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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 07:06

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C’est peu dire que d’affirmer aujourd’hui que la saga initiée par « Chéri, j’ai rétréci les gosses » a marqué mon enfance profondément. Avant de découvrir les Toy Story, combien de temps ai-je passé à m’imaginer affrontant le monde actuel à une taille beaucoup plus réduite, faisant du doux quotidien que l’on connaît un combat de tous les instants (ou pour d’autres, un refuge salutaire à l’abri du monde extérieur). Un tel concept fait rêver, et c’est bien à ce premier dessein qu’aspire L’homme qui rétrécit, chef d’œuvre du film fantastique, diablement ambitieux avec ses effets spéciaux. J’ai eu la chance de le découvrir sur grand écran (les vidéo-projecteurs changent vraiment les conditions de visionnage d’un film), et le spectacle ne manque pas d’ampleur. Un classique à (re)découvrir d’urgence !

L’histoire : un homme nommé Scott Carey est en contact au cours d’une sortie en mer avec un mystérieux nuage radio-actif. Une fois de retour chez lui, il se rend compte qu’il rétrécit peu à peu, sans que le phénomène semble se stabiliser.

 

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L’homme qui rétrécit a le talent de jouer sur plusieurs tableaux. D’abord, il s’assume parfaitement comme un pur produit des années 50, tant au niveau de l’ambiance (mode de vie banlieusard…) que des personnages (héros blanc et blond plutôt musclé, épouse aux cheveux frisés…). En cela, il conserve un certain charme de l’époque, souligné par la naïveté de la cause de la mutation (« les radiations », ça n’explique pas tout aujourd’hui). Mais il tente de conserver un rythme réaliste, et avant de faire vraiment rapetisser son héros, le réalisateur en fait un freak. Un phénomène de foire consulté fréquemment par la science pendant quelques temps. Le suivi psychologique du héros et de son entourage est alors très juste, ces derniers étant peu à peu excédés par la popularité malsaine de son mal. Mais son cas demeurant sans solution, le public se désintéresse rapidement de son sort, un discours qui s’applique encore admirablement à l’information de nos jours (le renouvellement quotidien de l’information pour relancer le public sur du sensationnel, quitte à délaisser les problèmes difficiles). En cela, l’introduction est plutôt engageante, osant d’ailleurs une rencontre entre l’homme qui rétrécit et une naine à peine plus grande que lui , sans toutefois pousser plus loin la possible intrigue sentimentale, ce rendez-vous inattendu permettant surtout de mettre un peu de baume au cœur de notre héros. Puis vient enfin le segment tant attendu, où notre héros, attaqué par le chat de la maison (une séquence admirablement réussie d’un point de vue effets spéciaux), passe pour mort alors qu’il tombe dans la cave de la maison. Incapable d’appeler à l’aide ou de remonter au grand jour (l’escalier étant infranchissable, l’homme se retrouve alors poussé par la logique de la survie. Trouver à boire, où dormir, et à manger. Des problèmes pas si évidents à résoudre que ça dans une cave. D’autant plus qu’elle abrite quelques petites bêtes qui sont loin de considérer  comme un prédateur. La petite faute de goût de ce film, c’est d’avoir utilisé une mygale pour illustrer le concept de l’araignée (ça fait vraiment un peu trop gros). Mais dès que le spectateur fait un effort pour voir une araignée au lieu d’une tarentule, la sauce prend, et c’est peu à peu un combat titanesque qui s’engage sous nous yeux émerveillés. Le fil redouble d’inventivité et de rebondissements pour pimenter son histoire de survie, dont le rythme, semblant légèrement plat, se révèle plutôt payant, l’immersion étant favorisée par les démarches logiques du héros et des effets spéciaux bluffant, parvenant à merveille à créer l’illusion du rétrécissement. En ça, le film de Jack Arnold se révèle particulièrement réussi, puisqu’il parvient a recréer le goût de l’aventure alors que nous sommes dans un univers familier et parfaitement connu, et nous offre en dernier acte un combat haut en couleur (enfin… en noir et blanc) opposant deux adversaires déterminés, dont le rendu des effets spéciaux parvient encore à faire illusion de nos jours. La conclusion, petite merveille de relativisme à l’échelle des astres, se permet d’effectuer un postulat assez énorme en spéculant sur le rétrécissement du héros à l’échelle de l’atome, s’interrogeant sur son devenir, seul sur un astre qui grandit un peu plus chaque jour, à l’image de l’univers qui s’étend lui aussi. Des images célestes qui tentent une réflexion relativisant  le concept de taille à l’échelle cosmique, je me demande ce qu’on aurait pu trouver de plus habile pour clore un sujet pareil. Bien dommage de l’avoir découvert aussi tard, c’est un indispensable d’une richesse incroyable, qui plus est adaptée aux goûts de l’ensemble de la famille. A voir sans hésiter !

