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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 11:39

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Carpenter est un personnage souvent étonnant. Si l’essentiel de sa filmographie consiste en des films fantastiques ou horrorifiques de très bonne tenue (le conduisant parfois au chef d’œuvre : on citera Halloween et The Thing), le bonhomme n’hésite pas parfois à voler sans filet, comme le prouvent New York 1997 et Los Angeles 2013. Deux films purement jouissifs qui n’hésitent pas à flirter avec le nanar pour en devenir des objets cultes entièrement tournés vers le plaisir du spectateur. Aujourd’hui, c’est Jack Burton dans les griffes du mandarin qui y passe. Et question nanar, il met carrément les pieds dans le plat, n’hésitant pas à se vautrer dans le nawak au cours des séquences d’action, sans pour autant revoir ses ambitions à la baisse…

L’histoire : Jack Burton est un conducteur de camions qui décide d’escorter son ami Cheng à l’aéroport pour récupérer sa petite amie et lui payer ses dettes de jeu. Des yakuzas l’enlèvent et nos deux amis se retrouvent confrontés à une confédération de magiciens chinois en plein Little China à New-York.

 

http://www.topito.com/wp-content/uploads/public/jack_burton.jpg

"Comment ça, kitch ?"

 

L’histoire de Jack Burton a déjà tout du fourre-tout scénaristique, car il ose les clichés les plus improbables que l’on ai vu dans le cinéma d’action depuis les années 60. Le chef des méchants chinois est un vieux décati atteint d’une varicelle prononcée, avec une natte de trois mètres et des ongles d’au moins dix centimètres de long. Dans les rues du quartier chinois, ont lieu des affrontements entre moines bouddhistes et yakuzas enragés, à grands renfort de regards écarquillés et d’armes blanches servant à cuisiner (ils doivent tous sortir des cuisines des restaurants chinois du coin). Et dans ce bordel incroyable, Jack Burton évolue avec la légèreté d’un pachyderme. C’est simple, on a rarement vu un contre-emploi d’acteur aussi phénoménal. Du début à la fin du film, Jack burton, présenté comme le héros, ne sert à rien et ne fait rien. Il ne sait pas se servir d’un flingue, ne veut jamais passer à l’action, et se contre-fout presque de la fille du film. Il veut juste récupérer son camion que les chinois lui ont piqué. Et de ce point de départ improbable, on arrive à un scénario complètement allumé où nos héros sont au prise à trois magiciens surpuissants, dont l’accoutrement ridicule et le jeu incroyablement faux laisse le spectateur dans le doute (car les effets spéciaux qui les accompagnent ont quand même bénéficié d’un budget conséquent : il y en a toujours un qui descend d’un éclair en s’en servant de corde). Mais pour lancer leur sortilège ou leurs armes, ils font des pirouettes, des cabrioles, des positions de gymnastique complètement inutiles qui les tournent immédiatement en ridicule. Jack Burton est d’ailleurs la première victime de ce procédé, puisqu’on rira de lui à de très nombreuses reprises, comme par exemple lors du final en face du mandarin diabolique, avec Jack déclamant son discours de héro, avec une trace énorme de rouge à lèvre sur le côté du visage (un détail qui ruine immédiatement toute tentative de sérieux). On pensera aussi à la grande bataille finale, où Jack, criant pour lancer l’assaut, tire en l’air, se prend une brique du plafond, et reste inconscient pendant toute la durée du combat. Pendant ce temps, l’ami de notre héros se bat contre un sorcier en échangeant des coups d’épée en bondissant à travers la pièce. Si le nanar s’arrêtait seulement à ces quelques parodies du genre aventure, le tout pourrait se révéler compréhensible. Mais Carpenter va encore plus loin en s’autorisant des excès phénoménaux. Ainsi, toute une partie du film se passe dans les égouts du quartier chinois, des égouts qui ressemblent à des souterrains moyenâgeux dans lesquels circulent du pétrole et où nos héros se feront attaquer par des monstres totalement hors sujet. Nous aurons à ce titre une sorte d’Oran outan mutant qui ne cessera de pourchasser la femme du film. Femme que plaquera Jack avec une réplique qui mériterait de devenir culte (« Avant de partir, vous ne voudriez pas m’embrasser ? » « … Non. » Et Jack s’en va.). Vraiment, si tout revient invariablement vers le nanar d’aventure, Jack Burton est un plaisir exotique qu’on sera ravi de revoir régulièrement, tant le côté réjouissant des années 80 explose à chaque image. Si il est conseillé de se documenter un peu sur le film avant de le voir (notamment pour apprendre que la mort du lanceur d’éclair est surtout due au fait que l’intégralité du couloir d’où il sort s’est transformé en lave, un effet spécial trop cher pour être montré dans la version finale). Un vrai plaisir, un échec commercial merveilleux qui s’insère plutôt bien dans la filmographie de Carpenter…

 

4.5/6

 

1986
de John Carpenter
avec Kurt Russell, Kim Cattrall

 

http://img.over-blog.com/480x360/0/57/07/69/nico/jack-burton-03.jpg

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

borat8 21/07/2012 00:03

Perso j'adore le style qui fait mieux que n'importe quelles adaptations de jeux et puis j'aimais déjà le comic-book.

voracinephile 22/07/2012 11:28



Au niveau du style, c'est du jamais vu, clair et net. Un vrai comic filmé.



borat8 20/07/2012 20:00

Moi aussi. Mais Scott Pilgrim reste son film le plus maîtrisé en terme de rythme et d'histoire.

voracinephile 20/07/2012 23:22



Scott Pilgrim, il va vraiment falloir que je me fasse un avis. Le film va si loin dans le geekage sommaire et d'insipidité des enjeux que je ne parviens pas à dire si j'aime ou pas...



borat8 19/07/2012 16:56

J'ai d'ailleurs l'impression qu'ils vont tous dans le graveleux et le chiffre. Plus tu dézingue de films pire la parodie sera. Les dernières de correcte faisaient dans l'horreur avec Shaun of the
dead et Zombieland et dans l'action Hot Fuzz.

voracinephile 20/07/2012 17:49



On est d'accord que les films de Wright sont excellents et plutôt bien dosés dans leur gestion de la parodie (je reste un grand fan de Hot Fuzz malgré les caractéristiques nanardeuses évoquées
par Oliver...



borat8 18/07/2012 11:34

Après les parodies ont toujours du mal à être considérer comme de vrais films mais franchement certaines sont pour le moins pertinentes. Hot Shots c'est déglinger cette bouserie qu'est Top Gun.

voracinephile 19/07/2012 13:55



Evidemment qu'on aime voir certains films critiqués. Mais c'est de la connivence avec le public, rien d'intelligent là dedans. La parodie est amusante dans la manière dont elle traite avec son
public. Certaines arrivent à bien le faire (les austin powers) alors que d'autres (tous les derniers films de Zucker) sont à chier tellement l'humour est lourd. Aucune connivence.



borat8 17/07/2012 16:18

J'aime bien aussi en parodies Y-a t-il un pilote dans l'avion? ("dis moi tu aime les films de gladiateurs?"), les Hot shots et La cité de la peur. Des films qui ne volent pas haut mais qui font
rire et souvent ça fait du bien.

voracinephile 18/07/2012 09:15



J'ai oublié d'en parler. La cité de la peur est plus une comédie qu'une parodie pour moi, c'est l'humour des nuls poussé à fond, et pour Y-a-til un pilote... et les Hot Shots, si je les aime bien
et que je me marre toujours devant, ce sont loin d'être de bons films dans mon estime. Même si les gags tombent en avalanche



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