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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 17:11

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La part des anges est une comédie indépendante anglaise sortie l'an dernier avec une certaine discrétion. Un film britich typique, comportant sa composition de caractères improbables, son petit message social et le ton léger généralement de rigueur. Un essai de Ken Loach plutôt intéressant, puisqu'il foire son principal objectif, mais qu'il parvient à être sympathique auprès du spectateur...

L'histoire : un groupe de personnes condamnées à des travaux d'intérêts généraux sont initiés par leur gardien à la dégustation du Whiskey. Cette discipline particulière les amène à explorer le milieu, jusqu'à ce qu'ils entendent parler d'un fût remarquable allant être bientôt vendu aux enchères.

 

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La part des anges est en soit une bonne surprise, parce que c'est une comédie ratée. Rien, absolument aucun gag n'est drôle dans ce film (si ce n'est une seule séquence peut être), c'est d'un sérieux abyssal. Mais si cette comédie rate le coche, elle réussit sur tous les autres tableaux (et c'est là que ça devient intéressant, puisque c'est ce qui manque cruellement à notre cinéma français boursouflé de comédies aussi prétentieuses que futiles). Le contexte social (les condamnés aux travaux d'intérêt public) aborde tout un pan de la justice quotidienne qui est rarement sous le feu des projecteurs (la petite délinquance, les petits accrochages de quartier...), et il y trouve une force et une fraîcheur qui donnent dans l'inédit, et qui donc intéresse. Pareil pour ce qui est de la découverte du monde du Whiskey, le film s'attaquant au sujet avec déférence à son sujet, utilisant du vocabulaire adéquat et se fendant d'une bonne introduction dans ce monde de l'alcool. Pareil dans l'enjeu principal (à savoir le braquage d'un fût dont la liqueur est estimée sans prix), qui s'attaque avec astuce à son sujet, plutôt doué pour transposer les enjeux habituels des films de gangster dans le monde des spiritueux. Le parcours de nos personnages, atypique, se révèle donc dépaysant comme il le faut, suffisamment en tout cas pour attendre le happy end de rigueur (enfin, à quelques imprévus près). Enfin, et c'est là le principal atout du film : son personnage principal. Il s'agit d'un ancien voyou, récemment maqué avec une fille de riche qui attend un enfant de lui. Menacé par la famille de cette dernière et par plusieurs autres jeunes adultes de son quartier, pouvant être incarcéré à la moindre incartade, le film trouve là son contexte social le plus vibrant. Celui d'un ancien junkie qui tente de quitter les squats pour offrir une vie décente à sa toute jeune famille, et qui lutte contre vents et marées, à savoir l'hostilité des proches de sa compagnes et ses erreurs du passé. Pas mal de découragements et de coups durs qui vont davantage pencher le film vers le drame que vers la comédie, et qui pour le coup développent assez finement les enjeux (alors que, dans le contexte des quartiers défavorisés, beaucoup de films prônent l'auto-défense, La part des anges, par la menace constante du retour de bâton de la Justice, rend la tâche plus hardue, plus dure en somme. D'ailleurs, le constat qu'il fait sur les victimes d'agression est brutal, la victime reste bloquée sur sa douleur, et rien ne peut réparer les séquelles. Il n'y a que la fuite en avant en somme. D'une sincérité qui fait mouche, jamais embarrassé de lourdeurs de dialogues ou de comique déplacé, la part des anges est une excellente comédie ratée, avec des personnages attachants et une certaine chaleur humaine. Le côté immoral du braquage est d'ailleurs finement contourné, dans la mesure où le produit est vendu visiblement à un amateur qui a quand même un whiskey qu'il apprécie au final (amusant comme, dès que c'est mis sous les projecteurs, le tout-venant devient exceptionnel...). Bref, un film très recommandable.

 

3,6/6


2012
de Ken Loach
avec Paul Brannigan, John Henshaw

 

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commentaires

film streaming 01/03/2013 09:07

"Rien, absolument aucun gag n'est drôle dans ce film" cette phrase m'a tout de suit donné envie de voir le film, quand ça rate à ce point ça mérite d'être vue.
mistergoodmovies.net

voracinephile 01/03/2013 22:28



Oh, mais La part des anges n'est pas ratée, du moins pas totalement (le contexte est encore bon, les personnages sont attachants). Pour voir une comédie vraiment ratée, il faut jeter un coup
d'oeil à Arrête ou ma mère va tirer, ou encore Bowling... Mais en l'état, La part des anges n'est pas drôle.



alice in oliver 28/02/2013 18:44

oui d'ailleurs, après avoir lu la chronique, je m'attendais à une note telle que 3 voire 3.2 maximum

voracinephile 28/02/2013 21:50



3,6... Sympathique, mais facilement oubliable...



alice in oliver 27/02/2013 22:14

tiens, je ne savais même pas que Ken Loach avait sorti un nouveau film cette année, en petite forme visiblement

voracinephile 28/02/2013 13:47



Petite forme en effet. Je vais un peu baisser la note d'ailleurs, après l'avoir revu en coup de vent. Sympathique drame, mais pas très notable pour l'année 2012...



borat8 27/02/2013 18:55

Ah mais ce n'est pas une question de comédie, j'ai vu des films de Ken Loach comme My name is Joe qui n'était pas très gentillet. Mais vu le sujet, je m'attendais à le voir franchement y aller. Pas
vraiment intéressé.

voracinephile 28/02/2013 13:36



Vu sous cet angle, Ken Loach ne fait pas un film très marquant en effet. Sympathique, mais pas très important...



borat8 27/02/2013 00:22

J'aime bien Ken Loach en général mais là je ne sais pas. Il me donne pas envie. J'ai vu la bande-annonce, deux gags sympas mais pas de quoi casser trois pattes à un canard. Surtout après
l'excellent Looking for Eric. Je voudrais bien voir Sweet Sixteen, Olivier me le conseille souvent.

voracinephile 27/02/2013 14:28



Comme je le dis, il ne faut pas s'attendre à rire beaucoup ici. Ca ne m'étonne pas que la bande annonce t'ait moyennement accrochée, on est plus dans un drame social que dans une bonne partie de
rigolade. Mais la légèreté du ton du récit, les bonnes idées qui s'accumulent et des personnages attachants font qu'on ne s'ennuie pas. Clairement pas un chef d'oeuvre du genre, mais un petit
film attachant à voir une fois...



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