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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 14:02

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Barry Sonnenfield  a vraiment connu la notoriété publique avec son inoubliable (et culte) men in black. Mais auparavant, il a réalisé une série de deux comédies ultimes elles aussi dans leur genre. Tout commence avec la Famille Addams, qui érige dès le départ une famille de Freaks tellement attachante qu’aujourd’hui encore, ces comédies font toujours mouche. Avec un portrait de personnages des plus sympathiques et d’un univers morbide exceptionnellement jouissif, La famille Addams connaît un franc succès avec son mauvais esprit vis-à-vis des valeurs américaines. Sa suite, Les valeurs de la famille Addams, ne fait que confirmer la tendance, appuyant les icônes crées lors du premier film et en les confrontant au « Psycho » dans des affrontements qui réjouiront au plus haut point le fan. Les moyens techniques s’étant perfectionnés, les effets sont plus réussis et la critique des coutumes américaines se fait toujours aussi vive. En deux films, Barry Sonnenfield a créé une saga cohérente, qui possède un capital sympathie immense et qui malgré le poids des années résiste totalement au temps. Vu qu’aujourd’hui, les programmateurs leur préfèrent Stuart Little, rabattez vous d’urgence sur ces indispensables.

 

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La famille Addams : il n’est pas très utile d’essayer de faire un résumé de l’histoire, le film vivant surtout par sa galerie de personnages décalés qui ont marqué mon enfance. Entre Morticia qui coupe ses roses pour ne garder que les épines dans un vase et Gomez qui danse comme un Dieu avec des cigares longs comme le bras, on n’est pas en reste niveau humour, le film se permettant une montagne d’excès qui ne sera jamais pour nous déplaire. Avec un portier hommage à Frankenstein et des enfants qui passent leur temps à s’entretuer, le film se permet des gags de décalages toutes les minutes, allant du bon au mauvais goût (« Il adorait les chiens et les enfants. » « On a jamais pu le coincer ! »). Jamais en baisse de rythme, le film prolonge sans arrêt sa recherche dans le jouissif sous toutes ses formes, osant un combat à l’épée survolté entre le notaire et Gomez dès les 10 premières minutes du film, et poursuivant avec le dédale abracadabrantesque pour se rendre dans la chambre forte de la famille. Une fois les portraits posés, le film peut enfin donner libre cours à ses thèmes principaux : l’apologie de la différence (en tapant régulièrement sur la société américaine : le juge) et l’engouement progressif pour cette communauté ultra attachante, représentée par Fétide, qui à la base se fait passer pour le frère de Gomez afin de lui dérober son magot. Christopher Lloyd se donne à nouveau à fond dans son rôle (et en s’éloignant des mimiques du docteur Brown !), d’abord terrifié par la famille ultra glauque dans laquelle il est accueilli (le coup du cyanure résume bien l’esprit au départ), avant d’être peu à peu charmé par leur différence et à se plonger lui aussi dans cet univers que nous adorons. On notera aussi Margaret, l’épouse du notaire, qui finira elle aussi par rejoindre la famille avec le cousin Machin, dont elle s’éprendra avec passion. Le message sur la tolérance est parfaitement perceptible, la communauté se révélant assez ouverte au monde extérieur (qui lui la rejette), et Fétide finissant par être totalement adopté par la famille. Parallèlement à cela, Barry fait régulièrement preuve de mauvais goût en émaillant la société traditionnelle américaine, en tapant sur les adultes conformistes et vénaux, et plus particulièrement sur leurs enfants. Entre une gamine de primaire fan de la présidente américaine et une autre qui refuse de boire une citronnade avant de s’assurer qu’elle est bio, on a droit à un spectacle affreusement banal d’enfants déguisés en fleurs chantant des chansons. Une mise en abîme totale avec les personnages de Mercredi et Pugsley, qui se permettent à côté de cela des excès originaux totalement jouissifs (le combat de cape et d’épée gore sur scène). Point n’est besoin de faire de grandes analyses, le film ne perd jamais de vue qu’il doit rester une comédie, et ne manque jamais de tenter des gags multiples qui réjouiront toujours l’amateur de bizarreries, et qui achèvera de montrer la famille Addams comme une famille unie. En prime, un gentil éloge de la lecture avec une bibliothèque contenant des livres dont les ambiances se matérialisent dès leur ouverture. Même si quelques passages ont un peu vieilli (les accélérés sont un peu hachés, l’ouragan dans la bibliothèque ne convainc plus vraiment…), La famille Addams reste une comédie décalée hautement recommandable, véritable hymne à l’originalité et à la tolérance, osant conclure sur la profanation d’un cimetière un soir d’Halloween. Un mauvais esprit inoffensif aussi plaisant, ça s’est trop rarement vu pour être dédaigné. Toutefois, attendre un peu que les gosses atteignent huit à neuf ans, certaines séquences pouvant paraître « impressionnantes ».

