Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 13:59

http://img.over-blog.com/630x470-000000/5/09/96/72//Films-utilises/la-machine-a-explorer-le-temps--1960-.jpg

 

Avec la Machine à explorer le temps, H. G. Welles se lance dans la science fiction ambitieuse, et l'époque aidant, une illustration du futur peut prendre des proportions tellement kitchs que les amateurs du genre en rongeraient leurs ongles. Longtemps, le seul aperçu que j'avais eu du film était le dialogue entre Mel Gibson et Gary Sinise dans le monumental Ransom. Le découvrir cette année ne pouvait donc que me combler de joie. On ressort du film avec une  impression mitigée d'avoir vu un nanar gentiment kitch, mais également trop naïf.

L'histoire : un scientifique nommé George annonce avoir réussi à fabriquer une machine à voyager dans le temps. La communauté scientifique lui riant au nez en expliquant que le temps, ben on peut pas le modifier, il se lance dans l'expérimentation.

 

http://i.ytimg.com/vi/5_S4eGrczdQ/0.jpg

Vos descendants, tout ça parce que vous ne lisez plus de livres...

 

Vraiment, La machine à explorer le temps a au moins ça pour lui : c'est un nanar kitch des années 50. On se marre donc devant les codes cinématographiques datés de ce film fantastique, qui aligne les évidences avec le soucis explicatif d'un gamin de 8 ans. Tout est simplifié, caricaturé à l'extrême, au point de défier parfois la logique. Ainsi, le film commence alors que la communauté scientifique du pays se réunit chez le savant George, qui apparaît en guenille et éreinté. Il faut dire que le bonhomme revient de loin : il vient de faire un voyage temporel. Vaste blague, qu'on lui répond. En effet, notre monde est constitué de 3 dimensions, et la quatrième nous est interdite ! Merci pour cette leçon dont personne n'était conscient ! Mais non, George a la preuve irréfutable de ce qu'il avance : il a construit la même en modèle réduit. Alors qu'on ose imaginer la complexité du mécanisme, il se lance dans la miniaturisation simplement pour faire une démo, qui est d'ailleurs tout sauf convaincante (un carillon musical s'échappe de la voiture et hop, la voilà disparue). Les scientifiques se cassent, laissant George seul avec son carosse du XVIème, sensé être la machine temporelle. Qu'importe, il décide de s'en aller seul dans le temps. Effectuant un bond temporel d'une cinquantaine d'années, il se retrouve dans la même pièce beaucoup plus tard, pleine de toiles d'araignées. Vu l'état de sa maison, on se demande comment ça se fait que personne ne vive dedans. Et là, il recroise dans la rue toutes ses vieilles connaissances, soit les mêmes acteurs que le passé, mais habillés différemment. Les dialogues prennent alors des proportionns nanardeuses, tant le film veut insister sur le fait que le voyage dans le temps a fonctionné (ce qui se voit au premier coup d'oeil, mais non, on en rajoute une couche). Je passe sur le fait que tous les descendants vivent exactement aux mêmes endroits que leurs parents pour en venir à notre nanardeux avenir. En effet, après un emballement de la machine, on atterrit 100 siècles plus loin. Et là, les gens vivent vêtus de toges dans l'oisiveté. Ils bronzent et c'est tout. L'un d'entre eux se noie, ils regardent sans réagir. George, vu que c'est une blonde qui se noie, saute et va la sauver. Puis il se met à critiquer vertement le comportement des autres hommes. Mais voilà, l'humanité est devenue oisive, et ne prend même plus la peine de lire des livres. Toutefois, ils sont instruits et parlent, ce qui est une aberration des plus nanardes. Comment connaissent-ils certains mots comme gouvernement en ignorant le sens du mot feu ? Mais c'est pas grave, on rigole de la morale crétine qu'on nous assène (les livres, c'est bien !) pour se tourner vers les yétis qui vivent sous terre. Des cascadeurs dans des costumes défraîchis qui enlèvent des jeunes femmes soit disant pour les manger, mais c'est surtout pour agiter les bras devant elles, attachées et hystériques (de vrais exhibitionnistes, ces yétis). Mais voilà, ces yétis sont des hommes ! Si si ! En voulant faire dans le pessimisme moral, le film sombre dans l'anticipation nanarde et l'histoire d'amour à l'eau de rose, dont les vagues ambitions kitchs peinent à épaissir le capital sympathie. Le happy end, attendu, n'en est que l'aboutissement logique. Un nanar un peu chiant dont la réputation culte est clairement exagérée.