 

6/6

 

de Jack Arnold
avec Grant Williams, Randy Stuart

 

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commentaires

Vince12 24/05/2012 08:12

J'ai vu Spider et ça m'a pas donné envie de voir Arachnophobie.
Sinon pour l'homme qui rétrécit la partie dans la cave et sans doute la plus intéressante l'homme revient à son état primitif et étrangement c'est dans ce monde qu'il survivra.
Alors que le monde civilisé a failli causé sa perte le nucléaire l'a rétrécit, la science a plus voulu l'utiliser que le soigner, un chat domestique a failli n'en faire qu'une bouchée, et sa femme
et son frère n'ont pas étét en mesure de lui venir en aide.

voracinephile 24/05/2012 17:07



Ah, tu as vu un de mes nanars de chevet alors ^^


L'étude assez fine de la situation m'a moi aussi surpris. Si le film commençait avec les clichés de l'américain des années 50, le traitement psychologique des personnages est d'une subtilité
touchante (le héros qui devient tyrannique, qui rencontre une naine...), et le côté survie est vraiment poussé à fond. La séquence du chat, la vaine recherche de nourriture... Autant de détails
qui viennent renforcer le côté réaliste du film.



Vince12 23/05/2012 18:25

Oui le noir et blanc peut se révéler utile. En tout cas pour revenir sur notre araignée, on joue bien avec nos nerfs, on nous la montre surgir de son coin puis elle passe sans voir notre héros et
rentre chez elle. A partir de ce moment là on s'attend à la voir surgir à n'importe quel moment et pourtant elle ne réapparaît que très longtemps après. Mais pendant tout ce temps j'étais en
stress, en plus je déteste les araignées.

voracinephile 23/05/2012 21:19



Un joli monstre du cinéma en effet, et en tout cas une des araignées "géantes" les plus marquantes au cinéma. Dans le genre, peu d'arachnides ont été aussi réussis (et j'en ai vu quelques
représentants, comme le ridiculte Spiders ou arachnophobie).



Vince12 22/05/2012 15:05

Remarque je sais pas trop où se situe l'action, mais dans certains coins des usa (au sud et à l'ouest il y'a parfois des tarentules) qui peuvent se faufiler ici et là. Mais je pense que tu as
raison, les mecs voulaient la faire passer pour une araignée domestique et comme ils n'avaient pas les même moyens à l'époque ils ont choisi une tarentule (ou migale) pour faciliter la scène car
faut un sacré objectif pour pouvoir bien filmer une petite araignée.
Cela dit tu as raison de dire que les effets spéciaux sont toujours bluffants aujourd'hui, surtout que je trouve que le noir et blanc permet de dissimuler certains détails compromettant.

voracinephile 23/05/2012 15:59



Je pense moi aussi que ce sont des difficultés techniques que tu décris qui les ont poussé à choisir ce type d'araignée. D'autant plus qu'elle serait plus impressionnante qu'une banale araignée
des maisons (qui ont en plus des pattes fines, un cauchemar pour les effets spéciaux)... Le noir et blanc a bien vieilli, et les quelques dessins animés utilisés (quand on le voit marcher dans
une rue avec une taille de 30 cms) s'intègrent mieux dans l'image.



