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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 11:04

critique-film-impitoyable-clint-eastwood.jpg

 

 

Rattrapant peu à peu le retard accumulé dans le genre du western, j'ai eu l'occasion de rattraper Impitoyable ces derniers jours. Un film qui n'a pas volé sa place sur le panthéon du genre. Dirigé par un casting d'enfer, assez adroit dans sa gestion de la violence et dans son propos, cet Impitoyable est une vraie bonne surprise, qui prouve une fois de plus le talent du grand Clint devant et derrière une caméra.

L'histoire : un soir de beuverie, dans le Kansas, deux cow boy ivres défigurent une prostituée à coup de lame. Le shérif local tente d'apaiser la situation, mais les prostituées, réclamant vengeance, mettent une prime sur la tête de leurs agresseurs.

 

http://www.leblogducinema.com/wp-content/uploads//2012/07/impitoyable-1992-10-g.jpg

 

C'est une excellente étude de caractère à laquelle nous sommes invité ici. En effet, si les violeurs sont les deux personnes dont nous n'apprendrons pas grand chose. Avec toutefois une certaine injustice, je trouve, pour l'ami du soulard, qui n'a pas grand chose à voir avec l'incident et qui fera preuve d'un tressaillement d'envie de s'amender (alors que l'autre paye tout simplement l'amende, lui offre une compensation à la victime (mais cette compensation n'est pas terrible, vu qu'elle entre dans la logique machiste de l'amende en bête de somme, rabaissant implicitement les prostituées au rang de l'animal)). Clint se met ici très bien en scène, endossant la peau d'un personnage très éloigné de ceux qu'il a pu jouer dans les westerns spaghettis qui ont fait sa légende (en guise de cow boy à principes, il a été un assassin notoire pendant sa jeunesse avant de se faire « dresser » par sa femme et de fonder un foyer. Aussi, à l'annonce de la prime, on est nous aussi dans l'indécision. Son personnage, William Munny, paraît vieilli, rouillé au tir, et surtout, pourquoi vouloir se replonger dans les tourments de son passé. Probablement ici pour tenter de faire un peu de justice là où il n'a fait que pourrir le monde par le passé. Toutefois, il s'embarque dans l'aventure avec un jeune qu'on devine facilement sans expérience (il parle un peu beaucoup) et un de ses vieux amis (Morgan Freeman), lui aussi tueur dans le passé. Clint prend nos attentes complètement à contrepied, en se donnant tout d'abord une carrure chétive (son tabassage au saloon fera vraiment mal à voir) avant de prendre corps au fur et à mesure de l'accomplissement du contrat, et profitant de la fin de ce dernier pour faire éclater sa colère et délivrer le vrai message du film. Sa harangue finale n'est pas innocente, et d'ailleurs, c'est le seul plan où Clint, poussant sa gueulante, fera apparaître dans son dos le drapeau américain. C'est bien sur la condition des prostituées que le film veut insister, les montrant subtilement comme des bêtes gérées par le patron du saloon et dont l'avis est sans cesse ignoré. Il fallait bien un Clint pour défendre ici des victimes de la conquête de l'Ouest. Côté personnages secondaires, on sera gâté avec un autre tueur à gage, English Bob, qui se fera littéralement massacrer par le shérif local à titre d'exemple (afin de dissuader les chasseurs de prime de venir faire justice aux prostituées). D'ailleurs, celui qui l'accompagne, un écrivain qui fait sa biographie, sera un personnage intéressant à suivre, puisqu'il est le seul à voir toute l'histoire et à y survivre. En effet, sa fascination est un peu aussi celle du public. Prenant d'abord parti pour English Bob, il le délaisse ensuite pour s'intéresser au Shérif Little Bill Dagget et son côté iconoclaste (il démolit complètement la légende d'English Bob par quelques anecdotes. Mais peu à peu, on découvre que Little Bill est aussi violent que les personnes qu'il prétend combattre, sous prétexte de protéger la communauté où il est shérif. Il agace en dénigrant les gens qu'il rosse (toutefois, le personnage reste sobre, il n'est pas raciste alors qu'on aurait facilement pu lui prêter ce caractère), et comme il n'hésite pas à faire pression sur les faibles pour imposer un équilibre qui le satisfait, Clint finira aussi par le prendre en grippe. Alors, la fascination de l'écrivain se portera enfin sur Clint, qui répond enfin de la bonne façon à une curiosité indiscrète : en disant « merde ! ». D'une facture technique excellente, brillamment mis en scène et soutenu par des acteurs époustouflants, Impitoyable est un western énorme et définitif, assez pourvu pour entrer dans le top 5 des meilleurs westerns. Du très bon boulot.

 

5,5/6

 

1992
de Clint Eastwood
avec Clint Eastwood, Gene Hackman

 

http://www.linternaute.com/cinema/star-cinema/les-films-de-morgan-freeman/image/impitoyable-1276910.jpg

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

Vince12 14/10/2012 16:05

C'est vrai que ça peut paraître con ce que je dis voir la VF (moins bien) avant la VO (meilleure). Tu me diras autant voir la VO tout de suite mais encore une fois je pense que c'est bien de voir
d'abord la VF.

Ze Ring 14/10/2012 15:39

Oui bien dans ce cas vaut mieux le regarder en VO.
Il n'y a qu'une seule vraie fin : celle prévue par Eastwood lorsqu'il a écrit et tourné le film en anglais.
Si la VF s'écarte du scénario et à eu une influence sur la fin alors les doublages français sont encore plus nazes que je le pensais.

voracinephile 15/10/2012 12:26



Je vois que les avis sont tranchés pour cette fameuse fin...



borat8 14/10/2012 14:03

Le meilleur est selon moi L'homme des hautes plaines et je confirme la fin est différente selon les langues.

Vince12 13/10/2012 15:10

Pour l'homme des hautes plaines James, il se trouve facile. Un conseil voit le en VF et VOST ensuite, la révélation finale est totalement différente dans les deux versions tu me diras celle que tu
as préféré moi c'est la VOST. Mais une fois fois encore je pense qu'il est bien de le voir d'abors en VF puis ensuite en VOST.

voracinephile 14/10/2012 13:15



What ? La VF s'écarte de la VO ? Merci de noter ce fait, ça attise vraiment ma curiosité... La VO est plus virtuose dans ce cas ? Hmm...



borat8 13/10/2012 10:44

C'est clair que Lyne va loin dans la vision de cauchemar et je pense notamment à la scène affreuse au possible de la fête. Si je l'avais vu quelques années avant, je pense que j'aurais été un peu
sous le choc!lol En plus, Robbins est merveilleux et c'est son meilleur film depuis le début de sa carrière (on parle quand même de Top Gun et Howard the duck!).
Pour les deux westerns, ce sont deux films sur la vengeance absolument fascinants. Pour L'homme... est l'histoire d'un homme mystérieux venant dans une ville et peu à peu l'intrigue se forme. Je
n'en dit pas plus parce que tu perdrais en suspense. Pour Josey Wales c'est différent. Il s'agit d'un homme dont la famille a été tué sauvagement et qui compte bien se venger de l'armée. Deux chef
d'oeuvres sur mon blog.

voracinephile 14/10/2012 13:14



Deux traitements très différents de la vengeance, donc... Curieux de voir ça, je chercherai aussi un peu sur ton blog. Au moins pour choisir par lequel je commencerai...



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