Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 14:29

18403156.jpg

 

Joël Schumacher blablabla 8mm et phone game, deux bons films, blablabla, Batman forever et Batman et Robin, deux étrons, blabla, Le fantôme de l’opéra, et maintenant L’expérience interdite (titre original : Flatliners) qui s’intéresse à la vie après la mort sous un angle scientifique, un peu comme Bernard Werber dans les Thanatonautes, où un groupe de psychologues et de médecins tentaient des expériences de mort imminente. Ici, nous avons la carure d’un bon film de Science fiction, et même formellement, le film a tout du projet qui tient la route. Cependant, les pistes qu’il choisit sont souvent trop « connotées » pour remporter une adhésion franche au projet, le script semblant parfois téléguidé par une morale un peu hollywoodienne.

L’histoire : Une équipe de 5 médecins se lance dans des expériences de mort imminente pour en savoir un peu plus sur la vie après la mort.

 

http://cache.20minutes.fr/img/photos/20mn_indesign/2010-10/2010-10-19/article_1910-SAN-EXPERIENCEINTERDITE.jpg

 

Qu’on vous rassure tout de suite, oui, il y a quelque chose après la mort. C’est ce que nous dit L’expérience interdite, projet de SF ambitieux qui tente de jouer avant tout la carte du réalisme. Plantant d’abord différents personnages (docteurs ou étudiants en médecine) aux caractères différents, mais plutôt idéalistes (ce sont des pionniers, même si ils affichent parfois une certaine timidité), qui vont se lancer dans des expériences d’arrêts cardiaque, à tour de rôle sur leurs camarades. Un début plutôt convaincant, le jargon médical employé semblant tenir la route et les équipements requis pour l’opération semblant appropriés (à part la couverture chauffante qui change de couleur pour bien montrer qu’on refroidit ou qu’on chauffe, pas de faute de goût). Et partant des postulats populaires classiques (tunnel de lumière, proches qui parlent…) le film commence à creuser son trou, en nous dirigeant alors vers des flashs backs. On se dit qu’on n’en reste au stade de la vie qui défile (mais après la mort), mais c’est en fait un peu plus compliqué que cela. Rapidement, les différents membres de l’équipe ayant tenté une expérience pour entrer en contact avec l’au-delà se retrouvent harcelés par des visions étranges, qui viennent harceler moralement nos médecins. A quoi avons-nous affaire ? Des âmes en peines qui s’accrochent à eux ? Non, la réponse est moins subtile. Il s’agit d’incarnations des péchés de l’individu, qui se mettent à harceler le pâcheur jusqu’à ce que celui-ci fasse pénitence. Même pour un catho comme moi, voir une telle morale assénée de la sorte a du mal à passer, le tout semblant vraiment trop artificiel, trop codifié pour être accepté comme une explication possible de la vie après la mort. Là où Enter the Void se montrait amoral et retournait dans les pulsions fondamentales de l’être humain, voilà nos scientifiques harcelés par des broutilles. L’un s’est moqué d’une petite fille à l’école, et le voilà tout penaud, harcelé par une gamine qui l’injurie copieusement jusqu’à ce qu’il aille demander pardon à la victime, aujourd’hui grandie. Et que dire de cet étudiant en médecine libertin, qui se retrouve harcelé par les visions de ses conquêtes qui viennent le traiter comme un objet. D’ailleurs, point de rédemption pour lui, il suffira juste que sa copine le plaque pour voir ses visions disparaître de la trame du film. Il ne reste que Keiffer Sutherland et son péché irréparable pour capter encore notre intérêt, ce dernier ayant carrément tué un môme et, désirant se racheter, lançant seul une ultime expérience de mort. Quant à Julia Roberts, elle est la grande épargnée du film, ses visions l’amenant non pas à faire pénitence, mais à recevoir les excuses d’un mort. C’est touchant, mais la scène m’a un peu rappelé le final de Contact… Formellement, le film est très bien troussé. Bel éclairage, ambiances travaillées, acteurs impliqués, tout le monde a l’air d’y croire. C’est d’ailleurs un peu injuste pour ce film, qui reste au demeurant au dessus de ce que sa réputation semble indiquer, mais qui s’attire facilement notre anthipathie pour sa morale trop identifiable, trop assénée pour être prise telle quelle. Sans compter que le film laisse rapidement tomber les bases connues pour se focaliser sur sa vision de l’après vie. Malgré les efforts du montage du film pour nous faire prendre le tout comme une véritable expérience (flash back chargés de sentiments, bande son tout en relief, effets visuels presque psychédéliques…), on reste toujours un peu en dehors, ce qui est bien dommage pour un tel sujet. Dommage que Schumacher soit allé aussi loin, mais le film, si on est conscient de s’aventurer en pleine métaphysique chrétienne, peut largement prétendre à faire passer un bon moment.

 

3/6

 

1990
de Joel Schumacher
avec Kiefer Sutherland, Julia Roberts

Partager cet article

Repost 0

commentaires

alice in oliver 16/04/2012 09:50

pourtant, elle a quand même joué dans Pretty Woman. Rien que pour ça, elle mériterait presque la damnation éternelle !

voracinephile 16/04/2012 22:12



Elle mériterait de finir harcelée par des clients lubriques ! Fallait pas jouer avec ces choses là, ma p'tite dame !



alice in oliver 16/04/2012 08:07

oui dommage car ce film possède un véritable potentiel

voracinephile 16/04/2012 09:05



Un film dans la veine des Schumacher, du potentiel, mais bancal... Heureusement, la partie avec Keifer reste à peu près intéressante jusqu'à la fin du film. Mais Julia Roberts qui n'a jamais
péché...



alice in oliver 15/04/2012 17:36

le concept n'est pas inintéressant mais se noie rapidement dans des séquences saugrenues: Baldwin et ses anciennes ex qui le poursuivent... Mais enfin, qui a pu torcher un truc pareil ?

voracinephile 15/04/2012 18:28



Tiens, toi aussi, tu trouves cette morale chrétienne un peu relou à la longue ? Non pas que l'idée soit mauvaise, mais le film impose des peccadilles comme des péchés mortels. Un peu de sérieux !
Après, la réalisation est compétante, mais le script cloche...



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche