addiction à la violence, sans le moindre recul moral et avec un penchant assumé pour le malsain. On rajoute à ça une bande son atroce qui bizarrement, convient particulièrement bien à l’ensemble des séquences, contribuant largement au malaise global. Bien plus déstabilisant que le film de Miike (et moins long), même si souffrant un peu de sa surenchère.

 

5/6

 

2002

de Shinji Ishihira

 

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commentaires

Vince12 14/03/2013 13:41

Miike s'est clairement lâché.

Vince12 13/03/2013 18:28

Je l'ai revu plusieurs fois et je te rejoins il y'a de la subversion mais également beaucoup de fun sur la violence. Ce qui n'est pas forcémment plus mal.

voracinephile 14/03/2013 09:40



Nous sommes du même avis sur Ichi. De bonnes pistes, mais le film ne cherche pas la lourdeur avec des explications partout et tout le temps. Il s'accorde le luxe de l'ultra-violence gratuite,
parfois drôle, et c'est en cohérence avec l'excès du film. Alors, Miike ne s'emmerde pas, et nous non plus ^^



Vince12 13/03/2013 10:34

Tout à fait d'accord Ichi est surréaliste mais il traite de thèmes psychologiques et même sociaux j'ai envie de dire, intéressants

voracinephile 13/03/2013 18:21



Ichi contient un peu de subversion, c'est indéniable. Après, il fait aussi un peu dans la violence gratuite pour le plaisir du spectateur. Il y a un sacré bout de temps que j'ai fait sa
chronique... Encore un film à revoir pour revenir au top niveau compréhension et réflexion sur son cas.



Vince12 12/03/2013 22:46

Désolé pour les nombreuses fautes d’orthographe et de grammaire du com précédent mais je sors du bar ;)

voracinephile 13/03/2013 10:35



^^ Et moi d'une séance ciné avec un ami ! Pas de soucis, je met ça sur le compte de l'enthousiasme !



Vince12 12/03/2013 22:44

Totalement d'accord pour l' hystérie de la première heure.
D'ailleurs à mes yeux (et j'ai bien dit à mes yeux) Ichi the killer c'est un peu le Orange mécanique japonais. les deux films n'ont certes que peu de choses à voir dans le fond il présente la
violence de manière assez différent sur la forme. Mais pourtant je trouve qu'ils porte tous deux le même parfum d'ultraviolence, une ultraviolence omniprésente chez chaque personnages dans les deux
films. Sans compter le rapport qu'il entretiennent avec cette Ultraviolence liée au sexe, au glamour, au sexy et au déjanté.

voracinephile 13/03/2013 10:30



La comparaison revient souvent d'ailleurs, même si les deux films ont des perceptions et des mises en scènes différentes de la violence. Là où le trash Kubrickien est aussi glauque que magistral,
Ichi est plus dans l'hystérie, le jubilatoire. Il y a ce culte de l'ultra-violence avec un petit zeste de psychologie qui permet de se lancer dans des dissertations. Les personnages d'Ichi vivent
par la violence au quotidien, et certains pour cette dernière (notre Yakuza bien sûr, et Ichi). On délaisse totalement le réalisme pour développer des idées déviantes qui se révèlent fascinantes,
pour peu bien sûr qu'on s'intéresse à la "signification" de la violence...



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