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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 12:32

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Coucheries, trahisons, meurtres, vengeance, amour, passion, histoire de familles… Tel est le pain béni des éditeurs de romans d’amour bon marché ou des feuilleton de 14 heure qui passent à l’heure de la sieste sur les chaines de grande écoute. Et que l’amateur de cinéma considèrera comme une véritable plaie, rabaissant l’art à un niveau purement mercantile destiné à remplir les vides de programmation. C’est dire si on pouvait attendre peu de Kill for Love, le nouveau film de Jean Marie Pallardy. Et pourtant, il réussit son défi : nous fournir l’un des nanars les plus drôles de ces dernières années. Nanti d’une histoire pétrie de clichés, de comédiens approximatifs et d’incohérences en séries, le spectacle est tout simplement inespéré au vu de l’habituelle bouillie sentimentale qu’on avale sans regarder.

L’histoire : Marie Paule, ex strip-teaseuse, tape dans l’œil de Gaspar, millionnaire accompli et amateur de chair fraîche. Aux prémisses de leur mariage, ce dernier est victime d’un accident de tonneau provoqué par un mystérieux tueur…

 

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Dès le début, le film s’embarrasse de scènes débiles qui feront éclater de rire n’importe quel spectateur. On commence par un générique cliché de Venise sur « Con te partiro » fréquemment ponctué d’apparition d’un sexagénère en ray ban (recouvert de pigeons sur un plan) qui s’achève dans une boîte de strip-tease où la caméra filme langoureusement les formes d’une danseuse qui chante une autre chanson que celle qu’on entend. S’ensuit une dispute entre le gérant et une danseuse, qui aboutit à une lutte sans merci jouée au ralenti et dont la conclusion devrait rendre son hommage à Irréversible. Le gérant mort, la danseuse tente de s’enfuir. Manque de pot, Venise est inondée, la moitié des rues sont impraticables. Elle retrouve alors Gaspar, qui décide de l’emmener dans son château. On y découvrira différents personnages : le notaire, le valet Georges, l’architecte Thibaut (qui nous fera hurler avec sa conception personnelle du mélange du passé avec la puissance de la modernité). Sur ce, ellipse temporelle de 1 an, on passe direct au mariage. Et là, on se tape le portrait de famille. Le frère dépensier, sa maitresse et ses filles rapaces, la servante Lucie qui toise Marie Paule avec la même gueule que le meurtrier de Profondo rosso… Bref, ils apparaîssent et disparaissent au bon vouloir de l’intrigue, qui nous emmène sans arrêt dans des directions que nous ne soupçonnions pas… Ainsi, plutôt que de nous faire découvrir l’adultère entre Marie Paule et Thibaut, on préfèrera s’attarder sur le cas d’Anna, la femme de Thibaut, une masseuse qui affronte les avances d’une lesbienne d’âge mûr, détail qui aura son importance dans le film. On rajoute à ça, une fois le meurtre de Gaspar effectué (meurtre qui change toujours d’endroit au fil des flashs back), l’arrivée de deux inspecteurs de police particulièrement tordants, dont Fabienne Carat, la star nationale de l’émission Plus belle la vie. Mais c’est le commissaire qui retiendra particulièrement notre attention. Roulant ses yeux de poulpe perçants de scènes de crimes en scènes de coucheries, il nous fait éclater de rire dès qu’il ouvre la bouche, que ce soit pour évoquer ses vieux souvenirs ou pour donner ses impressions sur l’affaire. Bref, un grand portnawak d’où émergent et disparaissent des figures classiques des coucheries bourgeoises, conservant ainsi une certaine fraîcheur de ton, l’histoire ne s’arrêtant jamais à un fait (comprenez qu’on commence avec une histoire de meurtre pour en arriver à un amour lesbien assez cheap). Trêve de spoiler, l’article de nanarland est bien plus gouleyant à son sujet. Toujours est-il que ce nanar se révèle être une bonne surprise et qu’il s’impose comme une référence incontournable des années 2000. Un des pires du moment !

 

0/6 mais un inespéré 19/20 nanar

 

2009

de Jean Marie Pallardy

avec Jean Marie Pallardy, Fabienne Carat...

 


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Published by voracinephile - dans Nanar (modeste)
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commentaires

Duncan 18/01/2012 12:45

Ha,celui-là,j'ai vu la critique sur Nanarland,ils se sont bien défoulés.
Bon,je vais être franc,ça ne m'interesse pas plus que ça, pouss rce que moi,a part les nanars Ninja,ça me parle pas :D

voracinephile 18/01/2012 21:09



Alors, rabats-toi sur Aliens vs Ninjas, qui est un vrai concentré de débilité, qui se la joue film de fou avec des effets spéciaux parfois presque impressionnants, et qui demeure vraiment un
sous-prédator pendant une bonne partie de son intrigue !



Zogarok 15/01/2012 21:21

Déjà, un policier qui se vend sur une référence à "Plus belle la vie", on sent qu'on va passer un long moment.

voracinephile 16/01/2012 10:20



Personnellement, j'ai passé un excellent moment avec ma soeur devant ce navet. On pariait sur le ou les meurtriers, et le suspense est resté tendu parce qu'on n'a les révélations qu'à la toute
fin et qu'il est impossible de deviner qui a fait le coup dans l'intrigue est brouillonne... Avec en plus les dialogues nanar du type "Les rumeurs ricochent sur les murs et et sur les toits des
maisons, et certaines deviennent des légendes qui planent... Seul le vent connaît les coupables..."



alice in oliver 15/01/2012 17:57

oui, ça a l'air gratiné

voracinephile 15/01/2012 18:03



C'est peu de l'écrire !



alice in oliver 15/01/2012 15:38

ah... Bon, il va falloir que je le chope celui là

voracinephile 15/01/2012 16:16



Tu ne regretteras pas cette découverte, un pur condensé de nanardise !



alice in oliver 15/01/2012 14:12

hum, ça a l'air délicieusement mauvais: j'en prends bonne note en tout cas

voracinephile 15/01/2012 14:26



^^ Tu devrais apprécier, c'est un des nanars favoris de Nanarland !



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