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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 11:27

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Véritable maître de l’horreur, Lucio Fulci a réalisé de nombreux films d’horreur, avec quelques projets plus personnels, comme l’excellent Beatrice Cenci. Mais si il reste bien un titre qui a marqué les esprits, c’est L’au-delà. Véritable film d’exploitation mélangeant des pans entiers de culture horrorifique (des zombies, des esprits tourmentés, l’Enfer…), le script bouffe à tous les râteliers, concurrençant le cercle des trois mères d’Argento sur le terrain du fantastique (visuellement, c’est ici beaucoup plus sobre) et développant des bases passionnantes. Si mon préféré du réal reste toujours le terrifiant La maison près du cimetière, L’au-delà contient quand même des morceaux de bravoures intéressants à aborder.

L’histoire : en 1927, un peintre sur le point d’achever un tableau représentant l’Enfer est massacré par les habitants du coin, qui le considèrent comme un sorcier. De nos jours, l’hôtel dans lequel il résidait est en rénovation, sous la direction de Liza, propriétaire des lieux. Des évènements étranges commencent alors à se produire…

 

http://1.bp.blogspot.com/-0yyo61IQ6ag/Ty966rpdshI/AAAAAAAAHFk/dFWSEY791lc/s1600/vlcsnap-2012-02-06-00h52m57s4.png

 

Le pain quotidien de Fulci, c’est le gore. Et du gore, L’au-delà en regorge, n’hésitant pas à donner dans la violence craspec pour donner un peu de sel à son histoire. Ainsi, dès les 5 premières minutes, nous aurons droit au supplice du peintre, battus à coup de chaîne (chaque coup laissant une marque sanglante façon La Passion du Christ), avant d’être crucifié sur un mur et brûlé à la chaux. Radical. Et très vite, nous arrivons à notre époque contemporaine. L’hôtel est en travaux, et la belle Liza s’occupe des directives. Toutefois, les choses commencent bientôt à se gâter. Une fuite dans la cave implique l’intervention d’un plombier, et ce dernier, brisant un mur de brique, libère le corps zombifié de l’artiste mort (ce qui nous vaudra une scène d’écrasement de visage amusante plutôt que convaincante). Et à partir de là, les intrigues commencent à se multiplier. D’un côté, on suit les cadavres qui commencent à tomber comme des mouches à la morgue, où il commence à se passer des phénomènes étranges. De l’autre, on suit notre héroïne, de plus en plus perturbée par les évènements qui ont lieu dans son hôtel et qui passe pour folle auprès du beau médecin généraliste. Mais arrive alors les personnages aveugles, qui servent constamment de mise en garde pour Liza, qui s’évertue à rester dans son hôtel. Ainsi, plutôt que de rechercher une cohérence sans faille, le film multiplie les intrigues et les possibles directions, en jouant la carte de la générosité (chacune de ces voies se conclue par un bain de sang). Ce qui fragilise l’œuvre du point de vue du fond (cette histoire de porte des enfers… Mouais…), mais qui la rend incroyablement ludique et pas ennuyeuse un seul instant. Alors que les apparitions se font de plus en plus menaçantes, une invasion zombie commence à apparaître à la morgue. Le film donne alors dans la tension, continuant sur sa lancée sans jamais chercher à ralentir son rythme, nous préparant à son tableau final, qui reste encore aujourd’hui une référence dans le genre. Un véritable portrait macabre, très poétique dans l’idée et dans les symboles (la vérité qui aveugle, c’était bien trouvé), et qui conclut ma foi sur une note emballante le film. Après, ce dernier est pétri de défauts qui ne jurent pas avec les films de Fulci. On relèvera par exemple un procédé d’angoisse totalement inefficace : le coup de l’ombre qui fait crier l’héroïne alors qu’on sait déjà qu’il s’agit du médecin qui passait par là pour voir si tout allait bien, ou encore la scène culte des araignées, très gore, mais qui croit qu’en mettant des araignées en plastiques dans un champ flou, on va se laisser berner. Bon, on a envie de se laisser berner, car les grosses araignées poilues, on aime, mais quand même, les gros plans laissent parfois vraiment à désirer. Pétri de défauts, mais ne manquant pas d’âme ni d’enthousiasme, ce cru de Fulci se révèle être de très bonne tenue, offrant un lot de zombies plutôt menaçants et quelques belles séquences d’ambiance.

