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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 17:41

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Les productions Besson, c’est une histoire d’amour entre moi et eux, surtout depuis Taken (et depuis, avec Taxi 4 ou From Paris with love, je m’éclate). Toutefois, ils ont sorti récemment un film qui avait fait un peu parler de lui : L’immortel. Un casting français plutôt conséquent (Reno et Merad, quand même) et une envie de faire un bon film de mafia, hélas alourdi par des choix beaufs d’assez mauvais goût.

L’histoire : Charlie Mattéi, parrain de la mafia marseillaise, a pris sa retraite du crime et vit maintenant comme un grand père, jusqu’à ce qu’il soit victime d’une tentative d’assassinat. Malgré 22 balles dans le buffet (et aucun organe vital touché), il parvient à se remettre de ses blessures et se prépare pour la vengeance.

 

http://s.excessif.com/mmdia/i/11/5/l-immortel-de-richard-berry-4241115hyuvg.jpg?v=1

 

Un peu facile de se rabattre uniquement sur des aspirations divertissantes quand on scrute le film sur sa longueur. Si le script essaye de cadrer de façon plutôt « réaliste » la mafia marseillaise, difficile de ne pas éclater de rire devant certains clichés qu’elle nous donne à voir. A ce titre, le marseillais au hachoir qui parle avec un accent forcé est juste impayable, ruinant une scène complète sensée mettre la pression. Toutefois, le film est ici moins indigent que les productions besson habituelles, car elle est ici taillée pour le cinéma français. Enfin un film d’action fait pour l’hexagone ! Si ça se sentait déjà dans le casting, les fréquentes références à la culture du sud ou les décors typiques des bouches du Rhône apportent un brin de fraîcheur à l’ensemble, lui donnant assez de carrure pour s’imposer comme un divertissement national (au même titre que l’excellent La Proie). Cependant, le film pêche aussi par de nombreux défauts. Si Jean Reno s’investit dans son rôle (ça se sent, il participe même à ses scènes d’action, même si il a besoin de quelques coups d’accélérés pour se donner du punch), Kad Merad est dès son apparition à côté de la plaque, se mettant à renifler un de ses sbires car il n’aime pas les fumeurs. Ce premier contact est un foirage total (impossible de le prendre au sérieux, c’est un mafieux de pacotille), et ça va aller en empirant. Quelques secondes plus tard, il se met à bégayer (c’est voulu, mais c’est aussi involontairement drôle) et fait des menaces auxquelles on ne croit pas un instant, et plus tard, pendant la vengeance de Mattéi (car on se doute depuis le début que c’est Kad qui a commandité l’assassinat), on se verra taper avec une chaise sur son stock de drogue (ce qui est complètement stupide, vu qu’il ruine sa marchandise). Niveau action, ça envoie le pâté, mais ce n’est quand même pas toujours très bien filmé (on cède au sur-montage pendant quelques plans), et les accélérés sont assez perceptibles (la course poursuite en moto en est une belle preuve). Enfin, il y a ce problème récurrent dans les histoires de vengeance : ces insistances sur des détails sensés justifier des prises de décision. La vengeance de Mattéi consistera à abattre froidement chacun des tireurs présents lors de son calvaire. Ce qui est prétexte à ralentir le déroulement du film et à tuer un par un nos tireurs. Et du coup, on aura fréquemment Mattéi qui s’amène avec un flingue, notre tireur apeuré qui supplie et qui demande pardon en disant qu’il a de la famille, Reno qui baisse son flingue avant de remarquer un détail qui le fait abattre son agresseur. Et on procèdera ainsi pour au moins la moitié des tireurs qui étaient présents. Pour ce qui est des méchants dans la mafia, on retiendra surtout le quasi-chauve à l’accent marseillais qui menace tout le monde, qui abat certains de ses hommes comme ça, par caprice, et qui les malmène pour bien montrer qui est le patron. Du cabotinage pareil, ça me rappellerai presque Ultime Combat. Et que dire des goûts musicaux de Reno, taillés pour faire de lui un parrain italien… A ce titre, le film se lance aussi régulièrement dans des flashs-back cheap qui échouent à donner de la profondeur au tandem Reno-Merad. La fin tient toutefois une promesse : le face-à-face entre Reno et Merad n’est pas raté, il réussit même à impressionner pendant quelques secondes avec une violence qu’on n’attendait pas vraiment avec des stars de ce cru. L’immortel, est loin d’être bon, c’est clair, mais il est en tout cas mieux conçu que les Besson habituels, et par conséquent il se regarde plus facilement que ces derniers.

