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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 19:17

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Mel Brooks surprend assez à chacune de ses comédies, car il arrive à imposer aux studios sa notion particulière de l’humour, réussissant à chaque fois à produire du jamais vu en termes de comédies décalées. De toutes ses productions, La Folle Histoire du monde doit être la plus bancale et la plus aboutie, Mel Brooks s’autorisant tout simplement n’importe lequel de ses caprices, qu’il fasse rire ou pas. Avec ce nouveau film, on tient tout simplement un bel échantillon de ce dont est capable le bonhomme : d’excellentes idées comme des vannes qui font un flop.

L’histoire : celle du monde, vu par un Mel Brooks en pleine forme.

 

http://www.filmotv.fr/elts/programmes/2660/gallerie/1_2660_LA_FOLLE_HISTOIRE_DU_MONDE_PHOTO_w_450.jpg


Ca commence dès les premières secondes avec une parodie hilarante de l’ouverture de 2001, où des singes poilus se dressent pour la première fois sur leurs pattes. Musique tonitruante, les singes sont debouts… puis fatiguent et se remettent à 4 pattes. Voilà une belle entrée en matière ! Et le film d’enchaîner les gags du même tonneau, tentant de faire du feu avec des cailloux alors qu’ils s’éclairent à la torche, se faisant rire avec une vanne pourrie (qui paradoxalement fait rire)… Les idées ne manquent pas et sont dignes de la production Mel Brooks. On sera encore plus enthousiaste devant la parodie de Moïse, dialoguant avec Dieu dans un échange anthologique du type « Un sourd t’entendrait ! » « QUOI ? ». Mais on arrive bientôt à la Rome Antique. Et là, j’ai en grande partie décroché. Mis à part quelques gags de langages qui sont la spécialité de Mel, cette partie de l’histoire est beaucoup moins folle que le reste du film. Peut être que Mel adore cette partie de l’histoire, mais en dehors d’une ou deux bonnes idées (le philosophe tentant de faire rire l’empereur en lui donnant ses 4 vérités), le sketch est particulièrement développé alors qu’il aurait pu être condensé dans une vingtaine de minutes. Décevante au vu des registres d’humour foisonnants dans les autres segments, cette partie sera néanmoins sauvée par une reconstitution d’époque digne des péplums Hollywoodiens (Brooks a toujours effectué ses parodies dans des conditions très proches des œuvres visées) et une conclusion à Jérusalem avec un échange non sensique entre notre héros et le Christ (et là, Léonard de Vinci débarque pour faire sa cène). On sera aussi plié devant l’incroyable ballet musical à l’éloge de l’inquisition espagnole, tellement énorme en potentiel de mauvais goût que les trips qui nous sont offerts déclencheront tous l’hilarité (pauvres juifs…). On pourra en dire autant de la partie sur la révolution française, où Mel s’éclate à parodier Louis XVI, qu’il montre comme un drogué nymphomane hypocrite de la dernière espèce (qui se retourne toutes les 5 minutes vers la caméra pour nous dire « C’est si bon d’être le roi ! »). On sent la satyre ultra corrosive, qui n’en sera que plus plaisante à nos yeux. Avec un final aussi absurde que le ton du film (un char débarque de l’empire romain et sauve notre héros de la guillotine, explication : « C’est ça, la magie du cinéma ! »), le film se conclut sur quelques extraits d’une suite tout simplement hilarante, osant faire patiner Hitler sur la glace, montrant des juifs dans des vaisseaux en forme d’étoile de david, en bref annonçant la couleur d’une suite aussi déjantée, mais qu’on n’aura malheureusement pas le bonheur de découvrir. On retiendra de ce film un beau délire comme Mel sait nous en faire, avec ses chutes de rythmes et ses vannes à deux ronds, qui réussissent à atteindre leur but pour peu qu’on se mette sur la même longueur d’onde que l’oncle Brooks. Anthologique.

 

4.5/6

 

1981
de Mel Brooks
avec Mel Brooks, Madeline Kahn

 

la-folle-histoire-du-monde-1981-10840-1644189994.jpg

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