 

4.5/6

 

1981
de Lucio Fulci
avec Catriona MacColl, David Warbeck

 

http://4.bp.blogspot.com/_J0zObH4oN_c/TF3ZqeU7ELI/AAAAAAAABkc/JmVl-gYdeO4/s1600/L%27au-dela-Fulci-01.png

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

hdef 24/06/2014 14:21

L'Au-delà ou Deux yeux diaboliques ?

hdef 09/06/2014 18:09

"La direction artistique est complètement différente aussi, question ambiance et éclairage" Oui, question éclairage c'est sûr c'est autre chose :D
Les éclairages de L'au-delà à ce titre sont purement abominables !!! Mis à part l'ouverture "choc" du film, le reste est franchement torché avec un allume-feu mal foutu ! Je suis méchant mais les
scènes dans le noir feraient passer le final de Magnum Force pour quelque chose de lisible !
Sur la musique pas tellement puisque sauf erreur, les deux zigotos ont travaillé avec les Goblins. En outre, Romero ne fait pas toujours preuve de prosaïsme : 'suffit de voir sa participation à
Deux yeux diaboliques aux côtés... d'Argento ! Tout ce qu'il y a de plus irrationnel !!!

voracinephile 23/06/2014 23:02



Et bien je le revois dans la semaine et je reviens en parler, attention, ça va barder !



Hdef 02/06/2014 16:55

Bah oui mais L'Éventreur de NY, je ne l'ai pas vu figure-toi (je sais, c'est la honte !).
Du reste je préfèrerais encore qu'il pompe Romero, car Dawn of the Dead vaut mille fois L'au-delà.

voracinephile 05/06/2014 16:59



Aha ! Ta lacune est repérée !


Mais... comment peut-on faire un parallèle entre Romero et Fulci ? Les ambiances sont si différentes ! Rien que sur les musiques, Fulci enterre tous les romero. La direction artistique est
complètement différente aussi, question ambiance et éclairage. Romero a toujours une approche carthésienne et thriller quand il suit ses humains (avec cette insistance sur les liens sociaux),
alors que Fulci se lance vraiment dans l'horreur et cherche à faire flipper sans que ça bouge vraiment. Je met les deux au même niveau, ils représentent chacun une face du cinéma bis :
l'efficacité et le charme.



hdef 01/06/2014 12:46

En fait j'ai aussi l'impression que Fulci ne se renouvelle pas depuis Zombi 2. C'est sympa, je dis pas, mais ce serait gentil de passer à autre chose !

voracinephile 02/06/2014 12:37



Il fait aussi ce pourquoi on le paye : des films de zombies qui exploitent le filon. Mais plutôt que de se borner à pomper Romero, il donne un côté mystique à ses créatures et donne toujours un
cachet d'auteur à ses productions. La maison près du cimetière est, là encore, un film de zombie déguisé en film de fantômes, qui utilise les codes des deux genres (du giallo aussi) pour
terroriser le spectateur.


Et n'oublions pas l'Eventreur de New York, qui compte parmis les giallos de référence.



hdef 01/06/2014 12:37

Perso les coups de chaînes me font bien plus penser au premier film gore de Fulci : La Longue nuit de l'exorcisme qu'à La Passion du Christ ;)
Par ailleurs, un bon cru bisseu du cinéaste bien que je n'aime pas la fin (what the fuck ce désert ??? Et combien de fois les protagonistes regardent-ils derrière eux ?!!). Cela dit, dans le
domaine du gore, ça a beau être tenace (la mort de Martha, les araignées, la mort du plombier), j'ai le souvenir que L'enfer des zombies était encore plus duraille !! Après, question de goût, et ça
reste sympathique et parfois même brillant (l'orage, les premiers plans sur le fleuve)

voracinephile 02/06/2014 12:35



Je n'ai toujours pas vu la longue nuit de l'exorciste. Mais la violence des coups a été plutôt bien dosée au montage. En termes de gore, L'enfer des zombies a peut être effectivement un quota
plus élevé de scènes cracra. Mais le climat de peur est ici plus intriguant, bizarrement, il suggère davantage, et cette scène finale qui tente une vision infernale, c'est carrément ambitieux
pour une petite commande de film gore. Mais c'est aussi beaucoup pour la musique que j'apprécie ce film. Certains de ses morceaux sont un bonheur à écouter, aux antipodes de tout ce à quoi on
puvait s'attendre...



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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