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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 10:54

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J’attendais avec un certain enthousiasme La marque des anges, car en plus d’encourager l’initiative de faire un thriller français (à l’image des rivières pourpres), c’était l’occasion de prendre un peu le poult de Depardieu (dont on attends la performance dans le rôle de DSK) et de se divertir sans prise de tête avec un thriller un peu méchant. Et si, très curieusement, le tandem d’acteur à l’écran fonctionne bien, le ridicule gagne parfois le récit.

L’histoire : dans une paroisse parisienne, le chef de chorale (vieux vicelard aimant les jeunes garçons) est assassiné par flingage de tympans. Depardieu, flic à la retraite, est sur le coup. A des centaines de kilomètres, Joeystarr enquête sur des rapts d’enfants.

 

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Si l’adaptation de ce best seller de Grangé souligne clairement des faiblesses de mises en scène et des lourdeurs qui la font pencher épisodiquement vers le nanar, on sent bien vite les thématiques de l’auteur, qui semble affectionner une menace en particulier : les nazis. Depuis Nuremberg, les gouvernements se les arrachent, les planquent, se servent de leur compétences, et ils restent la principale menace du monde. Bon, je raille en étant de mauvaise foi (les nazis, ça reste de bons méchants), mais le premier degré inébranlable qui entoure ces bourreaux sent clairement le formol, soigneusement conservé et entretenu après toutes ces années, au-delà de la piqure de rappel sur le devoir de mémoire régulièrement injectée dans le film (et, en fin de compte, une des touches qui incarnent davantage le film dans un contexte français). Grangé ne se renouvèle donc pas vraiment, on nage en terrain connu, avec du pseudo-mysticisme pour donner l’ambiance au cours de meurtres étranges où les victimes sont mortes d’arrêt cardiaque dus à l’explosion de leurs tympans. Il y a aussi cette fameuse marque qu’on nous a vendu en bande annonce et dont on ne nous dévoilera jamais la signification. Question efficacité, je m’interrogeais il y a plusieurs mois sur les raisons qui poussaient Kassovitz sur Les rivières pourpres à placer de l’action à chaque révélation. Je constate aujourd’hui combien ce choix était pertinent (et surtout intelligent). La marque des Anges est un thriller mou, un polar qui se focalise avant tout sur la quête de vérité et d’information plutôt que sur des courses poursuites avec les assassins. Pas de scènes d’action (ou de minuscules). Or, quand l’enquête lâche des révélations, ces dernières prennent parfois une teinte tellement surréaliste qu’on vire au ridicule. C’est par exemple le cas de Frank (Joeystarr) enfant, qui pour s’échapper d’un centre de détention néonazi, saute du second étage sur le sol sans la moindre douleur, et se retrouve face à un mur de barbelés avec une patrouille de 5 hommes et trois chiens qui foncent vers lui. Ellipse, il s’est enfui… Bordel de merde, Dieu est intervenu en personne ou quoi ? Ou encore la séquence où l’on découvre le chef de chœur obèse forniquant avec un adolescent, le tout entrecoupé de gros plan d’un crucifix (genre c’est pas bien, ce qu’il fait, le gros monsieur). Mais la palme du ridicule arrive pour le grand final.

 

En effet, MEGASPOILER, les nazis utilisent des enfants qui chantent très aigus pour exploser les tympans des victimes. Déjà, c’est surréaliste (et attendez de voir la mollesse avec laquelle les enfants chantent le Miserere en playback). Mais jusqu’à maintenant, le film évitait de les montrer, ou alors, il s’arrangeait pour ne pas mettre de sons pendant les séquences de cris. Et bien là, on se tape un gamin qui ouvre grand la bouche avec des cris de chauve souris ! Et ça pendant une minute. Véritable apothéose de ridicule involontaire, j’étais aux anges (^^) devant une telle faute de goût, anéantissant les gros efforts de suspense pourtant faits sur la fin. Top 10 du ridicule involontaire. FIN DES SPOILER

 

Bon, même si le film prend l’eau, il convient de relever la bonne alchimie qui opère entre Depardieu et Joeystarr, chose qui n’était vraiment pas gagnée d’avance (précisons que je nourris beaucoup d’antipathie pour Joeystarr, qui avait réussi à faire illusion sur Polisse, mais qui révèle son vrai côté dans Les Seigneurs, et qui confirme ici avec un tempérament certes exagérément violent, et en tout cas non charismatique). Dommage donc de gâcher la retenue de la mise en scène qui peine à faire passer les grosses pilules du scénario, le tout sans maintenir une grande efficacité dans la narration. Quant aux enfants, malgré leurs gueules d’anges, ils sont mal dirigés. On aura pitié de l’exécuteur aux cheveux bouclés, qui se ridiculise en essayant d’y aller à fond. Le cancer peut commencer donc, vu que ce n’est pas l’essai qui administrera un remède de cheval au suspense dans le pays du camembert.

 

1,9/6


2013
de Sylvain White
avec Gérard Depardieu, JoeyStarr

 

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"Miserereeeeeeeeeeeeeee !" Des enfants qui poussent des cris de chauve souris... Terrifiant !

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commentaires

borat8 05/07/2013 23:15

Prometheus 2 en BD ou comment Hollywood s'économise!

borat8 05/07/2013 12:39

Pas nul mais très décevant. Par ailleurs pour la suite au cinéma c'est foutu pour l'instant, ils prévoient de seulement la faire en BD!

voracinephile 05/07/2013 22:21



Tsss. Je ne suis pas surpris, mais ça fait mal au vu des ambitions dévoilées...



borat8 03/07/2013 22:16

Très décevant pour un film ambitieux. ;)

voracinephile 05/07/2013 11:05



Grrr. Mais il n'est pas nul



borat8 02/07/2013 19:49

Disons qu'on l'attendait trop je pense mais on est moins dans la déception (franchement légère pour moi) que pour Prometheus.

voracinephile 03/07/2013 12:25



Waaaaaaaaa ! Mais j'aime bien Prometheus, moi...



borat8 02/07/2013 16:06

Moi j'adore le dernier même avec deux gros (dont une française qui ne sait pas jouer la mort).

voracinephile 02/07/2013 16:59



XD Moi, je serai pour envoyer tous les paraplégiques dans la prison souterraine, ça serait rapide et peu coûteux pour la sécurité sociale ! Non, là, je suis méchant. Beaucoup de petits trucs
m'avaient agaçé, et finalement, je lui avais mis à peine la moyenne (car quand même, je m'étais amusé pendant la séance).



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