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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 17:09

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Tout le monde connaît le Viet Nam, mais on parle beaucoup moins des situations diplomatiques des pays avoisinants à cette époque. Ainsi, le cambodge s’est vu être lui aussi touché par le conflit Américain/Viet Cong, avant d’être pris par les Khmers rouges et d’entamer son processus de pacification de la population. Un conflit humain classique, et traité tel quel par le film La Déchirure. Ce dernier ne propose pas une vision à la Coppola ou un ressentit traumatique comme Requiem pour un massacre. Il suit l’action d’une façon réaliste et épurée de tout effet de style, s’attachant beaucoup aux « humains » qu’il va suivre.

L’histoire : En avril 75, les khmers rouges commencent à envahir le Cambodge, débordant rapidement les maigres défenses américaines. L’évacuation des européens et des américains est alors déclenchée, mais bon nombre de cambodgiens inquiétés par la situation diplomatique n’en bénéficient pas.

 

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La Déchirure est un film qui m’a beaucoup surpris car il transmet avec une réelle justesse les ambiances de la vie quotidienne au Cambodge (j’ai eu la chance de pouvoir voyager en Inde quand j’étais plus jeune, les ambiances sont vraiment comparables). Au niveau de l’ambiance, le ton est parfait, et l’angle sous lesquels les faits sont abordés est plutôt intelligent. En effet, nous sommes amenés à nous attacher à des reporters (un américain et un cambodgien) qui couvrent l’évolution de la situation militaire du Cambodge, et qui dénonce souvent les méthodes abusives de l’armée américaine (on aura notamment le cas d’un bombardement mal planifié qui entraînera la mort de centaines de civils). Mais peu à peu, les Khmers rouges gagnent du terrain, jusqu’à ce qu’ils balayent les lignes de défenses du pays. L’évacuation est alors décrétée, on brûle la paperasse dans les bâtiments d’administration avant que les occidentaux et leurs familles soient héliportées. Certains cambodgiens bénéficient alors de l’aide, mais beaucoup sont laissés derrière. Dith, l’assistant du journaliste, a la chance d’en bénéficier avec sa famille, mais c’est pour continuer son métier de journaliste qu’il décide de rester avec Sydney, le journaliste américain. Et c’est à partir de ce moment que les choses dérapent et qu’on verra le groupe de journaliste éclater, la politique d’évacuation française (nos journalistes finissent par se réfugier dans leur ambassade) excluant les cambodgiens des évacuations prioritaires. C’est avec cette étape que nos personnages prennent une réelle épaisseur. Le métier de journalisme est quant à lui assez bien développés. On aura le regard critique de Sydney sur l’actualité (qui tape sur les deux camps), le journaliste adepte de la photographie choc (interprété par John Malkovich) et la manipulation médiatique, que constateront nos journalistes ricains une fois rentrés au pays. Pour Dith en revanche, le parcours sera encore très long, ce dernier étant arrêté par les Khmers à la sortie de l’ambassade et envoyé dans des rizières comme prisonnier politique. Toutefois, le film se refuse à céder au pessimisme, malgré le caractère extrême de la situation. Difficile d’en dire plus sans spoiler le film et son dénouement, mais le film tient à « récompenser » ses protagonistes après les épreuves qu’ils auront subis plutôt que de faire dans le drame traumatisant. Un choix qui atténue l’aspect dramatique (on termine loin, très loin des horreurs qu’on a vu), mais qui nous rapproche de nos protagonistes, un choix assez rare pour être souligné. En l’état, La déchirure est plus la reconstitution historique du virement communiste du Cambodge, assez 70’s dans le style, mais très agréable à voir (la narration est limpide, la facture technique est excellente) et puissant sentimentalement. Une belle surprise.

 

5/6

 

1984
de Roland Joffé
avec Sam Waterston, Haing S. Ngor

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commentaires

goodfeles 18/03/2012 09:00

Excellent film ! Il reste dans les mémoires. Pour le réal, il faut pas penser a Captivity mais entre la déchirure et Mission, il nous a offert du grand cinéma !

voracinephile 18/03/2012 14:58



N'ayant pas encore vu Captivity, je reste sur une très bonne impression pour ce réalisateur, qui nous a en effet offert de belles reconstitutions d'époque.



alice in oliver 17/03/2012 17:13

je confirme: il craint ! Quelle purge ce film !

voracinephile 17/03/2012 21:14



Oui, je me souviens de ta chronique...



alice in oliver 16/03/2012 23:31

et dire que c'est le même mec qui a réalisé Captivity... Bon, sinon, un excellent film, choc et engagé.

voracinephile 17/03/2012 17:00



Un portrait intéressant des journalistes en effet, à la fois exploiteurs d'actualité (le personnage de John Malkovich saute parfois trop sur son appareil photo) et témoins de la misère humaine.
Sinon, pas vu captivity, mais je sais qu'il craint sérieusement...



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