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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 14:49

kalifornia1993_aff.jpg

 

Avec Kalifornia, Brad Pitt prouve à nouveau qu’il est capable de jouer les dingues avec une crédibilité assez bluffante. Endossant son rôle de psychopathe aux côtés de Juliette Lewis (qui récidive dans Tueurs nés), il est littéralement l’esprit du film, plus d’ailleurs que nos principaux « protagonistes » d’ailleurs, qui se contentent de relever les étrangetés avant de comprendre enfin ce dans quoi ils sont embarqués. Un vrai road movie comme on les adore…

L’histoire : Afin de changer d’air et d’avoir un peu de matière pour écrire un bouquin sur des psychopathes, un couple décide de faire un road trip partant du Tennessee jusqu’en Californie en faisant des haltes sur différentes scènes de crimes célèbres. Pour s’accommoder de leur budget serré, ils prennent en covoiturage un couple bizarre.

 

kalifornia.jpeg

 

Film méconnu que ce Kalifornia, pourtant nous avons ici tous les ingrédients d’un Tueurs nés en différent, mettant la pédale douce sur la dénonciation des médias, mais démontrant l’absurdité de vouloir saisir l’esprit d’un psychopathe, faisant un pied de nez à tous les auteurs de soi-disant théories sur l’esprit criminel. Le portrait de psychopathe fait ici est réaliste, absolument pas enjolivé, et il est d’une authenticité effrayante (l’histoire s’inspire d’ailleurs d’un fait divers). La principale force du film vient de la qualité de ses interprètes, et de la confrontation culturelle souvent présente dans les films cultes. Notre couple de héros s’ennuie dans leur bled, la carrière de photographe de madame ne décollant pas et celle de monsieur stagnant sur un projet de bouquin qui ne le motive guère. Afin de tout régler, ils se lancent donc bille en tête dans un road trip, pour trancher avec la monotonie et remettre un peu de sel dans leur quotidien. C'est là que commence la confrontation des cultures. De l’autre côté, nous avons le couple ultra beauf du film, composé de Pitt et Lewis. Pitt y incarne une fin de race wasp, qui carbure à la bière et d’une vulgarité provocante (il est un cliché monstrueux une raclure qui ne se distingue que par sa désinhibition à tuer). C’est le personnage le plus violent et aussi le plus drôle du film, ponctuant sans arrêt ses phrases de petits rires gras, de rots et autres grossièretés de la sorte, qui lui confèrent une image crade à l’opposée des psychopathes habituellement décrits, surtout quand il décide de passer à l’acte. Tuant régulièrement pour payer les frais d’essence du voyage, il est complètement compréhensible sur l’instant (un problème se règle en un meurtre), et ne suit aucune trajectoire en particulier (ce qui contredit les objectifs de notre écrivain, qui lui cherche un point commun à tous ces tueurs en série). Comme prévu, c’est le personnage le plus électrisant du film, aussi inquiétant qu’ambigu, et éternellement immonde au demeurant . En termes de fraîcheur, c’est évidemment Juliette Lewis qui remporte la palme, son personnage de petite pauvresse attachée à un psychopathe malgré ses fréquentes sautes d’humeur est tout simplement irrésistible. Simple, rêveuse en ayant connu le pire, elle abandonne tout pour suivre son compagnon, et quoiqu’elle dise, la gentillesse et la chaleur humaine débordent de son personnage, à tous les instants. Constamment optimiste quelles que soient les circonstances, c’est un rayon de soleil infatigable dans l’orage qu’on traverse. Indéniablement l’atout charme du film. Les deux autres héros ont moins de relief, entre une femme plutôt autoritaire et pragmatique (manifestant un intérêt certain pour la provoc dans ses photos) et un homme plus réservé, très humaniste dans son approche des criminels, et confronté ici à un authentique cas de psychopathie. D’ailleurs, le film a l’intelligence de confronter un psychopathe en cavale à donner son avis sur d’autres psychopathes, et les conclusions sont éloquentes : il n’en a juste rien à faire, il trouve parfois curieux cette fascination, mais il ne va pas se torturer l’esprit pour chercher à comprendre, pas plus qu’il ne s’interroge profondément quand il tue. Si le dernier acte se focalise sur l’attirance naissante de notre psychopathe pour la femme du héros, le reste du film a tout de l’œuvre culte, aussi rafraîchissante que bien rythmée. Une redécouverte à ne pas manquer…

 

5/6


1993
de Dominic Sena
avec Brad Pitt, Juliette Lewis

 

pitt-kalifornia.jpg

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commentaires

Vince12 06/08/2013 13:34

Tu connais mon avis mitigé sur Tueurs Nés, donc moi aussi je pense que je préfère Kalifornia.

Vince12 05/08/2013 17:48

Enfin revu c'est vrai que le film est sympa et se double d'un fuck aux psychanalystes qui prétendent expliquer la psychopathie. J'adore quand Brad va tuer le flic "Non attend c'est pas ton père
!
-Je le vois bien Idiot c'est un connard de flic"

voracinephile 06/08/2013 13:02



Malgré toute la hargne du tueurs nés, je crois que je lui préfère Kalifornia. J'adore la confrontation de classe sur fond de road movie sanglant. Belle réplique que tu as relevé, une partie de
l'esprit du film est là. Le film qui confirme mon affection pour Juliette Lewis



borat8 10/06/2013 15:55

Je pense que cela finit par être réciproque!lol

borat8 09/06/2013 16:09

ça je ne sais pas James, pas été en couple depuis un bail!

voracinephile 10/06/2013 10:33



Bon, c'est un gros truc de mâle ce que je vais décrire, mais disons que tu auras beau être en couple, une belle apparition aura toujours un effet magnétique. Ce qui énervera probablement l'autre
membre du couple ^^



Vince12 09/06/2013 12:04

cela dit faudrait peut être que je récidive, parce que un film qui fait un fuck aux psychanalyste de la psychopathie.

voracinephile 09/06/2013 13:33



Je t'engage vraiment à le revoir, le couple psychopathique est vraiment intéressant. Malheureusement, le couple de héros n'est pas vraiment à la hauteur même si il est utile...



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