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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 11:46

http://3.bp.blogspot.com/-qQmqg8mXgaA/TdW90HDrYLI/AAAAAAAAB6Q/rZXgql7NSKk/s1600/la-compagnie-des-loups.jpeg

 

Dans le domaine du conte pour adulte, les films qui choisissent cette voie sont peu nombreux (un des rares qui me revient en tête reste Hansel et Gretel). Mais certains semblent parfois vouloir se frotter à la difficulté. C’est le cas de Neil Jordan, qui avec sa Compagnie des Loups, nous façonne un mythe sur l’adolescence féminine en utilisant la figure du loup garou comme celle de l’homme avide de chair fraîche. Un beau film, assez kitch, qui gère assez bien ses symboliques.

L’histoire : Rosaline, une petite fille vivant coupée du monde et bientôt prête pour la puberté, rêve et nous laisse entrevoir ses craintes face à la gente masculine…

 

http://www.notrecinema.com/images/films/8000/8872__8872__company_of_wolves1.jpg

 

Certes, la façade morale du film et l’incitation à la prudence des jeunes filles en face de la drague des garçons est un message qu’on s’attendait à entendre. Mais forcé l’on est de reconnaître que le film transpose adroitement certains contes dans son récit, et qu’il parvient à en faire une synthèse cohérente. L’exemple le plus frappant et celui du petit chaperon rouge, la grand-mère faisant office de sagesse, et le loup étant ici remplacé par un gentilhomme prétendant s’être perdu en forêt. On assistera alors à une sympathique adaptation des dialogues connus du conte, un véritable régal pour amateur de psychologie. Car ces longs rêves seront, pour le coup, facilement lisibles et toujours vus sous un angle métaphorique. C’est le grand point fort de ce récit, les deux principaux niveaux de lectures sont immédiatement perceptibles et chacun d’eux pourra être apprécié (simultanément) par le spectateur, qui pourra alors juger de la qualité de l’écriture. Au niveau de l’interprétation, si les jeunes acteurs sont parfois un peu théâtraux, le tout passe plutôt bien, les différents personnages illustrant leur rôle avec suffisamment de conviction. Toutefois, notons bien qu’il y a un réel aspect horrorifique dans ce film. La première scène avec les loups cherche à ce titre à terrifier, montrant une jeune fille sans défense aux prises avec une meute de loups. Ce ne sera qu’après que la lycanthropie viendra se mêler au récit, l’enrichissant de ce sous-texte sexuel assez adroitement restitué. On notera aussi quelques effets spéciaux largement à la hauteur de nos attentes (bien que rares) au niveau des transformations lycanthropes, que ce soit lors de la séquence du buffet de noblesse (image guère surprenante qu’une noblesse carnassière, mais sympathique) ou de l’impressionnante transformation dans la chaumière, où un loup garou s’arrache la peau du visage avant de se transformer (l’effet est pour ainsi dire terrassant, on se demande si ce n’est pas un film d’horreur qu’on est en train de voir). Avec de beaux effets spéciaux et des décors très kitch (on essaye de nous faire croire à un village avec une maquette digne d’une crèche paroissiale avec des ampoules dans les maisons en agile), La Compagnie des loups reste un petit plaisir fantastique de bon aloi, capable en tout cas de créer un petit univers de conte atypique, plus adulte, sans pour autant gâcher le climat ingénu qui règne dans ce genre d’œuvre. Un essai intéressant qui utilise intelligemment les codes du loup garou, et qui devrait ravir les amateurs de bisserie à l’ancienne.

 

4.5/6

 

1984
de Neil Jordan
avec David Warner, Angela Lansbury

 

La-compagnie-des-loups-13.jpg

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commentaires

princécranoir 02/07/2012 12:58

Neil Jordan imagine un voyage singulier au pays des songes et des contes, s'inspirant du fantastique moderne autant que des récits tradtionnels. Même dans "entretien avec un vampire" où il tente de
renouer avec cette atmosphère, il ne parvient pas à un tel niveau de fantaisie. Comme on dit, les contes ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît ;)

voracinephile 02/07/2012 23:20



Je te remercie au passage de m'avoir fait découvrir le film avec ta chronique, c'est un achat DVD dont je me félicite. Un vrai plaisir qui développe son univers et qui se sert intelligemment de
la culture du spectateur. Ca m'a donné envie de redécouvrir entretien avec un vampire, que j'ai complètement oublié.



alice in oliver 30/06/2012 16:08

jamais vu mais je connais son excellente réputation. Très envie de le voir en tout cas

voracinephile 30/06/2012 18:33



C'est un beau film en effet, quand même kitch (les yeux des loups qui luisent dans le noir...), mais intelligemment mis en scène...



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