Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 21:47

http://www.cinemagora.com/images/films/30/9530-b-l-impasse.jpg

 

Ayant une liste assez longue de polars à rattraper (merci Ze Ring !), je m’attaque tout de suite à un gros morceau avec l’Impasse de Brian dePalma (histoire de faire oublier l’affront de ma note pour Les Incorruptibles). Avec Al Pacino dans le rôle principal, le spectacle augurait du meilleur… Et on ne sera au final pas déçu devant ce spectacle toujours un peu classique (le film commençant par la fin, il impose d’emblée cette règle : une mécanique sûre qui va peu à peu entraîner notre personnage vers sa perte). Ca tombe bien : j’adore les mécaniques bien huilées, qui ne cherchent pas à révolutionner, mais à offrir un spectacle fonctionnel, cohérent, avec des enjeux et des situations dans lesquelles on s’intègrera parfaitement. En s’attaquant au problème de la récidive, Brian nous fait partager avec l’Impasse le destin d’un homme, scellé dès sa sortie de prison.

L’histoire : Carlito, un trafiquant de drogue emprisonné pour 30 ans, arrive grâce à son avocat Kleinfeld à sortir après 5 ans pour bonne conduite. A sa sortie, il compte réellement se ranger.

 

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/photos/diaporama/l-impasse/l-impasse-carlito-s-way-1993__15/4380378-1-fre-FR/l_impasse_carlito_s_way_1993_diaporama.jpg


Qu’il est bon de se retrouver en territoire connu… Après un Scarface mémorable, on sait que le duo dePalma/Pacino fonctionne à merveille, et comme ici ils ne tentent jamais de revenir vers ce succès, on pourra être relativement surpris par l’intrigue, sans pour autant perdre de vue la conclusion du film. L’enjeu, c’est de rester honnête. De ne pas replonger. Et à cette tentation, le film répond qu’il est simplement impossible d’y résister. Par la force des choses ou par manque de volonté, Carlito sera obligé de faire des concessions, de plus en plus grosses, qui lui attireront peu à peu des ennuis. Si les premières embrouilles sont gérées avec une volonté de fer (la séquence dans la salle de billard est un joli moment de suspense), les suivantes se font de plus en plus insidieuses. Avec notamment le personnage de l’avocat, un pourri de la pire espèce (qui a embrassé ouvertement sa profession pour le fric qu’elle lui rapporte), qui n’aura de cesse de le relancer vers ses anciens contacts. D’abord, s’occuper pendant quelques temps de la gestion d’un club. C’est peu de choses, juste gérer les clients et le personnel, et ça paye bien. Juste un mois, le temps de mettre un peu de fric de côté… Mais en acceptant ce poste, Carlito se met du coup à recroiser d’anciens trafiquants (et des nouveaux), qui ne cessent de le harceler pour bénéficier de son expérience de la poudre. La police étant sur ses talons (aiguillonnée par un mystérieux informateur), le moindre dérapage peut lui coûter sa liberté. Mais la mécanique ne commencera vraiment à devenir dangereuse qu’avec la déchéance de l’avocat, qui a peu à peu le dos au mur avec ses histoires de trafics d’affluences (il se charge de distribuer des pots de vins), qui l’amèneront à devoir se lancer corps et bien dans une opération illégale, et à entraîner avec lui Carlito, au nom du service qu’il lui a rendu. On ne spoilera pas plus l’intrigue de cette histoire savamment construite, qui nous brosse le portrait de pas mal de personnalités (avec quelques guest stars assez savoureuses : Viggo Mortensen notamment), en respectant toujours une logique parfaite, concluant dramatiquement sur son sujet en nous ayant offert d’excellentes séquences d’action (la course poursuite dans la gare, pour ne citer qu’elle). Al Pacino se révèle toujours aussi bon acteur, ici plus détendu que dans Scarface, et les visages qui l’entourent lui rendent la pareille, ce qui finit de peaufiner un film réalisé dans les règles de l’art. Evitant le manichéisme des caractères, L’impasse se révèle être une histoire de réinsertion ratée assez intéressante car ne perdant jamais le fil de son récit. En bref, dePalma est en forme, et toute son équipe avec lui. C’est bien simple, on en redemande !

