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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 06:27

 

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Kourtrajmé était en 1994 un petit label de films amateurs, de courts métrages tournés en banlieue avec pas grand-chose d’autre qu’une caméra et quelques accessoires en plus. C’est maintenant une association regroupant plus d’une centaine de membres et se lançant dans des longs métrages. Cependant, leurs courts sont plutôt attachants, car totalement orientés vers les points de vue de leurs auteurs, ce qui confère indéniablement de l’originalité à leurs péloches. On retrouve des habitués de ces courts métrages, comme Olivier Barthélémy, Dimitriu Bulatovic ou Ladj Li, mais dans tous les cas, leurs prestations sont plutôt convaincantes, et les illustres inconnus qui les accompagnent sont souvent sympathiques eux aussi. Intéressons à quelques unes de leurs productions.

 

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On commence par La Barbichette de Kim Chapiron, où jouent Cassel et Bart. Dans cette vidéo, on suit trois frères assis devant la télé qui délibèrent entre eux pour savoir qui doit aller aider leur mère. Situation on ne peut plus classique, l’aîné énumère un maximum de raisons pour déléguer la tâche à ses frangins. Mais là où ça devient drôle, c’est quand l’aîné se rend compte que ses frères sont aussi flemmards que lui, et qu’il prend ça pour un manque de Respé ! Dès lors, c’est parti pour l’épreuve de remise en place. Un « je te tiens, tu me tiens, par la barbichette… » qui prend ici des élans bien plus belliqueux dans la bouche de nos compagnons. Bref, à chaque baffe, c’est limite si on n’éclate pas de rire nous aussi, tant la situation prend une ampleur disproportionnée par rapport aux enjeux. On a même une gentille critique de l’immaturité de nos personnages, qui ont besoin d’un prétexte pour se foutre des tartes dans la gueule. Bref, une petite chamaillerie vraiment drôle, qui fait rire de bon cœur.

 

Vidéo regardable ici

 

On poursuit par Désir dans l’espace, un autre court plus trash que son prédécesseur. Le ton est directement donné par un extrait de film porno de bas étage, avec une extra terrestre qui cherche à baiser avec un maximum de mecs. On enchaîne ensuite sur Bart qui part en soirée avec des copains après s’être masturbé sur le film. On a d’abord droit à une soirée classique, où Bart dragouille gentiment, puis méchamment, en se faisant à chaque fois rembarrer. On suit parallèlement un groupe de jeune fille assez similaire à notre groupe masculin, qui fantasme sur un bel étalon noir d’au moins deux mètres de haut. Le ton montre et deux prétendantes se taperont dessus dans les toilettes. Bart tente lui aussi d’utiliser la violence pour résoudre ses soucis, mais ça ne marche pas vraiment. Et on retrouve donc nos deux loosers dans les toilettes, qui se regardent et finissent par s’embrasser (après avoir gerbé). Cette conclusion rendue bien poisseuse par l’aspect hématophylle de la chose, complètement amoral, est un parcours de soirée un poil trash, montrant comment des loosers peuvent trouver un bonheur relatif dans leur crasse. Pas indispensable, mais on sent une certaine compétence technique derrière le film. Tout le monde est crédible, mais le film ne semble allez nulle part en particulier.

 

Vidéo regardable ici

 

 

Eazy Pizza Riderz : Ce court métrage est clairement mon préféré, car il allie à la fois dynamisme du rythme, hommage aux films de Tarantino et messages subjectifs sur la banlieue. On suit le parcours d’une paire de chaussures volée qui de mains en mains et devient l’enjeu du film, une peu comme la Malette dans Pulp Fiction. Les personnages prennent un peu de reliefs dans chacune de leurs expositions, en provoquant souvent un sourire complice tant la bonne humeur et les clichés sympathiques sont là. Ainsi, une patrouille de keufs lisant Kondé magazine se révèlent être de vraies racailles, une pizzeria fonctionne comme un gang et l’hommage au western est rendu dans une course poursuite infernale en scooter, à grand coup de pétards et de carabine à air comprimé. Ultra cheap mais ultra attachant, on se marre gentiment, et surtout, on ne se fait jamais chier. Avec des acteurs qui cabotinent de tous les côtés, Eazy Pizza Riderz est un délire follement sympathique, qui transcende le quotidien de la banlieue pour en faire un monde excitant. Jouissif.

 

Vidéo regardable ici

 

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Hommage au film « La Haine » : Il était en effet intéressant de s’interroger sur les réactions qu’à pu susciter un film comme La Haine. Si c’est chose faite du côté des cinéphiles et de la société en général, je n’avais jamais pu avoir accès aux réactions des personnes des banlieues, le film tentant de dépeindre le quotidien de jeunes évoluant dans cet environnement. Et ce film est du coup vachement réussi, car de conversations plutôt sympathiques au début, ventant le film et le travail de Kassovitz, mais partant peu à peu sur leurs frustrations, sur leurs haines et sur leur frustration, en faisant véritablement éclater leur colère à l’écran. Ils ont tous l’air tellement convaincus, et cette colère est tellement palpable qu’elle fait réagir à tous les coups, que ce soit par un rire ou un écarquillement des yeux. Chaque interviewé parle une langue différente (et ce n’est pas du français), et quelque soit le langage, l’universalité du sentiment est prouvé. Ils rejouent donc la scène du miroir, où Vincent Cassel se parlait à lui-même avant d’avoir ce geste symbolique de flinguer son reflet, ici répété 4 ou cinq fois, toujours efficace, et qui se réserve quand même quelques séquences d’humour voulu. Bref, un bel hommage et un peu de pellicule à l’impact non démenti. Un joli boulot.

 

Vidéo regardable ici

 

En bref, il existe une compilation en 3 dvds de ces petites productions, que je ne vous conseillerai jamais assez d'acheter (si là encore, le style vous intéresse)

 

http://www.suchablog.com/wp-content/uploads/2009/09/kourtrajme-nerf.jpg

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commentaires

2flicsamiami 06/07/2011 10:36


Au risque de paraitre un peu rabajois, j'ai l'impression qu'ils font un peu toujours la même chose (le coté "jeune des rues"). Et c'est le genre de truc qui ne me passionne pas trop.


voracinephile 06/07/2011 11:31



^^ Pas vraiment rabajois ! Cet article est surtout là parce que j'aimerais parler un peu du sujet, puisque je suis par hasards sur ces courts en recherchant des compléments pour Sheitan, et j'en
ai apprécié certaines. C'est sûr qu'il y a un côté "caïd qui se la pète parce qu'il joue dans un film", mais certains ont vraiment des idées sympas. Après, ça ne sera jamais du grand cinéma, mais
ces petites oeuvres ont quelque chose d'attachant. Après, c'est toujours une ambiance particulière, donc il n'y aura pas un engouement général pour ces courts métrages, mais c'est intéressant de
connaître un peu leur boîte de prod !



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