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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 18:14

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Dans le rayon terreur enfantine, Joshua, sorti sans faire vague, peut intriguer au détour d’un bac dvd promo, avec une jaquette classique et un enième pitch d’enfant menaçant. Mais que se passe-t-il vraiment dans Joshua. S’appuyant beaucoup sur l’homme du moment, à savoir Sam Rockwell (qui enchaînait les films à l’époque : Moon) et sur son méchant gamin de service (un Jacob Kogan assez efficace), c’est une sobre réunion d’acteurs qui tentent de donner dans le psychologique avec un enfant intelligent qui s’en prend à ses parents. Résultat intéressant, mais pas exempt de défauts.

L’histoire : un jeune garçon très mature pour son âge, est confronté à la naissance d’une petite sœur. Mais peu à peu, le quotidien de ses parents semble être empoisonné. A la fois par le bébé qui n’arrête pas de pleurer, et par Joshua, qui développe une étrange attitude.

 

http://www.bowsersworld.com/images/joshua/joshua00012.jpg

 

Un portrait de famille intéressant donc, puisque Joshua tente de développer une ambiance très anxiogène, que ce soit au sein du foyer familial ou dans les lieux publics (on citera surtout l’école et la scène du musée). Joshua est un parfait petit garçon pour un père. Doué, intelligent et curieux, c’est le modèle standard du petit génie en avance sur son temps. Cependant, ce gamin est d’une froideur insupportable, même un glaçon se révèlerait plus émouvant. Et le film joue beaucoup sur cette ambigüité, Joshua récitant de nombreuses formules d’affection à ses parents sans que la moindre émotion ne filtre dans ses mots. C’est une façade de parfait petit garçon. Mais avec l’arrivée de la petite sœur, l’attitude de Joshua commence subtilement à se pervertir. Il découvre que déjà bébé, il était la cause de la dépression de sa mère par ses pleurs incessants. Et ce qui s’est produit avec lui semble se reproduire maintenant. Autant dire que la violence psychologique que subit la mère dans le film est assez forte, de ce côté-là, on égale le trouble de Charlize Theron dans l’Associé du diable. Le père, quant à lui, voit son travail battre un peu de l’aile, et confie sa famille à sa mère, évangéliste vindicative qui ne cesse de persifler sur sa femme, juive ne voulant pas baptiser ses enfants. Autant dire que le petit épisode religieux du film est un sursaut de script intéressant puisqu’il est en effet une question pertinente dans l’éducation enfantine et qu’il en a bien compris les ressorts. Mais si Joshua sème le trouble par l’ambigüité du petit Hannibal Lecter en herbe, on se fait un peu chier entre les temps forts. Si de longs épisodes de pleurs de bébés étaient nécessaires pour comprendre le pétage de câble de la mère, forcé on est de constater qu’elle occupe parfois trop longtemps l’écran. L’épisode du chien semble aussi superflu (celui du hamster est autrement plus efficace)… Bref, Joshua traîne parfois un peu la patte, mais l’ambiance est là. Avec quelques bonnes petites scènes comme le spectacle musical ou le court dialogue avec le clochard, le film tient ses promesses de gamin manipulateur qui s’amuse à pourrir peu à peu la vie de ses parents par simple plaisir de réduire à néant leur existence. Ce qui est moins crédible, c’est qu’un gosse parvienne autant à user des préjugés psychologiques que les adultes prêtent aux enfants pour paraître innocent alors qu’il se complaît dans la malveillance. Clairement, le côté sombre du film montre Joshua comme un fin psychologue qui feint l’innocence pour révéler sa méchanceté quand il a gagné. Un parfait méchant en somme, mais un peu trop jeune pour convaincre vraiment. Toutefois, le film joue bien sur l’ambigüité du caractère enfantin et de ce petit côté pervers polymorphe qu’on apprécie chez nos morveux. Un petit frisson sympathique en somme.

 

4/6


2007
de George Ratliff
avec Jacob Kogan, Sam Rockwell

 

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

borat8 25/12/2012 18:20

Rien que le final qui ne veut rien dire, c'est affligeant.

princécranoir 25/12/2012 17:45

C'était rudement bien pourtant "Martha Marcy May Marlene" ! Et joyeux Noël à tous !

voracinephile 01/01/2013 10:22



Joyeux Noël Prince !



borat8 21/12/2012 22:37

C'est aussi ça le ciné indé américain. Mais bon, il y a quelques temps, j'ai vu Martha Marcy May Marlene avec le bouche à oreille en pagaille. Bof bof...

voracinephile 01/01/2013 10:08



Pas vu ce MMMM. Je me renseignerai...



borat8 21/12/2012 19:29

Justement j'ai entendu le contraire, soit que le gosse devenait franchement chiant au bout d'un moment.

voracinephile 21/12/2012 21:40



Faut voir. C'est un film où il ne se passe pas grand chose, donc je sais que beaucoup ont dit qu'il était chiant. Maintenant, il y a quelques bonnes idées, notamment sur la descente aux enfers
des parents.



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