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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 08:35

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Après Pompéi et 300 le retour des guerriers en slip, le péplum connaît son heure de gloire avec l’adaptation grandiose de la légende d’Hercule, réalisé par l’inénarrable Renny Harlin. Disons que Profession profiler a été le début de la fin. Si je crachais récemment sur son Dyatlov Pass Incident, ce dernier avait au moins le mérite de ne pas être ridicule. Mais ici, c’est avec un masochisme redondant que le film accumule les incohérences et les choix malheureux, se révélant finalement être un produit torché avec les pieds et balancé à la gueule du public comme une mauvaise blague. Ca va chier sur le mont Olympe…

L’histoire : le roi Amphitryon récupère la ville d’Argos qu’il convoitait d’un match de catch bien géré question ralenti. Son épouse Akmene, antimilitariste accomplie, décide de l’emmerder en se laissant engrosser par Zeus façon esprit saint. Ce dernier, essayant de ne pas trop offenser les dieux, décide de l’appeler Alcyne et le laisse grandir dans l’ombre de son fils légitime, le fourbe Commode Iphiclès.

 

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"Ouf, sauvés de la noyade..."

 

Le problème du film, c’est qu’il commence direct avec un viol historique. Si il s’était abstenu de donner une date à ses évènements, le tout aurait pu passer pour un divertissement violemment débile, télescopant les époques à de seuls fins ludiques. Mais en s’inscrivant en -1200, le film s’est condamné, nous montrant immédiatement des soldats… en tenue romaine. Comment commencer avec un tir de fusil à pompe dans le pied. On enchaîne avec un match de catch entre les deux rois où se décide l’issue de la guerre. Et quand je dis du catch, c’est vraiment du catch, avec des ralentis pour faire beau et des hurlements de bête en rut, au ralenti eux aussi. Les anachronismes ne s’arrêtent pas là, la moitié de l’intrigue se passant dans des cirques romains avec des gladiateurs tels qu’on en verra des siècles plus tard. Jouant mal et trimballant son regard de hyène enragée sur chaque membre du casting, Amphitrion est le méchant par essence, qui tel Hérode, va se faire un plaisir de mettre des bâtons dans les roues de notre héros (Scott Adkins, pathétique après sa performance dans Universal soldier 4). Hercule, on y vient. Véritable bubble gum au visage de poulpe stoïque, son charisme est inversement proportionnel à la gonflette témoignant de ses ascendants divins. Ca et son essence christique habilement introduite par le script. Déjà, la fécondation de la mère d’Hercule façon souffle divin, on voit direct où ils veulent en venir. Mais ce sera au cours de la Passion d’Hercule que le mécanisme prend toute son ampleur. Fouetté, voyant ses amis mourir de la main de son frère vaniteux malgré ses exhortations compatissantes, il lève les yeux au ciel en balançant du « Mon père ! Donne-moi la force… » Ameeeen ! Et là, le miracle ! Si point de résurrection n’a lieu, Hercule se délie enfin les muscles avec l’un des effets numériques les plus laids que j’ai pu voir au cinéma ces derniers temps. Arrachant à main nues des colonnes numériques pour en frapper les romains à grand renfort de chaînes défiant les lois de la gravité, on peut se crever les yeux tel oedipe (mais la bande annonce nous avait prévenu). Et ceci n’est rien en comparaison de l’attaque finale. Attaquant le château de son père tenu par quelques figurants, il balance une punchline virile devant les portes blindées et verrouillées. « Vous n’avez pas de couilles, les argossiens ! » Et paf, ils ouvrent les murailles et viennent au corps à corps. Bon, ils se font lattés, mais au moins, ils ont de l’honneur. Et là, le fouet-taser… Un des effets spéciaux les plus laids de ces dernières années, qui nous fait tout droit retourner à l’époque du premier Highlander… Avec un combat un peu mou, on peut dire qu’on a le final qu’on mérite. Inutile de s’étendre davantage sur les incohérences, elles sont légions (amusez vous à regarder le niveau de l’eau dans les scènes en rivière), étant finalement le seul intérêt que pourra y trouver le cinéphile masochiste. En fait, on comprend un peu mieux quand on voit le générique, avec 90 % des noms qui se terminent par –ov et  –iev. Le même syndrome que Conan 2011, avec post prod en Roumanie. La formule série B qui se généralise ces dernières années, et qui trouvent on ne sait comment des distributeurs pour alimenter des salles avec des DTV de seconde zone qui ne méritaient déjà pas d’être tournées. Renny est devenu un beauf, et son Hercules a de quoi redorer le blason d’un Conan 2011. Un constat rédhibitoire et, hélas, attendu.

 

-1/6


2014
de Renny Harlin
avec Kellan Lutz, Scott Adkins

 

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Published by voracinephile - dans Navet (prétentieux)
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commentaires

Xelloss Metallium 18/07/2014 11:24

NOM DE ZEUS !
Il faut absolument que je regarde ce film XD

Je reviendrai avec une bonne critique si mes neurones ne se sont pas mise en grève ^_^

borat8 07/05/2014 21:42

Le pauvre Jean Yanne risque de se retourner dans sa tombe, Coluche et Michel Serrault aussi tant qu'on y est.

borat8 01/05/2014 00:01

William Wyler aussi. Je n'ose imaginer le russkof en train de faire sortir au méchant "arrête ton char Ben Hur".

voracinephile 04/05/2014 13:58



Peut être qu'on peut espérer un cousin inattendu de 2 heures moins le quart avant jésus christ...



borat8 29/04/2014 23:16

Et en train de beugler aussi. Sinon Timur Beckmanbetov va faire un remake de Ben Hur. Je vois déjà le délire foireux en 3D et fonds verts.

voracinephile 30/04/2014 21:26



AAAAAAAArg ! Charlton Eston va se retourner dans sa tombe...



hdef 29/04/2014 20:37

à james : Toujours pas vu les films avec STEVE REEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEVES ??????? Nan mais allo quoi ! lol
Sinon tu ne rates rien pour Le Commencement, qui est clairement le pire de la saga (oui, encore plus con que L'Hérétique ! Comme quoi, c'est possible)

voracinephile 30/04/2014 21:21



Je n'ai pas non plus le cinéma infu ! Content de trouver encore des curiosités stimulantes dans les nanars d'aventure kitschs ^^



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