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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 17:01

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La crème de la crème est le nouveau film de Kim Chapiron. Après le surprenant Sheitan et le poignant Dog Pound, le réal des cités s’intéresse au contexte des écoles de commerce, qu’il attaque sous l’angle de la comédie. Il réussit d’autant mieux le périlleux exercice qu’il parvient à emporter l’adhésion des populations étudiantes (votre rédacteur a bien rigolé) que du public adulte, en s’offrant une immersion réaliste et plus fine que prévue de la vie et des préoccupations des étudiant(e)s.

L’histoire : trois étudiants en école de commerce, désireux d’aider un de leurs amis à se caser, recrutent une caissière pour lui servir d’escort-girl durant une soirée, histoire de casser son image de puceau. Le procédé est si efficace que bientôt, d’autres étudiants viennent leur demander de bénéficier du même traitement contre rétribution.

 

Alice_Isaaz_actrice_tete_d-affiche_film_cinema_2_avril_2014.jpg

 

Succès à la fois inattendu (un teen movie français) et prévisible (Kim Chapiron), La crème de la crème réussit le joli tour de force de la peinture générationnelle avec une certaine réussite, qui passe par sa vision plutôt objective du milieu (les puceaux comme les dragueurs sont traités sur un pied d’égalité). C’est surtout par l’utilisation de détails que le film bâtit son capital sympathie, en pensant par exemple à mettre tout le temps en cours un étudiant qui joue sur son ordinateur, en faisant beaucoup de références au milieu étudiant (les affiches des soirées), et en s’intéressant à des enjeux essentiellement sentimentaux sous un angle enfin immersif pour le public. On se fout des histoires de culs des beaux gosses de la promo, en revanche le décryptage du « système » des étudiants en éco, gentiment iconoclaste, parvient à plutôt bien planter les enjeux et à introduire nos personnages. Le versaillais bien implanté dans le BDE, le hors-système laissé à l’abandon et la novice peu influençable. S’enclenche alors l’intrigue, innocente en apparence (les filles embauchées ne sont sensées rester que pour briser l’image de leur étudiant), qui finit par prendre de belles proportions quand l’entreprise se développe (avec l’arrivée des écoles d’ingénieur, occasion de généraliser le propos à une bonne partie du système étudiant). Et évidemment, le film ne manque pas de capter les interactions sentimentales qui animent notre groupe, des relations d’amitiés à la cure psychologique en passant par l’amour naissant. Mais la fraîcheur de ton et les bonnes prestations des jeunes acteurs parviennent avec aisance à élever le niveau, et à divertir avec notre trio. A cela s’ajoute un humour léger, aux débordements parfois trash (l’ouverture avec film porno sur télé 3D), et que la sincérité rend immédiatement attachant. La proximité faisant la force du cinéma générationnel, on tient donc ici un honorable représentant de sa catégorie, qui se déconnecte gentiment de la morale pour s’attacher aux soucis étudiants à l’approche du monde du travail en crise. Le retour de bâton final est même éludé au profit du traitement de l’enjeu principal au sein du trio, signe même que l’intérêt se situe ailleurs que dans le postulat de départ. En l’état, avec une magnifique photographie et une peinture de jeunesse réussie, le film atteint allègrement ses objectifs, en affirmant une fois de plus que le traitement d’un bon réal peut redonner un coup de fouet au cinéma français.

 

4,4/6


2014
de Kim Chapiron
avec Thomas Blumenthal, Alice Isaaz

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commentaires

borat8 10/04/2014 21:05

Oui en effet. Hier j'ai eu une journée mouvementée entre les plusieurs heures à peaufiner le synopsis du court étudiant que l'on doit réaliser, la séance et la pièce de théâtre que je devais voir
pour un dossier. Et puis franchement si je peux sponsoriser un certain cinéma français je signe direct. La crème de la crème c'est franchement plus bandant que Supercondriaque (j'ai lu la BD adapté
du film, dire que c'est lamentable est un euphémisme). Les portraits des personnages sont plutôt bien vu avec la fille des cités qui veut s'imposer dans le milieu huppé qu'elle ne verra qu'en
surface; le fils à maman qui va jusqu'à le conseiller; et le gars bourré aux statistiques et se prenant enfin en main. Ensuite la manière de faire les statistiques est plus que crédible et c'est
peut être ce qu'il y a de plus amusant. Une sorte de The social network à la française.

borat8 10/04/2014 01:01

Tu dois être médium mon cher James, j'ai pu le voir à 17h55!lol Et ben voilà du cinéma français avec des couilles! En voilà du cinéma français qui donne envie, sort un vrai fond générationnel et
n'est pas élitiste. Et puis franchement qu'est-ce qu'on rigole! La chanson de Sardou c'est évident en soirée (même si pour le coup ce fut surtout au mariage de mon cousin qu'il y a eu ce genre de
truc) et surtout le colloc qui se branle en regardant du porno sur sa télé 3D! Juste délirant dans son genre. Et le film n'est jamais vulgaire voire trash (malgré le fond), la seule scène
proprement en dessous de la ceinture c'est la scène de nue entre l'ancien choriste et sa dulcinée qu'il aime tant.

voracinephile 10/04/2014 20:48



Désolé d'avoir été absent aussi longtemps en tout cas.


Content de savoir que tu as pu rattraper ce film qui te tenait à coeur, et que tu l'as apprécié ^^. J'ai bien aimé le fait que la psychologie étudiante ne soit pas éludée, et que pas mal de
conversations portaient sur le sujet. Et même au niveau des gags, on est dans un bon esprit. Une jolie réussite pour le cinéma français cette année, il est dans mon top 10 pour l'instant.



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