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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 21:57

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Revenons en 2007. Mes élans cinématographiques viennent à peine de me faire découvrir la saga d’Hannibal Lecter, me confrontant à des polars de qualité et à un second Opus tout simplement inestimable. C’est dire si je n’avais aucun recul face à Anthony Hopkins, juste le meilleur acteur du monde pour moi en ces temps… Il a fallu que La faille débarque la même année pour que cette idée préconçue commence, elle-aussi, à se fissurer. Si la réalisation se veut sérieuse, la prétention que prend le ton de l’affaire (le crime, je l’ai résolu en 3 minutes chrono) devient vite assommante, malgré la présence charismatique d’Anthony Hopkins. Retour sur un pétard mouillé qui a quand même fait parlé de lui.

L’histoire : un riche ingénieur constate que sa femme le trompe avec un inspecteur de police. Il décide de se venger en mettant au point le crime parfait.

 

http://2.bp.blogspot.com/_S3F7EUC0T4E/S5IN_lLHfRI/AAAAAAAAAtQ/SIGcRKU6tc8/s320/La+faille+(3).png

"J'te bouffe l'écran comme les cadavres !"


Le crime parfait… Un fantasme d’assassin qu’un nombre incalculable de films se sont proposés d’illustrer, souvent sous l’angle de films classes (les Sherlock Holmes), mais plus régulièrement à l’aide de séries policières. Ici, on suit donc la mésaventure d’un petit procureur prétentieux qui décide de faire condamner l’ingénieur juste avant d’obtenir sa promotion. L’avocat, piqué au vif par la prétention du prévenu, décide de se le faire avant de monter en grade. Bien mal lui en a pris, à ce jeune freluquet ! Un avorton tombé de la dernière pluie qui veut jouer dans la cours des grands… En fait, le personnage de Ryan Gosling n’a absolument rien de charismatique, Anthony Hopkins vampirisant toute notre attention à lui tout seul. Ce dernier, s’étant mis en mode « Hannibal », cabotine comme un malpropre, passant son temps à dessiner et retardant toujours au maximum ses interventions, qui se dérouleront toujours dans un silence d’or. Ce film n’est alors plus une enquête policière, c’est un one man show où Anthony est clairement notre favori, et où nous souhaitons tous le voir se faire libérer. Dès lors, on se fout ouvertement des problèmes de morale du procureur. Ce dernier rechigne totalement à passer dans l’illégalité pour faire condamner l’ingénieur, que tout le monde méprise du regard en le traitant de psychopathe. D’autant plus que le personnage du flic amant, sensé être tragique, ne s’attirera jamais notre compassion, ni même notre pitié. Trop extérieur à l’histoire, trop cliché, trop prévisible… Au final, ce qui devait être une intrigue à tiroir devient un film de dialogues, qui en plus de décevoir, ne provoque même pas la surprise. Il suffit de faire preuve d’un peu d’attention (pas très dur, vu qu’émotionnellement, on ne sera jamais impliqué) au début de l’affaire pour se rendre compte où passe l’arme du crime, et ca y est, l’affaire est résolue. Le problème, c’est qu’il reste encore une heure trente de dialogues derrière. Alors, très vite, tout devient du blablabla, le film étant constamment au point mort jusqu’à la libération d’Anthony (libéré par manque de preuves, c’est dire si ils ont des éléments pour soutenir l’intrigue). Il faut le procédé carrément lourdingue des portables pour que le procureur comprenne enfin la supercherie. Le tout se termine dans un dialogue final des plus convenus, Anthony Hopkins continuant de bouffer tout cru l’avocat même dans sa défaite. Mais que la morale se rassure, l’Amérique est au final débarrassée d’un dangereux psychopathe. Toujours pensée pour mettre en valeur Anthony Hopkins, la réalisation plutôt mollassonne peine à instaurer un quelconque rythme au film, qui se regarde finalement en mode décontract (on ne rate rien entre 10 minutes et une heure trente). Inoffensif (même lors de sa tentative intéressante d’euthanasie) et totalement sur les rails de la convention du psycho-killer en procès, ni plus ni moins. Un bilan assez décevant au vu des ambitions.