 

5/6

 

de Barry Sonnenfeld
avec Anjelica Huston, Raul Julia

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Les valeurs de la famille Addams : on prend les mêmes, et on recommence. Quelques années après notre premier opus, on retrouve notre famille favorite au complet, et qui s’agrandit dès la première séquence du film (le rythme démarre directement). Reprenant d’abord la formule que nous connaissons bien (gags de décalages et portraits de mauvais goûts), le film semble d’abord s’attacher aux relations enfants-bébés (en s’affranchissant ici des barrières de la morale, Mercredi et Pugsley essayant de tuer leur frère à de multiples reprises) avant de nous orienter vers de toutes nouvelles pistes. En effet, le film organise une rencontre des plus fracassante avec Debbie, une femme séductrice et psychopathe qui cherche à séduire Fétide afin d’hériter de sa fortune. Le Psycho, en face de nos Freaks favoris. Autant dire que la rencontre a de quoi impressionner d’autant plus que les faces à faces partent quotidiennement en tentatives de meurtres foireuses qui avortent régulièrement dans des traits d’humour irrésistibles. On retrouve presque la bonne humeur d’un « La mort vous va si bien ». Alors que d’un côté, l’oncle Fétide se démène comme il peut dans la luxueuse demeure d’un atroce mauvais goût sous les assauts d’une amante assassine (« Donne moi ta main ! » « Donne-moi 20 dollars ! »), nos marmots favoris sont envoyé dans un camp de vacance particulièrement frustrant où le conformisme fait feu de tout bois et où Mercredi, Pugsley ne tardent pas à devenir les têtes de turc officielles du camp. Mais ils sont bientôt rejoint par Joel, un jeune maigrichon passionné de lecture (puni pour vouloir lire au lieu de faire des activités sportives) et fortement attiré par Mercredi et son charme inhabituel. On suit avec un intérêt non dissimulé leur camp, qui cumule tous les clichés insupportables qu’on a pu constater pendant notre jeunesse (la jeune Amanda en est l’incarnation parfaite). On comprend rapidement où veut en venir Sonnenfield, les enfants différents étant privés de monter sur scène (obèses, handicapés, blessés ou de couleur…), et le spectacle final se révélant être une ode au Wasp se contrefichant de la réalité historique, que Mercredi rétablira dans une tirade maintenant culte et ultra jouissive. Le mauvais esprit cumulera jusqu’à un massacre général perpétré par les anormaux du camp, qui feront rôtir les moniteurs au cours d’une scène mémorable. Particulièrement sympathique tout au long de son histoire, techniquement mieux abouti (les effets spéciaux sont irréprochables) et toujours aussi drôle, ce film s’attache surtout à aborder le thème de l’amour avec le Freak, passionné dans tous les cas, qu’il soit destructif (Debbie-Fétide) ou constructif (Joel-Mercredi). Un véritable coup de cœur pour les fans du premier, et une comédie d’excellente tenue, qui s’affiche clairement comme une suite digne de son prédécesseur. La référence de mon enfance pour ma part.

 

6/6

 

de Barry Sonnenfeld
avec Anjelica Huston, Raul Julia

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commentaires

nicos31 21/09/2011 14:18


Le premier reste le meilleur mais le deuxième est pas mal non plus... mais perso, j'ai toujours préféré la série tv avec John astin (le père adotpif de Sean astin) et Carolyn Jones.


voracinephile 21/09/2011 15:02



Ah, un amateur de la série tv ! Elle garde sa qualité sur la continuité ?



bond123 20/09/2011 14:23


J'ai adoré le premier film, la suite est un peu en déca mais reste un film de qualité...


voracinephile 21/09/2011 14:59



^^ Beaucoup d'avis positifs pour ces films. Voilà qui rassure ! Mais décidément, le deuxième est toujours jugé en deça...



2flicsamiami 09/09/2011 10:16


Un excellent dyptique, ou les deux opus sont de qualités égales. Un exploit dans le genre !


voracinephile 14/09/2011 15:04



^^ Pour des comédies, l'esprit est intact d'un opus à l'autre, et ça reste une belle prouesse ! Pour la série télé en revanche, je suis en recherche d'avis, car je ne m'y suis jamais confronté.



Alice In Oliver 07/09/2011 16:17


je préfère quand même le premier film à sa suite, mais une bonne suite nonobstant, fidèle à l'esprit de son modèle.


voracinephile 14/09/2011 14:34



Ah, c'est sur, le premier aura toujours un charme fou. Mais comme le second, c'est le même que le premier en différent, avec des effets spéciaux mieux réussis, j'ai trouvé que ça méritait bien un
petit bonus...



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