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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 11:39

http://www.1kult.com/wp-content/uploads/110508_FemmeObjetPoster-425x605.jpg

 

Le porno est une tranche du cinéma qui a toujours fait débat sur sa « légitimité », la mise en scène de la fornication à des fins d’excitation n’étant pas admise comme une interprétation artistique recevable. Ce qui n’a pas empêché ce cinéma de se développer pendant les années 70 (il existait déjà auparavant, mais dans des cercles assez fermés), particulièrement avec l’évolution du statut des femmes dans la société et des droits qu’elles ont réussi à obtenir. En France, Emmanuelle doit être la saga la plus connue, surfant sur des thèmes comme la libération des mœurs. Mais peu à peu, ce cinéma a périclité, boursouflé par l'émergence d'internet, des vidéos amateurs de qualités immondes ou par des travaux sans queue ni tête se focalisant sur la surenchère en lieu de chercher des idées à illustrer. Alors que certains tentent aujourd’hui de relancer la bête (Gaspar Noé y fait de nombreuses références, Bruce Labruce commence à faire parler de lui…), certains films sortent du lot, comme ce fût le cas de La Femme Objet, ressorti l’an dernier pendant les hallucinations collectives…

L’histoire : un homme cherche à satisfaire son appétit sexuel insatiable auprès de nombreuses compagnes.

 


 

Après un certain temps de réflexion, j’essaye de lancer des réflexions sur cet objet amusant et transgressif, qui utilise les codes de la pornographie en virant en milieu de parcours sur un récit science-fictionnel assez intriguant. Pour ce qui est de la première partie, le film annonce le ton : nous partons sur des bases de fantasme masculin. Notre personnage principal est un homme d’âge mûr, un écrivain, dont la principale préoccupation est la satisfaction de son désir sexuel. A se demander comment il trouve le temps d’écrire, car il ne fait pour ainsi dire que passer du bon temps avec ses compagnes du moment. Le souci, c’est qu’elles finissent toutes par se lasser des besoins impétueux du mâle, dominant à tous les instants le récit. Si cette base ne fait que balayer des fantasmes déjà connus et essentiellement misogynes, la photographie soignée et la bande originale électronique nous assurent une bonne qualité d’image. La mise en scène est assez professionnelle, ne négligeant pas l’humour (quelques dialogues parfois très drôles qui jouent beaucoup sur le décalage avec les situations porno) et désirant toujours rester esthétique. Et arrive enfin la partie SF, où notre homme, tel un docteur Frankenstein d’une nouvelle ère, conçoit une femme objet, un jouet grandeur nature sensé répondre à tous ses désirs. Et c’est parti pour voir une blonde en plein ébat dans des tenues affriolantes, qui devrait enflammer l’imagination des spectateurs masculins. Mais si le rythme semble privilégier les désirs masculins, on verse peu à peu vers une inversion des rapports de force, l’homme devenant esclave de son désir insatiable. Ainsi ce film retourne-t-il lui aussi vers les visées féministes de son époque, mais dans son cheminement, il reste assez intéressant, n’hésitant pas à incorporer du fantastique dans sa trame et osant des allégories porno assez amusantes (la femme objet léchant la télécommande sensée la contrôler, sous le regard impuissant de l’homme maintenant frustré). Le quotas de scènes porno est en tout cas assez conséquent dans ce film, il n’est donc évidemment pas à conseiller aux publics mineurs. Toutefois, il y a là matière à trouver un objet atypique, au message certes admis, mais beaucoup plus audacieux que beaucoup de ses congénères.

 

4/6

 

1982
de Frédéric Lansac

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commentaires

alice in oliver 30/04/2012 19:44

donc, c'est bien celui auquel je pense

alice in oliver 30/04/2012 15:24

c'est bien celui là où le héros barbu a une télécommande qui lui permet de contrôler la femme objet ?

voracinephile 30/04/2012 17:01



Tiens, un amateur de bon goût l'a vu ! Oui, c'est en effet dans ce film où le héros barbu agite sa télécommande avec une seule touche. Pas très fin, mais rigolo dans son côté cheap (un croquis de
femme robot et hop, voilà la femme objet créée sur une table !)



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