 

3.2/6

 

1960
de George Pal
avec Rod Taylor, Alan Young


 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

borat8 14/01/2013 20:55

Cela peut être un paradoxe temporel aussi.

borat8 14/01/2013 18:53

Il ne pouvait pas forcément le deviner.

voracinephile 14/01/2013 19:58



Il voit le temps défiler, puis le même perso qui n'a pas pris une ride... Oui, il ne pouvait pas forcément se douter, mais c'est très gros. Rien que le fait de prendre le même acteur pour le
descendant, c'est trop gros. La reproduction n'est pas une machine à clonage !



borat8 13/01/2013 16:28

Même au niveau des dialogues, je ne les trouve pas pire que ceux de productions de nos jours d'une bêtise effarante (à l'image de The darkest hour). Qui plus est n'ony rien de mauvais. Après il
faut aussi le voir comme un film de son époque.

voracinephile 14/01/2013 09:11



Au niveau des dialogues, c'est en effet moins vulgaire que de nos jours (même si cette vulgarité est jubilatoire, j'adore les phrases du genre "C'est qui Nostradamus ? Un chanteur de rock ?"),
mais c'est par moments d'une naïveté abyssale. George sait qu'il voyage dans le temps, il voit le sosie de son pote, et il lui faut 5 minutes pour réaliser que c'est son fils... Wage ? Mais je
vais remonter un peu la note après révision.



princécranoir 13/01/2013 15:41

En effet, contrairement à Wells, les auteurs du film avaient un peu de recul sur les évènements de ce futur déjà passé. La première partie du voyage durant la première moitié du XXème siècle est
justement là pour montrer que le siècle a été marqué par les guerres. Et les lendemains promis ne sont pas beaucoup moins noirs. Je conviens que "time machine" n'est pas un très grand film. Mais il
possède cet indéniable charme suranné de la production de l'époque. Je ne connais pas ce voyage en sous-marin au fond des océans mais j'ai récemment vu "les premiers hommes sur la Lune" réalisé par
Nathan Juran (séquence 89), toujours d'après Wells. Le principe est le même : replacer les personnages dans le contexte du XIXème siècle et comparer leurs prouesses avec celles de l'époque du
tournage. Le film possède ce même charme naïf des films d'aventure d'antan, un côté artisanal et bricolé qui s'est perdu avec la facilité des images numériques.

voracinephile 14/01/2013 09:07



Revu le film hier dans l'après midi. Je lui reconnais un petit charme en effet, et le coup des jours qui défilent n'est pas mal fichu. Après, je perçois mieux ma déception devant ce futur piteux
par les nombreuses incohérences des blondinets, et surtout devant le traitement primitif des Morlocks, réduit à un seul mot : "cannibalisme" en filmant des squelettes. Aucune tentative
d'approfondissement, ce sont les monstres qui n'ont plus rien d'humain. J'avais lu ton article sur les premiers hommes sur la lune, mais je ne l'ai pas encore trouvé. Je connais Juran en tout
cas, qui m'a bien fait rire avec son nanar d'aventure Jack le tueur de géant (je l'adore) et son sympathique septième voyage de Sinbad (je préfère son fantastique voyage, mais qu'importe, c'était
bon). Le charme des effets spéciaux dans un aquarium, donc. Je te recommande mon dernier nanar dans ce cas : Reptilicus, tu devrais l'adorer (même si on tombe vraiment dans le nanar tant le
monstre est ridicule).