 

5/6


1993
de Brian De Palma
avec Al Pacino, Sean Penn

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/36/32/05/18809440.jpg

Partager cet article

Repost 0

commentaires

alice in oliver 06/11/2011 14:06


dans un style encore différent de Scarface, mais j'aime autant les 2 films


voracinephile 06/11/2011 14:19



Pour ma part, c'est aussi ce dilemme dans lequel je suis. Je tenterai de revoir scarface prochainement pour tenter de trancher.



alice in oliver 06/11/2011 12:23


excellent polar de De Palma: j'adore Sean Penn dans ce film !


voracinephile 06/11/2011 13:48



Oui, j'ai été vraiment emballé par cette histoire, et Penn qui pète un câble, c'est en effet une belle performance d'acteur (qui n'a pas à rougir devant la prestation impériale de Pacino). Un
polar de grande qualité !



Ze Ring 06/11/2011 02:47


Je n'ai pas pour vocation d'être politiquement correct!! ;)
Pour ce qui est de Bronson, j'ai déja en tête l'idée de l'acquérir et ce depuis longtemps, mais l'occasion de le voir plus tôt s'est présentée et je l'ai saisie!!
Allez, bonne nuit, je vais dormir aussi! A bientot!


voracinephile 06/11/2011 13:13



Bon visionnage pour Bronson alors ^^ On attends ton avis avec impatience !



Ze Ring 06/11/2011 02:26


Bronson à toute ma confiance! Mais pour ce qui est d'en rédiger une critique, ca va être compliqué, j'ai emprunté le film le temps d'un week-end, en général il me faut deux, trois visions d'un film
avant de le chroniquer et je n'ai pas vraiment le temps en ce moment de m'occuper de mon blog malheureusement... Mais je vais essayer de me libérer un peu pour écrire un petit peu.
Je te conseille de rééssayer Solaris!! Et t'inquiète, pour 2001, on a tous fait pareil! (Même si moi je continue de dire qu'il me fait dormir.)


voracinephile 06/11/2011 02:43



"Même si moi je continue de dire qu'il me fait dormir." Politiquement incorrect, cette déclaration ^^ Mais comme tu parles à un ardent défenseur du mésestimé 2010 l'année du premier contact, je
prend le commentaire avec plaisir ! Pour Bronson, prends déjà contact avec l'oeuvre, et après, je pense qu'il te viendra à l'idée de l'acquérir, c'est un investissement sûr pour les cinéphiles
avertis. Pour ton blog, je profite de ta pause pour explorer les articles de derrière les fagots. Donc pas de soucis, prend ton temps !


A propos de dormir, je sens que je vais pas tarder à flancher, là. Passe une bonne nuit, je vais remater l'intro de solaris de mon côté histoire de mendormir d'un coup. ^^ A bientôt !



Ze Ring 06/11/2011 02:01


Oui bin j'espère que dans ta chronique de la saga Le Parrain, tu diras que les deux premiers sont des chefs d'oeuvres et que le troisième est moisi :p
Pour ce qui est de Pusher, difficile pour moi de dire lequel je préfère, ce sont pour moi trois perles chefs d'oeuvresques qui sont égales entre elles, même le premier qui est inférieur, je l'adore
autant que les autres pour son côté survolté et pas fini... En tout cas, Nicolas Winding Refn est un grand réalisateur, j'avais déja adoré Valhalla Rising et il se fait enculer par la saga
Pusher... Et la j'ai Bronson à disposition, je vais me mater ça, ça va déchirer. J'attends le Blu-Ray de Drive avec impatience, c'est vraiment un très grand réalisateur...
Pour ce qui est de Solaris, c'est très difficile comme film mais ça vaut le coup je te le garantis...


voracinephile 06/11/2011 02:22



Bronson devrait combler tes attentes, c'est juste mon préféré de ce cinéaste. Un biopic réussi, un éclairage sublime et une approche de la vie et de la violence qui devrait te donner l'occasion
d'une critique en bonne et due forme. Un chef d'oeuvre. Compris pour Le Parrain, je sais quoi dire maintenant ^^.


Pour Solaris, j'avais décroché à partir du moment où il se sert une tasse de thé... Je mettrai du café à la place de l'infusion dans ma tasse, et hop, je serai d'aplomb. J'ai d'abord commencé par
dire que 2001 me faisait dormir avant de crier au chef d'oeuvre...



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche