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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 11:13

imaginaerum_movie_poster_by_icequeen1186-d5fgew4.png

 

Avec l’Imaginaerum, le groupe Nightwish se propose de mettre en image son album éponyme, en suivant à la fois l’histoire qu’ils illustraient dans leurs chansons et en brodant un peu pour parvenir au format standard d’une heure trente. En résulte un film forcément inattendu et assez extrême dans ses partis pris. Toutefois, il est possible d’affirmer que, tel qu’il se présentait, Imaginaerum est exactement ce qu’il avait l’air d’être vu de loin.

L’histoire : Thomas, chanteur de rock de profession, est plongé dans un coma depuis de nombreuses années. Alors que sa fille décide d’interrompre les soins médicaux dont il bénéficie, son esprit évolue dans un monde de rêve où se mêlent ses souvenirs.

 

night_screen2.jpg

 

Présenté ainsi, l’Imaginaerum a tout d’un OFNI et peut prétendre au statut de film culte. Usant d’un surréalisme plutôt hérité de Gilliam, cet imaginaerum est toutefois moins foisonnant, moins pétillant et surtout plus numérique que son homologue britannique. Si l’imaginarium de ce cher Parnassus montrait quelques limites dans certaines séquences (la course en échelle, le décor qui s’effrite…), l’imaginaerum, quant à lui, sent vraiment le numérique dans toutes les images. Virtuellement, c’est beau, les décors très lisses sont soignés, mais tout cela manque de vie. C’est désincarné au dernier degré, alors que les films de Gilliam respirent. Et cette désincarnation n’est qu’une facette de ce qu’est finalement l’Imaginaerum : un clip d’une heure et demie dédié à Nightwish et à Tuomas Holopainen, le leaderdu groupe (et son précieux claviériste). Le film, sur l’ensemble de sa durée, échoue à créer la moindre profondeur. Dans le monde féérique, il tente de trouver la richesse dans un mélange de souvenir volontairement embrouillé, tournant autour de symboles facilement reconnaissables dans le monde réel et… C’est tout. On voit des liens, et c’est sensé remplir, être beau, donner du sens… Mais c’est finalement aussi désincarné que le monde réel que le film expose, qui est lui, disons le, absolument chiant. Le dilemme moral de la fille de Thomas ne nous émeut même pas (malgré une exposition intéressante), car à vrai dire, on dort devant ses longs dialogues avec sa mère. Vraiment, même en essayant de faire des efforts pour s’intéresser, la froideur de l’ensemble et la cristallisation complète des positions de chacun rend le spectacle complètement anesthésié. On pourrait même entendre un écho tellement c’est creux… Mes paroles assassines en viendraient presque à masquer la qualité formelle de l’ensemble, qui sonne faux mais qui bénéficie d’un soin léché (comme un clip, en somme). Mais pour ce qui est du reste, à moins d’être un fan de Nightwish (et de prendre ce film pour ce qu’il est à la base : une simple transposition en image d’un album), le spectateur lambda ne va rien bitter à ce qu’il va voir, ou plutôt il se sentira tellement peu concerné qu’il retournera bien vite chez les Pink Floyd et Alan Parker, les visions surréalistes de The Wall enterrant complètement cet Imaginaerum. L’envie de faire de la poésie est louable, elle se ressent d’ailleurs (notamment dans le bonhomme de neige monstrueux). Mais ici, on tient une poésie polie, qui préfère se lancer dans la belle image creuse plutôt que d’oser faire vraiment un film (et au jeu de la gratuité, à moins de ménager une ambiance captivante, je m'ennuie). En attendant la sortie de la bestiole, il est toutefois possible de préparer le terrain en écoutant l’album en question.

 

1,5/6


2012
de Stobe Harju
avec Marianne Farley, Quinn Lord

 

imaginaerum-band-poster.jpg

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Published by voracinephile - dans OFNI (m'as tu vu )
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Support OmniTech 24/10/2014 07:35

Well night wish is a band that I have always loved since my teenage for the magnificent videos that they always impress me with. We all have enjoyed many songs that they have showered upon us, over the years too.

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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