 

1.5/6

 

2010
de Richard Berry
avec Jean Reno, Kad Merad

 

L-Immortel-Ext-1_emission_premium_fond.jpg

Mafiosi !

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commentaires

borat8 20/01/2014 13:31

D'ailleurs, rien qu'en évoquant le rôle de Kad Merad ma mère a beaucoup ri. Rien que l'idée de le voir en mafioso déclenche une certaine hilarité. On se demande pourquoi tiens! Sans compter tous
les clichés du genre avec la fille du héros qui n'aime pas les manières de son père, le mafioso qui en a dans le pantalon (manque de pot c'est tombé sur Kad!), ses hommes de main qui ont des burnes
grosses comme ça, la flic dépressive depuis la mort de son mari, le commissaire véreux... En plus, j'avais demandé à un pote de le voir aussi comme ça on conversait par sms pendant le film, ce qui
était encore plus drôle. En sachant que je fais pareil à chaque Twilight que je vois.

borat8 19/01/2014 23:20

Je viens de le voir sur la une, qu'est-ce que j'ai ri! Autant sur From Paris with love j'étais ulcéré par tant de conneries, autant là j'ai ri de bon coeur plus d'une fois. ça se veut un film sur
la mafia, c'est juste une grosse pantalonade! Les mafieux ont tous un accent marseillais tellement insistant que cela en devient jouissif et surtout on a Kad Merad en mafioso! Déjà avant de le
voir, je me fendais la gueule mais une fois vu c'est juste que du bonheur. Dans la série des Jean-Michel, Jean-Michel Mafieux: "you talking to me? Yeah you talking to me son of a bitch? I fuck your
life son of a bitch!". Entre "tu fume dans ma maison", "on frappe avant d'entrer" et "devenir honnête ça rouille" en zozotant, on peut mettre Kad dans les pires mafiosos de toute l'histoire du
cinéma. Sans compter le chien qui meurt (c'est vrai quel témoin!), une violence gratuite pas toujours folichone, un montage speed désagréable au possible, la fille de Richard Berry en rebelle à
deux francs sous prétexte qu'elle a des panneaux "interdit d'entrer" et un poster de Nevermind;Jean Reno se prenant pour Pavarotti, Joey Starr qui fait du basket et fait de la poésie avec un
pistachier,les flashbacks pourris en noir et blanc avec le jeune Santino des Beaux gosses en Kad Merad (on y croit, on y croit!), Berry qui cite son producteur en ressortant la musique du Cinquième
élément à la fin du film; le flic avec une mitraillette dans un hôpital quand un autre dégaine dès que quelqu'un veut entrer; la veuve Marina Fois qui doit entendre les conneries de son fils ("mais
pourquoi il appelle jamais?"), jamais une prod Besson sans audi, le subtil "ça fait mal au cul les hémoroïdes! -J'ai vérifié!", l'affligeant "Non mais tu sais pas que c'est interdit de téléphoner
en conduisant?!" entre deux pipes sous le volant; l'indestructible Jean Reno qui peut prendre n'importe quel barbelet il survie et le panard avec le portrait de Sarko bien mis en évidence! Un beau
navet qui ne va pas tarder à finir sur Ciné Borat!

voracinephile 20/01/2014 02:40



^^ Ravi, mais vraiment ravi de te lire ! J'avais moi aussi bien ri avec de navet ultra sérieux avec un Reno indestructible et surtout un Kad Merad pas crédible une seule seconde (son mouchoir
dans l'hôpital, bordel... Et avec la bouilloire...). Ah, je participerai à l'euphorie du dézingage en venant réagir à tout ça !



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