 

2/6

2007
de Gregory Hoblit
avec Anthony Hopkins, Ryan Gosling

 

http://s.excessif.com/mmdia/i/88/4/la-faille-2303884.jpg?v=1

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commentaires

dasola 07/11/2011 18:30


Bonsoir, ce film n'est pas bon du tout. Anthony Hopkins (toujours pas remis de son rôle de Lecter) est insupportable. Je ne rappelais plus qu'il y avait Ryan Gosling (heureusement que ce dernier a
trouvé de meilleurs rôles depuis). Bonne soirée.


voracinephile 07/11/2011 20:18



Ah, ravi de lire un avis aussi tranché sur ce film, que je trouve moi aussi très surestimé ! Après, Anthony Hopkins aime cabotiner, et il a encore une certaine classe à l'époque (maintenant, il
fait surtout office de second rôle dans des projets plus (wolfman) ou moins (thor) louables...Quant à Gosling, il se fait bouffer tout cru par le cannibal, donc pas grand chose à retenir de sa
modeste prestation (par contre, dans Drive...). Merci d'être passé sur mon blog, je viendrai jeter un coup d'oeil au tiens.



alice in oliver 06/11/2011 14:08


Perso, je le vois un peu comme un épisode de Columbo, à savoir que l'on connaît déjà l'identité du meurtrier. Reste à savoir comment le policier va réussir à le piéger. Certes, la recette est
efficace mais elle est également stérile. Pour avoir relu ta chronique, j'en viens à réviser mon avis.


voracinephile 06/11/2011 14:26



Ah, mais tout à fait ! L'affiche est très claire à ce sujet, et le spectateur est au courant en entrant dans la salle : il a buté sa femme et il va quand même tenter de s'en sortir. Du coup, on
est attentif... et la supercherie ne nous échappe pas. Du coup, les enquêteurs n'ont certes pas les moyens d'avancer, mais nous, on est piégé devant l'écran, incapables d'aller filer un tuyau aux
enquêteurs histoire de faire avancer le schmilblick. La recette en elle même est intéressant (elle est ouverte à une enquête intelligente comme en faisait Hitchcock, et s'offre aussi à une
critique du système judiciaire. Mais ici, tout est à peine exploité, le scénario ne se révélant pas surprenant pour moi. La recette n'est pas vraiment stérile, mais ce film l'exploite mal.



alice in oliver 06/11/2011 12:25


c'est un peu sévère: ça reste tout de même un thriller correct et servi par un Anthony Hopkins en grande forme. Mais c'est vrai: le rythme est un peu trop mollasson pour remporter totalement
l'adhésion.


voracinephile 06/11/2011 13:58



Je sais que je suis sévère (j'avais trouvé le film gentil quand je l'avais vu, mais j'étais loin de mon admiration devant les mises en scènes impeccables du Silence des agneaux et Hannibal), mais
après l'avoir revu, je voulais un peu l'égratiner. Pourquoi le film essaye-t-il d'être un film de Casting si Ryan Gosling n'arrive pas à faire face à Anthony Hopkins. Dans un registre différent,
mais comparable, dans Des hommes d'honneurs, Cruise arrive à faire face au charisme monumentale de Nicholson, et pourtant c'était pas gagné ! Et dans la faille, Hopkins bouffe en une phrase tout
un paragraphe de n'importe quel autre acteur. Hopkins reste toujours charismatique, c'est sûr (ma critique ne va pas vers lui), mais personne ne semble capable de lui faire face, et cela jusque
dans la conclusion. Enfin, j'ai spoilé l'enquête dès que je l'ai découvert, 10 minutes après le début du film. Du coup, tu t'ennuies. C'est le même dilemme que ceux qui ont vu Le prestige et qui
ont spoilé le twist 10 minutes après le début du film. C'est regrettable, mais tout le suspense s'est évanoui d'un coup. Du coup, un thriller mollasson pour moi, alors qu'il jouit d'une
réputation sympathique.



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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