Vince12 22/05/2012 11:26

Un pur diamant du cinéma. beaucoup plus complexe qu'il n' y paraît, une réflexion sur la place de l'homme dans l'univers, sur le nucléaire, sur la science, sur l'instinct de l'homme.... Un film
vraiment riche et un petit OFNI du ciné.

voracinephile 22/05/2012 13:44



^^ Une vraie merveille, découverte grâce à Naveton et qui m'a littéralement emballé. C'est bien simple, on a pas fait mieux depuis, et les effets spéciaux s'en sortent très bien après toutes ces
années. Seule petite faute : la mygale dans une cave, mais bon, si on la voit comme une banale araignée domestique, ça passe mieux... Un chef d'oeuvre du fantastique en tout cas !



Miss Terry Traine 28/12/2011 19:18

grrr, ils sont là mais quand je suis revenue sur l'article, ils n'y étaient pas :( il a fallu que je rafraichisse la page :p
Pour en revenir aux gôuts, personnellement, je ne trouve pas qu'aimer des choses sombres, violentes ou gores soient clauques, ça fait parti de la vie et de notre propre violence. Si on ose se
regarder en face, on a tous une part qui pourrait sembler sordide alors que c'est naturel. On refoule plein de chose pour vivre en société et je pense que visionner ce genre de film, si on est
équilibré bien sur, est plus libérateur que traumatisant. Je suis quelqu'un de trés sereine dans ma vie mais je sais que je peux être violente comme toute personne si les évènements me poussent à
agir de la sorte. Je n'ai pas peur de cela.
Je pense aussi qu'on doit avoir pas mal d'affinité sur les films et peut-être sur la façon de penser. Ton com sur le fait que l'Homme est de nature instable me l'a fait penser car comme toi, je
pense, je ne tire pas de généralité sur les autres et je pense aussi que tu dois te préserver des jugements. Tu as cerné que l'être humain est complexe et c'est une bonne chose car peu s'en rende
compte.
Il y a un truc que j'aime bien dans le gore, ce sont les films anglais comme "Bienvenue au cottage" ou "Shaun of the dead" qui mélange humour et gore. Ils m'ont bien fait rire tout en restant dans
l'esprit convival du gore.
J'ai un onglet, chez moi, avec une liste (non fini bien sur) de films que j'aime, je te mets le lien, tu verras, ils sont trés variés.
http://miss.terry.traine.over-blog.com/pages/Films_a_voir-6017281.html

voracinephile 31/12/2011 13:38



Pour les goûts, le cinéma a surtout la faculté de couvrir énormément de sujets, et donc d'émotions, facilement accessibles. Du coup, quelques soient nos envies du moment, on peut toujours trouver
quelque chose qui nous parle. Même les navets peuvent se révéler utiles (perso, je les regarde quand je suis énervé, histoire de bien me défouler sur eux dans les chroniques, ça évacue ma colère
et après, je passe à autre chose). Après, la violence en société est toujours quelque chose d'un peu délicat à aborder, puisqu'elle effraye beaucoup et qu'elle peut apparaître à tout moment. Je
suis plutôt du côté de la catharsys moi aussi en ce qui concerne les films violents (j'ai admis le fait que la société influe sur l'Art, et pas l'inverse).


La complexité de l'esprit humain est certes grandes, mais on trouvera sans cesse des nuances qui pourront indiquer qu'au contraire, il est aussi fait de réactions instinctives et claires. Par
exemple, pour moi, il est impossible de ne pas juger quelqu'un. Comment ne pas juger un individu qui t'insulte sans tenir compte d'autre chose que ce qui lui a déplu ? Tout ce qu'on peux faire,
c'est tenter de ne pas faire interférer ce jugement dans nos choix ou notre conversation, mais ça ne sera pas possible d'être sans à priori. J'adore les livres de l'auteur Cizia Ziké, et tous ses
personnages ont toujours une psychologie basique, mais qui fonctionne à la perfection, quelque soit la société où ils évoluent. Pour moi, c'est impossible de cerner un concept comme l'Esprit
humain en général. On peut juste tenter des approches individuelles (ce que font nos amis psychiâtres) et de vagues comportements de groupe (la peur, amie du politicien...), mais sinon, il
devient rapidement difficile d'établir des règles pour un concept qui mélange complexité et instinct.


Pour les films gores marrants, tu devrais essayer les premiers Peter Jackson (peut être les connais-tu déjà). J'irais jeter un coup d'oeil à ton onglet. A bientôt.



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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