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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 10:22

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Le thème des enfants soldats a rarement été abordé par le cinéma, et toujours sous l’angle du drame. Johnny Mad dog, c’est en quelque sorte une nouvelle approche du sujet, en l’attaquant sous un angle plus axé sur leur parcours, sur leur combat au quotidien. Plutôt que de parler du thème en général, on l’attaque en suivant un des jeunes guerriers : Johnny Mad Dog, combattant d’élite n’ayant pas la vingtaine, ayant su gagner le respect de son chef. Un drame qui se la joue guérilla, c’est un spectacle trop rare pour en perdre une miette.

L’histoire : le parcours de Johnny Mad dog et de ses compagnons d’armes, rebelles au service d’une cause floue et dirigés par un général qui se voit déjà dictateur.

 

http://media.paperblog.fr/i/76/766527/johnny-mad-dog-film-transe-L-2.jpeg


Plutôt que de filmer le tétanisant cri des civiles pris entre deux feux, le film aborde clairement la question des enfants soldats sous un angle tribale, en fonctionnant sur un rythme de guérilla, avec des gunfights plus conséquentes que celles habituellement montrées dans des productions de ce calibre. Pour autant, si le film s’offre le luxe d’un peu d’action qui dynamise une histoire plutôt light (relativement peu de personnages importants, des parcours très simples…), il n’oublie jamais son thème de base, à savoir le rapt d’enfants dans des villages, qui sont immédiatement embrigadés dans un contexte guerrier auquel ils n’étaient pas promis, et par lequel ils vivront le reste de leur vie. L’introduction, la mise à sac d’un village, l’exécution arbitraire de quelques habitants et le recrutement traumatisant des gosses (obligés de faire feu sur leurs parents pour entrer dans les rangs des rebelles), tout est fait pour que le choc soit massif dès le début du film, et que le spectateur comprenne immédiatement les intentions du réalisateurs. Si l’action va être développée, elle n’est en aucun cas distractive. Cette sensation sera renforcée par une musique qui se focalise sur des ambiances assez lourdes, avec des plans contemplatifs dispersés ça et là. On comprend bien vite que la cause que défendent les rebelles est on ne peut plus bancale, ces derniers vivant tout simplement de pillages et de meurtres, l’unique chose qu’on leur ait toujours demandé de faire (à aucun moment, ils n’envisagent de changer leurs usages, du moins pas collectivement). L’exemple le plus frappant sera l’attaque d’un complexe télévisuel civile, acte purement gratuit qui ne fera avancer en rien la position des rebelles (le bâtiment n’est pas pris, il est totalement rasé). Au milieu de ce quotidien violent, quelques scènes sont à retenir, comme la préparation des enfants, drogués pour entrer en transe, avant de leur faire croire à l’immortalité en leur tirant dessus avec des balles à blanc. Seulement, si le début et les scènes d’actions sont plutôt marquantes (sans s’imaginer qu’elles vont défier celles d’un Black Hawke down), l’histoire ne dit pas grand-chose de plus que ce qu’elle montre. Une fois que la guérilla dans la capitale commence, elle perdure pendant une bonne partie du film, jusqu’à ce que Johnny Mad dog découvre enfin qu’il n’est qu’un pion dans le jeu du général, et qu’il n’aura jamais rien des vagues illusions qu’on lui avait promis pendant le conflit armé (ses dernières missions seront de protéger du riz promis aux civils qu’il a constamment dépouillé au cours de sa campagne militaire). Si les messages sont clairs, ils sont un peu trop diffus dans ce récit inégal, parfois lent, mais toujours immersif. Avec un trait d’humour dans le lot (un chuck norris fact, pourrait-on dire), on ne va pas dire que ce film respire la joie, mais le portrait violent de l’Afrique qu’il fait reste assez convaincant pour tenir tout le film. Intéressant, mais on ne tient pas encore un chef d’œuvre.

 

4/6

 

2007
de Jean-Stéphane Sauvaire
avec Christopher Minie, Daisy Victoria Vandy

 

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