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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 06:27

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/drame/la_comtesse,0.jpg

 

Julie Delpy, je l’aime bien. Elle a un visage particulier et une poitrine intrigante, aperçue dans un Killing Zoé qui marquait pour son émancipation du syndrome Besson. Certes, elle n’apparaît pas que dans des bons films (le bancal Le loup garou de Paris et ses loups anti américanistes), mais elle en impose toujours, surtout maintenant. Et quand elle passe à la réalisation, elle nous donne un résultat inattendu, probablement un peu trop sage, mais d’une noirceur réaliste qui a tout pour satisfaire notre curiosité. La Comtesse, c’est un film d’auteur vraiment intéressant à voir.

L’histoire : La vie de la comtesse Bathory, depuis sa naissance jusqu’à son emmurement dans sa chambre, en passant par les meurtres de vierges qu’elle organisait afin de prélever leur sang.

 

http://s.excessif.com/mmdia/i/81/3/3979813flikt.jpg?v=1


Il est vraiment flatteur pour le public de constater qu’on ne nous prend pas pour des cons, et que même en s’autorisant quelques moments de grâce (le ballet), le rythme de l’histoire ne cesse d’évoluer, se complexifiant tout en restant lisible, ce qui donne un certain poids à ce biopic inattendue, et parlant du personnalité assez connus des amateurs d’anecdotes historiques. Le ton de l’histoire est totalement réaliste, et ne virera jamais sur l’horreur (au grand dam des fans de gores, il n’y a presque rien à se mettre sous la dent de ce côté-là). En revanche, le parcours d’Elizabeth Bathory fait réfléchir, en prenant tout d’abord le ton du conte philosophique. Une narration rapide, précise, qui illustre le caractère d’Elizabeth avec des détails bien choisis (elle grandit dans la perspective d’un mariage programmé, elle apprend le sens du devoir après son incartade avec un paysan du coin). Après son mariage, elle joue son rôle d’épouse sans trop se forcer (agréable quand son homme est avec elle, ferme quand il est absent), et gère d’une main de maître les affaires de la famille, en endettant les bonnes personnes au bon moment, en gérant parfaitement ses soldats et en faisant preuve d’un bon sens qui en impose. Par ces principes, la famille prospère et devient une des plus influentes de Hongrie. Jusqu’ici la machine est parfaite. Elizabeth brille par son érudition aux dîners de la Cours, et après la mort de son mari, reçoit plusieurs propositions de mariage, qu’elle repoussera toutes. Tout dérape avec son coup de foudre pour le fils du comte Thurzo, un jeune et bel homme, hélas déjà promis à une autre pour les besoins de sa famille. Leur relation devient peu à peu passionnée, jusqu’à ce que le comte Thurzo use de la relation entre son fils et la Comtesse pour tenter de la faire plier. Abandonnée par son homme, la comtesse broie du noir malgré les potions que lui prépare sa compagne sorcière Darvulia, et se crée une blessure narcissique en se voyant vieillir chaque jour. Un accident domestique, et la voilà qui se retrouve avec du sang d’une domestique sur la main qu’elle s’étale machinalement sur le front, avant de croire, sous l’effet d’un rayon de soleil, qu’elle a découvert l’élixir de Jouvence. Il lui faut alors plus de sang pour faire rajeunir sa peau, et la comtesse glissera alors peu à peu dans une folie meurtrière, qui l’amènera à décimer les jeunes vierges de sa région avant d’aller ponctionner carrément chez les familles nobles. En fait, ce pour quoi nous connaissons la comtesse devient surtout un petit plus dans l’histoire, et déteint un peu avec les aspirations politiques qui étaient d’abord exposées. Ce film aurait très bien pu être une excellente reconstitution historique dans la grande lignée de ce que fait le cinéma français, ou une incursion dans l’horreur avec une femme fatale redoutable. Le film est un mélange des deux, ce qui le rend un peu moins sages que les habituelles péloches du style, mais qui aseptise un peu son contenu, en glaçant du même coup nos attentes. Mais ne soyons pas découragés non plus. Une mise en scène de qualité, une trame limpide malgré plusieurs complots politiques, des acteurs convaincants dans leurs prestations, La Comtesse a tout, et même un peu plus que le film d’auteur de qualité, qui peut trouver son public pour peu qu’il fasse preuve de maturité et d’ouverture. Merci Julie, c’était un excellent moment !

 

4.5/6

 

de Julie Delpy
avec Julie Delpy, Anamaria Marinca

 

http://www.critikat.com/IMG/jpg/La_comtesse.jpg

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commentaires

varlin 29/06/2011 19:00


Leatherface et moi,on va finir par le regarder ensemble en sirotant des bières à la mémoire de Quorthon.


voracinephile 29/06/2011 20:38



Je vous laisse le soin de fixer le rendez vous !



varlin 29/06/2011 18:54


"Un bâtiment plein de livres et de trucs divers appelé Fnac" et en plus tu me prends pour un péquenot jeune indélicat.


voracinephile 29/06/2011 20:37



Pas dut tout. C'est juste que j'hésitais à faire de la pub, alors je cherchais une périphrase, mais celle ci ne venant pas, je me suis pas pris la tête à réécrire ma phrase. Ca se situe
d'ailleurs dans un truc qui s'appelle la ville.



Leatherface 29/06/2011 14:32


Putain, moi le fan de Venom et de Bathory depuis le tout début des années 80 et je suis le seul n'ayant pas vu ce film, la honte. Mais bon, film français sur un tel sujet j'avais reculé illico sans
creuser. Je me le suis procuré et me le materi dès que possible pour réparer cette injustice ^^


voracinephile 29/06/2011 15:28



Toi et Varlin avez décidément beaucoup de points communs (Pas vu La Comtesse, aime Venom...). Sinon, pour une fois qu'en France on s'attèle à une icône de l'horreur, il faut y jeter un coup
d'oeil.



varlin 29/06/2011 12:40


Non seulement je suis le seul qui ne l'a pas vu ,mais après j'ai la chanson de Venom dans la tête (chanson d'une rare delicatesse).
Faut que je le trouve...


voracinephile 29/06/2011 13:22



^^ Tu devrais le trouver facilement, Varlin. Pour ma part, je l'ai eu à 6 euros dans un bâtiment plein de livres et de trucs divers appelé Fnac. Un investissement sûr !



Alice In Oliver 29/06/2011 12:36


en effet, la comtesse a inspiré bien des films d'horreur, notamment hostel 2, que tu cites, et que je trouve supérieur au 1er


voracinephile 29/06/2011 13:19



Ah, j'essayerai de poster un comm sur ton blog si ils y sont chroniqués. Pour ma part, c'est l'exact opposé, je verrai donc ce qui a été dit, et j'ajouterai mes arguments si ils peuvent compléter
le débat.



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