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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:33

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Dupontel bouffe à tous les râteliers. Après le mythique Le convoyeur (où le tandem avec Dujardin fonctionne à la perfection) et le sympathique Le vilain (dans le tonneau des comédies foldingue de Albert), on était surpris de le revoir partager l’affiche du Bruit des glaçons avec Jean de nouveau. Acteur polyvalent, très impliqué dans chacune de ses performances, il impressionne, autant physiquement que psychologiquement. Et la tendance se confirme avec La Proie, le nouveau Eric Valette, qui prouve que la France peut encore produire de belles péloches nationales dans le domaine du suspense.

L’histoire : Franck Adrien, braqueur, est détenue à la maison d’arrêt de La Garde (Var). Sa femme lui rend visite souvent, et il partage sa cellule avec un accusé de viol. Très vite, il intervient pour le défendre, et la situation se dégrade avec ses co-détenus, dont un réclame sa part du précédant braquage.


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Disons que je comprends maintenant pourquoi des caméras tournaient autour de la prison devant laquelle je passe pour aller faire mes courses. Eric Valette nous gratifie donc, après l’excellent Maléfique, d’un thriller plutôt bien balancé, avec un bon casting. Certes Dupontel, dont l’implication est au moins aussi forte que celle de Liam Neeson dans Taken, a totalement la carrure du héros, et nous donne une performance aussi crédible que bienvenue. Mais aussi le méchant, Stéphane Debac, dont l’ambigüité de jeu parviendrait presque à égaler la performance de Laurent Lucas dans Contre-enquête. Après, le film contient bien sûr quelques beaux défauts. On a notamment un suspense très présent dans la première partie du film où les détenus sont une menace vraiment terrifiante (l’intensité physique, elle est là), et qui sont totalement oublié une fois que la cavale commence, alors que les soit-disants « complices » surveillaient la femme de Franck. En bref, on coupe une grosse branche de l’intrigue. Et quelques détails, du style la chute de trois étages sur le toit d’une camionnette, avec Dupontel qui saute, se relève et court à toute jambe sur trois kilomètres avant de chopper un train au vol. Des petits soucis, mais qui passent dans la mêlée, le film ayant la bonne idée de ne jamais laisser mollir son rythme. On est constamment en vitesse de croisière, avec les flics qui talonnent Franck, qui talonne Jean Louis Morrel, pédophile psychopathe ayant enlevé sa fille. Le film ne se refuse pas d’ailleurs quelques saillies de violence, comme l’intrigue secondaire de la rouquine poursuivie par un Morrel en rut au détour d’un village de campagne. Imprévisible donc, ce qui en décuple la saveur et permet de voyager en terrain inconnu, l’apparente absence de moralité permettant de laisser constamment le spectateur dans le doute quant à l’enchaînement des évènements. Le personnage de la flic (Alice Taglioni, infiniment plus convaincante qu’une Mélanie Laurent), ultra cliché, se laisse quand même savourer, son personnage restant constamment actif tout au long du film. En résumé, un petit thriller qui se défend, qui mise tout sur le rythme quitte à se payer le luxe de quelques incohérences, mais qui se veut vraiment généreux (quoiqu’un peu prévisible, on voit venir le père d’une des victimes dans une fin débile une heure à l’avance). Du spectacle honnête en somme. Allez Eric, reste en France et dynamise nous tout ça !

 

4/6


de Eric Valette
avec Albert Dupontel, Alice Taglioni

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commentaires

2flicsamiami 21/09/2011 18:33


Alors j'ai choisit de rebondir sur cet article parce que tu en as publié tellement d'un coup que j'ai dû faire un choix (snif).
Ce film est bien conçu dans l'ensemble, Albert Dupontel est convaincant (bien que je lui préfère un Liam Neeson - comme tu te permets de les comparer) mais perso, je trouve que le film manque de
passion. Mais ce qui m'a le plus dérangé, c'est que Valette essaie de prendre un point de vue réaliste (l'univers carcéral que j'imagine assez proche de ce qu'il dépeint dans le film, les méthodes
du pedophile - ou il s'est inspiré d'une affaire impliquant Fourniret) mais son héros est totalement surréaliste (outre le saut sur le toi d'une camionnette que tu cites, il y a aussi la fin, ou il
se prend une poignée de balle dans la paillasse sans mourir et cavalant dans une vallée montagneuse avec une grosse blessure au niveau des côtes). Enfin je suis peut-être un peu trop pointilleux :)


voracinephile 26/09/2011 09:40



^^ Pas de soucis, tu reviendras aux autres articles si tu as le temps !


Dans la mesure où le film est conçu comme un film d'action mâtiné de suspense, Valette a sacrifié un peu le réalisme de sa situation initiale (le passage en prison est ultra réaliste, bien que je
doute qu'on assomme un type en lui frottant la face contre un mur) au spectacle, ce qui n'est pas si déplaisant que ça. Des trucs un peu gros, comme tu le relèves dans la situation finale où avec
une balle dans le buffet, le personnage arrive à se suspendre à un arbre avant de s'en prendre une deuxième et de chuter de haut. Pas forcément très réaliste, mais plutôt enthousiasmant, le
suspense durant jusqu'au bout.



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