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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 08:59

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Mon amour pour les films kitch m’a conduit à m’intéresser à des films poussiéreux totalement oubliés des générations actuelles, mais qui continuent de garder un charme fou pour leurs effets spéciaux aujourd’hui dépassées et leurs clichés tellement monumentaux qu’ils font éclatés de rire dès qu’ils apparaissent un peu trop. Qui se souvient aujourd’hui de la vallée de Gwangi, du 7ème voyage de Sinbad ou de son extraordinaire voyage ? ou de Jack le tueur de géants ? Petit film d’aventures pour enfant aujourd’hui passé aux oubliettes, le film prend pour prétexte une histoire convenue et établie pour se livrer à un déluge d’effets spéciaux en mode rétro sans aucunes mesures ni distance, laissant le spectateur en face d’un spectacle bien souvent risible, mais singulièrement attachant.

L’histoire : dans le royaume d’Angleterre, la paix règne dans une atmosphère de joie et de gaieté, des gentils sujets sous la coupe de leur gentil roi. Mais Pendragon, un mage fourbe, banni précédemment par Merlin décide de prendre sa revanche…

 

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Et c’est parti pour un tour ! Dans ce film, attendez-vous aux clichés les plus monumentaux qu’on ait osé vous servir au cinéma (même les récents Disney Chanel essayent de camoufler un peu plus les apparences). On aura donc le roi juste et bon, la reine juste et bonne (bien que possédée pendant un jour ou deux par une sorcière envoyée par le vil Pendragon) et la princesse innocente et ingénue, destinée à des épousailles dont elle choisira le prétendant. Tout le monde à la Cour se réjouit de sa future intronisation, et les braves paysans ripaillent dans les rues de la glorieuse capitale. Mais Pendragon vient y mettre son grain de sel, affichant la même tête qu’il y a 500 ans, à peine camouflée sous un turban vert fluo, et guère rattrapé par un vague surnom qui fera illusion auprès du roi pendant la journée. Si les festivités vont bon train, on sent que Pendragon nourrit de funestes dessins, et nos soupçons seront confirmés quand ce dernier lance un éclair dessiné à la main sur une statuette, qui à grands coups de nuages verts d’animation se transforme en géant de 20 mètres de haut. Arrêtons là les énumérations, le film ne cesse de partir dans toutes les directions à la fois, cherchant vraiment à en donner au public pour son argent, en faisant intervenir régulièrement les pouvoirs du méchant de service. Géants, chevaliers fantômes, bras armés accrochés au mur, dragons… tout un bestiaire y passe et ce pour notre plus grand plaisir (quand on adore les animations image par image de figurines en pâte à modeler). Malheureusement, si le film se montre généreux dans ses effets spéciaux, il abuse aussi de la technologie d’incrustation de dessins animés aux couleurs criardes sous forme d’éclairs ou d’auras particulièrement laides et mal vieillies lorsqu’on revoit le film maintenant. C’est bien simple : l’attaque du bateau par une nuée de sorcière est l’un des plus grands moments de souffrance de ce long métrage, tant la séquence fait mal aux yeux et les trucages sont approximatifs. Quant aux personnages masculins de premier plan, nous aurons à faire à un héros viril, brave paysan d’une trentaine d’années qui sort ses chevaux tous les jours et qui dès découvrant un géant l’occit en quelques minutes avec une fourche. Il a ça dans le sang, c’est indéniable, et il emballe la poulette royale avec une classe comme dans les années 30 (mais on est dans un film pour enfant, no sex). Il sera accompagné dans son aventure par un leprechaun qui parle en vers  et balance des énigmes avant d’aider son protagoniste. Mais la star du film, c’est Pendragon et ses capes fluo, qui ne manque pas d’appuyer ses remarques d’un rire démoniaque ou d’un haussement de cils significatif, ne perdant jamais une occasion de rouler de gros yeux en balançant un éclair animé bleu fluo. On notera que le bonhomme sait s’entourer, en s’offrant les services d’un homme de main aussi cabotin que lui, qui ne manque pas d’accomplir sa besogne en ricanant et en affichant des grimaces telles que les moindres tentatives de dramatisation tombent immédiatement à plat devant les fous rires qu’il provoque. Bref, Jack le tueur de géants est un film à l’ambiance très particulière qui risque de rebuter pas mal de monde pour ses effets moisis, son rythme lénifiant et ses personnages surfaits, mais c’est aussi un condensé de ce qu’on percevait comme un film d’aventures dans les années 60/70, un joyeux bordel où monstres fantastiques et héros haut en couleur cohabitaient à quelques jours de marche, et où le Bien triomphait toujours telle une loi naturelle. Si la surprise est carrément exclue de ce genre de spectacle, la vision d’œuvre telle que Jack le tueur de géants donne l’aperçu d’un cinéma aujourd’hui oublié dont les acteurs cabotins et les effets spéciaux datés entretiennent le charme avec un plaisir nostalgique coupable. Sans valeur culturelle mais sacrément ludique.

 

3,5/6

 

1962
de Nathan Juran
avec Kerwin Mathews, Judi Meredith

 

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

alice in oliver 15/01/2012 08:58

enfin revu ! Sincèrement, j'en avais peu de souvenirs mais quel film ! Un sacré nanar dans son genre et un resucé du 7ème voyage de Sinbad. C'est peu ou prou la même histoire: une princesse à
retrouver, un magicien maudit, des monstres improbables et même le voyage en mer !
En gros, remplace Jack par Sinbad et tu obtiens quasiment le même film

voracinephile 15/01/2012 13:22



Hé hé, un vrai plaisir coupable ! Ca s'explique surtout par le fait que les studios de Jack avaient eu par le passé l'occasion de bosser avec Juran, mais qu'ils avaient hésité et qu'ils s'en
étaient mordu les doigts devant les bons résultats du film. Du coup, ils refont le même en encore plus kitch et simpliste. Un charme nanar du tonnerre, avec ces effets spéciaux vert fluo rajoutés
en dessin animés ! Ravi de voir que ton enthousiasme n'a pas vacillé devant le repompage sommaire de ce morceau de bravoure (et vive l'assistant de Pandragon grimaçant !)



Alice In Oliver 02/01/2012 22:40

ah oui, il a tout à fait sa place chez moi. D'ailleurs, je t'invite à regarder d'autres films de Nathan Juran.

alice in oliver 31/12/2011 13:24

j'ai le souvenir d'un nanar mais d'un mauvais film extrêmement sympathique. Normalement, je devrais le revoir dans les semaines à venir

voracinephile 02/01/2012 22:36



Aha ^^ Vivement que ta critique soit publié, un film pareil a tout à fait sa place sur Naveton, car même dans les années 60, ils avaient leurs blockbusters formatés, mais kitchs à souhait !



alice in oliver 24/12/2011 11:23

un film particulièrement sympathique, hélas introuvable.

voracinephile 31/12/2011 12:43



Un vrai plaisir coupable ! Chaque fois que je me le revois, j'ai l'impression de le redécouvrir ! Imprévisible dans son bestiaire, et globalement distrayant malgré la moitié de ses effets
spéciaux datés.



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