princécranoir 13/01/2013 11:59

"La machine à explorer le temps" me ramène à mon enfance, lorsque Patrick Brion (déjà aux manettes du cinéclub de la 3ème chaîne) avait filé les clefs du cinoche à M'sieur Eddy et son copain
Jourd'hui. On y voyait des tas de westerns et des films de Sf vintage comme celui-là (ou "la guerre des mondes", "planète interdite", "les survivants de l'inifini" ou encore "le jour où la terre
s'arrêta"), des films d'une époque pré-numérique mais post-atomique, qui envisageaient pour nous un présent menaçant et un futur pas glop.
La vision de "the time machine" adaptation de Wells, renvoyait évidemment à l'univers fantastique de Verne, aux voyages de ces visionnaires de la fin du XIXème qui avaient faim de découvrir de
nouveaux continents ici ou ailleurs. L'originalité qui m'a marqué tout d'abord, c'est qu'il n'opère pas ici le traditionnel voyage à rebrousse temps, mais bien un saut dans l'avenir, histoire
d'avoir (comme les écrivains de l'époque) une longueur d'avance sur les autres. Du haut de mon jeune âge, je fus évidmment terrifié par les catastrophes qui menaçaient d'engloutir l'humanité
entière, par les affreux Morlocks dans leur temple, par l'insupportable indolence des survivivants qui vivaient leurs derniers instants de paradis. Les dialogues ne m'avaient pas plus choqués que
ça, pas plus que les incohérences du récit que je reconnais nombreuses. Je crois que, comme le souligne Borat, il faut resituer ce film dans son époque. Il n'était d'ailleurs pas autre chose qu'une
série B de luxe (beau technicolor, quelques décors soignés, Rod Taylor en grande forme) mais il possédait déjà le charme exotique des fictions d'anticipation à la fois séduisantes et terriblement
angoissantes, et ce sans avoir recours à toute une batterie d'ordinateurs capables de déchaîner sur les écrans plus de bruit et de fureur qu'on n'en réclame vraiment (comme dans le piteux remake
qui a été fait).
Voilà qui me donne furieusement envie de me refaire le voyage wellsien au pays des Morlocks.

voracinephile 13/01/2013 14:46



Ah, la tirade du Prince ! Tu as trouvé le mot qui me manquait pour définir les survivants : l'indolence ! Certes, le côté aller dans le futur, c'est visionnaire à l'époque, mais avec les années
50, c'est facile d'aller dans un futur passé ^^. Mais bon, j'avoue que cette partie est sympathique, on commence gentiment le voyage. Le côté atomique est en effet un poil pessimiste, vu que le
tournage était en pleine guerre froide. D'accord pour l'appellation de gentille série B de luxe, je reconnais avoir été plus dur que d'habitude, vu que les kitcheries sont des friandises pour
moi. Mais le décollage n'a pas été complet, pas autant que pour Planète interdite ou l'île mystéireuse (je ne veux pas citer les meilleurs (20000 lieues sous les mers et Voyage au centre de la
terre) pour ne pas écraser non plus cette Machine à explorer le temps, moins ambitieuse techniquement. Je vais le revoir sous peu, peu être que l'attachement viendra avec le temps... D'ailleurs,
Prince, as-tu vu "Voyage to the bottom of the sea" ? C'est apparemment une série des années 60 avec un gigantesque sous marin aux pièces de studio carrées et spatieuses qui explore le fond des
mers. J'ai seulement vu un remake, The sky's on fire, qui m'a marqué vers mes 7 ans. A revoir en dvd, c'est assez drôle tant les caractères rigides et les kitcheries improbables s'accumulent pour
former un film d'aventure assez généreux (avec ses maquettes de sous marin qui fond des bulles énormes donc on ne croit pas un seul instant qu'ils sont gigantesques...).



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche