Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 06:34

http://www.imagesetmots.fr/images/secte_sans_nom.jpg

 

Jaume Balaguéro est un excellent réalisateur d’horreur espagnole. Mais si le succès le plus connu du réalisateur est aujourd’hui Rec, il est loin d’être le plus effrayant. En effet, pour son premier long métrage, ce dernier proposait une histoire d’ambiance, moins énervée que Rec qui commence très vite, mais qui une fois lancée prenait des proportions qui étaient vraiment stressantes. Une secte, une fille, une mère et un journaliste. Il ne lui en faut pas plus pour signer une vraie petite réussite du genre, merveille du film d’ambiance et de la peur minimaliste.

L’histoire : un couple voit leur fille enlevée, puis retrouvée atrocement mutilée à l’acide. Des années plus tard, la mère, divorcée, reçoit un appel d’une enfant, qui prétend être sa fille.

 

la-secte-sans-nom-2000-4574-555908092.jpg


Bien malin en effet qui pourra prédire l’aboutissement du script de Jaume Balaguero, qui a la malice d’explorer des terrains de frousse particulièrement stimulant (les sectes), et qui s’emploie à façonner son ambiance avec une patience et une maîtrise indubitablement payante. En effet, ce premier contact a de quoi secouer, tant les questions qu’il soulève son grande. Mais la mère fait peu à peu son enquête, et trouve des preuves l’amenant à penser qu’on aurait substitué le corps d’un autre enfant lors de leur enlèvement. Mais la pression ne commence vraiment à monter que quad cette dernière reçoit la vidéo. Sur cette dernière, on y voit une femme mise en charpie par des chiens, filmé vraisemblablement en caméra amateur, suivi par une séquence montrant la mère de très près, alors qu’elle effectuait son enquête dans un bâtiment désaffecté. D’un coup, le trouillomètre s’affole. La menace de mort tombe alors que les assaillants ne sont même pas identifiés. Et là, c’est le trip parano qui commence, la mère découvrant peu à peu qu’une secte serait à l’origine de l’enlèvement de sa fille, et qu’elle aurait pour ambition de synthétiser le Mal absolu. C’est ce discours sur le Mal qui fait tout le charme de cette péloche. Une vision étonnamment fraîche de cette notion, la percevant comme une essence qu’il serait possible de concentrer, de purifier, afin d’obtenir la vraie personnification du Mal. Un discours particulièrement ambitieux, qui laisse présager le pire pour l’enfant en question, et qui nous offrira quelques belles séquences d’angoisses. En effet, la secte rejetant toute notion de matérialisme, ne s’étant donné aucun nom, il est très difficile d’en retrouver ses traces, et donc d’en connaître les membres. N’importe qui devient suspect, et plus aucun endroit n’est sûr. En fait, il y a deux choses qui sont un peu décevantes dans cet excellent film. Les inserts fréquentes de la fille par flashs et mouvements brusques de caméra (bien trop clippesque et tuant l’ambiance juste pour faire sursauter un coup), et le final. Si on brûlait d’envie de voir l’incarnation du mal absolu, elle pourra s’avérer décevante, car Balaguero lui donne ici un visage et une incarnation. Or chacun a sa sensibilité, et sa vision du Mal absolu. En tranchant, Balaguero fait un choix, et une partie du public pourra donc rechigner un peu devant cette conclusion. Cependant, l’efficacité de l’œuvre, son ambiance ultra corsée et ses effets minimalistes valent largement le déplacement.

 

4.5/6

 

de Jaume Balagueró
avec Tristán Ulloa, Jordi Dauder

 


Partager cet article

Repost 0
Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
commenter cet article

commentaires

Leatherface 30/07/2011 00:58


Moi j'ai adoré. Hâte de le revoir prochainement d'ailleurs. Un excellent film !


voracinephile 01/08/2011 20:32



N'est ce pas ? Toujours sympathique de constater que dès son premier film, un auteur est né !



nicos31 29/07/2011 17:41


un film d'épouvante de qualité mais pas sans défaut. le film s'avère être une assez belle surprise dans l'ensemble .


voracinephile 01/08/2011 19:01



Une véritable révélation pour moi, même si comme tu le dit, il y a encore quelques détails à lisser (notamment dans un visuel parfois un peu clippesque).



Alice In Oliver 29/07/2011 17:13


oui indéniablement, en espérant qu'elle ne prenne pas la même direction que la franchise USA


voracinephile 01/08/2011 18:53



J'espère que non, mais c'est parti pour être régressif, le dernier volet n'étant pas ce qu'on pourrait appeler de la finesse...



Alice In Oliver 29/07/2011 14:16


en tout cas, perso, je ne l'attends pas plus que ça.


voracinephile 29/07/2011 14:38



Bienvenue au club ! Seulement, Rec passe pour un chef d'oeuvre du genre (alors qu'il n'est qu'un sympathique film plutôt réussi et un poil stressant), alors on risque d'en entendre parler encore
pas mal. L'espagne a trouvé sa saga (comme les ricains avec Saw) ?



Alice In Oliver 29/07/2011 13:05


oui, et puis, ça sent aussi la machine à pognon et le manque de créativité


voracinephile 29/07/2011 13:17



on attends de voir rec 3 pour confirmer ou infirmer... Mais bon, je ne mise pas dessus.



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche