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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 13:02

http://media.zoom-cinema.fr/photos/13055/affiche-l-a-zombie.jpg

 

Est venu pour moi l’occasion de parler d’un cinéaste underground pour le moins atypique : Bruce Labruce. Ce réalisateur s’est fait connaître à l’international avec Hustler White, un drame gay assez trash sur lequel ce blog reviendra. Et depuis, son thème de prédilection reste l’homosexualité, qu’il présente toujours dans un contexte décalé ou underground. Récemment, il lie homosexualité et zombie, d’abord avec Otto or up with dead people (on y reviendra, mais j’ai beaucoup aimé), et maintenant avec L.A. Zombie (ou Hard Zombie), le film du jour. Nous informons à ce titre que ce film contient des scènes porno gay, merci aux mineurs de retourner dans les autres catégories.

L’histoire : une sorte de zombie marin émerge des flots près de Los Angeles, réanimant les corps des personnes mortes qu’il découvre pour en faire des compagnons gays.

 

http://olivierpere.files.wordpress.com/2011/11/l-a-zombie.jpg?w=1024&h=576

 

Même si le pitch de départ semble partir sur de la parodie du film de zombie (difficile de ne pas sourire devant un script aussi… osé/provoquant), le film veut vraiment planter un contexte sérieux, croyant en sa créature et essayant même de donner un certain côté poétique à son film, ce qui passe notamment par la bande originale du film, très apaisée et calme, filmant les errances de sa créature au milieu d’une citée dévorée par la violence (et dans sa dernière partie par l’homophobie) où les cadavres semés dans les ruelles deviennent des personnages à part entière. Labruce veut innover, et ça se sent, rien que dans le concept de son « roi zombie », qui réanime les corps à l’aide de sa semence, qu’il insère dans l’organisme directement par les plaies des corps qu’il trouve. Un concept totalement barré, plutôt bien fait au niveau des maquillages (le membre du zombis ressemble alors à un dard de scorpion), qui vient enrichir la mythologie du zombie d’un registre porno qu’on n’avait jamais attendu du genre. Car nous sommes bien loin de trips nécrophiles métaphoriques à la Nekromantik, mais dans un porno gay underground. A ce titre, précisons que Bruce Labruce a tourné deux versions de Hard Zombie. La version soft se limite à un érotisme gay (mais vu les concepts, je me demande comment il a pu atténuer la portée des images), et le director’s cut (celui que j’ai pu voir) s’attarde dans des scènes porno à chaque nouvelle réanimation. Pas vraiment d’intérêt en termes de mythologie zombie de ce côté-là, mais bon, on savait que c’était un porno gay dès le début, donc à ce titre, le film délivre la marchandise. En tout cas, cette vision de l’homosexualité associée à la contamination zombie (qui s’étend au travers de la ville en touchant des victimes de différents milieux sociaux) est pour le moins originale, marquant davantage la marginalité du comportement de ses réanimés, et leur permettant maintenant de « donner la vie » d’une certaine manière. L’idée est amusante, même si le film se contente surtout d’être un porno homosexuel fourni (un registre qui ne devrait pas vraiment faire un tabac au box office). Amusant, marginal, mais pas grand-chose à discuter dans ses partis pris, contrairement à Otto qui lui fourmille d’idées et se révèle beaucoup plus sobre en termes de « débauche » graphique, ce qui lui permettait de s’ouvrir à un public un peu plus large (dans le sens où le cinéma porno, gay ou hétéro, touche un public plus ciblé).

 

3.7/6

 

http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/86/72/36/19856803.jpg

Une nouvelle vision du mythe zombie...

Par voracinephile - Publié dans : Extreme (Culte II, second blood)
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Commentaires

mince, ça avait l'air prometteur pourtant... Mais bon, j'essaierai quand même de le voir celui là.
Commentaire n°1 posté par alice in oliver le 04/05/2012 à 08h21

Indéniablement il y a quelque chose de neuf dans ce film, et la mythologie du zombie est complètement réinventée. Après, il n'y a pas vraiment de subversion, il y a quelques moments de poésie, mais la moitié de la version longue consiste en des scènes porno. Peut être que la version soft insistera plus sur les aspects poétiques du film, mais en l'état, le film est sympathique sans susciter davantage mon adhésion. L'esthétique est inégale, les acteurs arrivent à s'en sortir lorsqu'ils parlent, mais sinon, j'ai trouvé le film moins riche qu'Otto o up with dead people. Il y a plus de gore et de sexe dans L.A. Zombie, mais aussi moins de sentiments.

L'hommage à Romero sur l'affiche est en tout cas un régal ^^

Réponse de voracinephile le 04/05/2012 à 11h48
encore une fois, je pense que le film mérite que je m'y attarde. En tout cas, il suscite vraiment ma curiosité
Commentaire n°2 posté par alice in oliver le 04/05/2012 à 17h49

Oh, je pense qu'il y a matière à voir, certaines idées décalées de Bruce Labruce valant le coup d'oeil. Mais ne t'attends pas à une satyre sociale ou à un quelconque brûlot (car les thématiques "rebus de la société" sont plus suggérées que traitées à fond (d'où ma note un poil mitigée, mais pas non plus cassante).

Réponse de voracinephile le 05/05/2012 à 14h31

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